lundi 28 septembre 2015

Modes & travaux

Je sais : c'est un long silence depuis mon dernier billet d'humeur - nostalgique, l'humeur, comme si je n'avais plus rien à dire. Ce qui n'est pas vrai, bien sûr - en témoignent les pages que j'ai noirci dans le train ces dernières semaines mais que j'ai la flemme de retranscrire en code HTML. Mais flemme est un bien grand mot. A vrai dire, je profite de mes vacances d'été - oui les vacances d'été en automne,  concept que j'ai initié l'année dernière ; je profite donc de mes vacances pour faire une longue pause dans mon addiction à Internet. Dieu merci, je ne suis pas encore sur Twitter

 Encore que... Internet certes je n'y suis pas si souvent, mais ne nions pas le côté pratique de mon PC, pratique et dramatique :  ce petit salopard ayant trouvé bon de me planter méchamment au moment où, voulant me connecter sur BBC One afin de regarder la toute nouvelle saison du Doctor Who, le petit bip caractéristique m'indiquant que le disque dur s'amorçait, restait cette fois étonnamment silencieux. 

 Et pourtant il tourne, me disais-je... 

Mais foin de ce bavardage : tous les connections sont sauves à présent et l'ordinateur a été réanimé depuis. Têtue je suis, têtue je resterais et je ne me suis pas démontée avant de démonter justement l'objet en question.

 Cette année, pas de voyage en vue. Pas de décollage immédiat avec atterrissage au pays de la Choucroute, de la bière épaisse comme de la mélasse, de l'autre pays du fromage, ou encore d'une contrée baignée par le soleil du matin jusqu'au soir, et du soir au matin. Quoi que... me connaissant, les pays baignés par le soleil ne sont pas ma came. Allez comprendre pourquoi je suis toujours attirée par la Scandinavie, ou nos voisins d'outre Manche... ou en encore plus au Nord, si je pouvais...
 Cette année, ce serait Modes et travaux, à la manière de Valérie Damidot et son inévitable "je maroufle, tu maroufles, nous marouflons en cadence"

 A moi  donc le décollage certes, mais le décollage de papier peint dans la salle de bains. Dans la salle de bains ???? 

 Non ce n'est pas une blague ! Du papier dans une pièce qui est humide les trois quart du temps. Fallait y penser : l'ancien locataire l'a fait.

 Décidément de drôles de goût en matière de D&Co - du papier peint entre rose et fushia dans la pièce d'eau : ça avait de la gueule... mais dans les années 70. A moi, le rebouchage de trous, l'enduit, le lissage, la sous couche et toutes les couches de peinture un peu plus contemporaines. Dans mes goûts à moi. Et dans ma démence rage, toutes les portes sont passées également au coup du rafraîchissement. Sans compter le couloir qui mène à ma chambre... parce que ce vert pisseux finissait par me sortir par les yeux.

 Je ne finirais pas les travaux que je voulais mettre sur pieds, dans ma folie des grandeurs, pensant que l'ensemble de mes personnalités se chargerait de faire le reste. Mais les résultats obtenus jusque là me satisfont tout de même. 

J'aurais bien tenté de mettre un "avant-après", mais je n'ai pas beaucoup de photos d'avant. 

Laissez-faire votre imagination et faites-moi confiance.

 Pour ma part, il est temps de poser mes pinceaux et de revenir à la "civilisation".
 Comme l'autre jour où, à la recherche du caddie perdu dans le supermarché de mon quartier, j'eus la nette impression de me retrouver dans un épisode de "Walking Dead"... sauf que mes zombies à moi étaient des petits vieux : tous les petits vieux s'étaient donnés rendez-vous ce matin-là, m'encerclant dangereusement. 

Flûte, sauvons-nous. Tirons-nous vers les caisses...

 Je repose donc mes pinceaux, parce que la vapeur des peintures vous fait parfois voir des choses étranges.

 Non ?




vendredi 4 septembre 2015

A la manière de Prévert

Je me souviens du temps, pas si lointain et pourtant si vieux, où j’étais encore une ado-enfant.

Je me souviens du café crème à 5 francs, posé sur le zinc du bar tandis que nous attendions que la cloche du lycée sonne, en face.

De même,  nous remplissions un sac de bonbons avec seulement 10 francs. Des bonbons bourrés de saletés chimiques, évidemment, mais colorés, piquants sur la langue et explosant dans la bouche.

Je me souviens de Casimir, Albator, Goldorak go, Capitaine Flam ou encore le pays de Candy ; le pays où l’on s’amuse, on  pleure, on rit…   Prémices des mangas dont les trentenaires s’abreuveraient dix ans plus tard.  J’ai même acheté  les coffrets, collectors rangés sagement dans le bas de mon étagère, attendant que s’accumulent la poussière… mais non, puisque régulièrement je souffle dessus ou passe ma main comme si elle était un chiffon.

Je me souviens aussi du « 15 août », cette fête foraine que seule les gens de Cambrai et du coin n’appellent pas autrement. A l’image des bêtises, qui n’ont rien à voir avec celles de Sabine Paturel, mais qui fondent en bouche. Nous gardions notre argent de poche car les attractions étaient déjà bien trop onéreuses. Parfois les aînés cédaient tout de même à l’appel du « grand 8 » et du « train fantôme » et son sourire sépulcral pour de faux. Moi, je préférais garder mes sous et me contenter de regarder les gens  hurler d’effroi ou à en rire à se faire éclater la gorge, tout en mangeant ma barbapapa.

Et puis le 14 juillet avec cette procession rituelle de lampions, où il était temps pour nous de nous rassembler et marcher gaiement tandis que la nuit tombait puis de nous séparer en deux camps : ceux qui allaient « guincher » au bal populaire, ou ceux qui rentraient sagement chez eux. Je faisais déjà partie de la deuxième catégorie.

Je me souviens encore, comme si c’était hier, de M.H. et de son atypique « deudeuche » vert pomme avec son mini toit ouvrant. Nous passions devant notre vieux collège, transformé en école communale, et cela me donnait l’occasion de lever les bras en l’air, par le toit, en chantant à tue tête ou en poussant un cri d’enfant sauvage.

Ou encore les dimanches de Jacques Martin ; des dimanches longs et ennuyeux comme la pluie, un soir, nom d’été, mais de rentrée scolaire. Nous regardions quand même car il n’y y avait rien d’autre, en ce temps-là – pas le choix comme aujourd’hui. Nous regardions le petit écran, hypnotisés ou somnolents.

Dimanches rimaient aussi avec les devoirs faits à la dernière minute. Ces dissert’ pour lesquelles je n’avais d’inspiration qu’au tout dernier moment.

Et puis, tiens, les mercredis de Dorothée sans qui, les adultes de maintenant que nous sommes, seraient différents, moins fantasques sans doute …  Et la petite musique effrayante de cette quatrième dimension sans laquelle je n’aimerais pas autant la science fiction. Les frères Bogdanoff et mes rendez vous implacables du samedi après midi.

Je me souviens de toutes ces choses…

Comme si c’était hier,

Mais aussi aujourd’hui…


Aujourd’hui et demain.