Je peux léguer à la science...

on lundi 11 avril 2016

Mon cerveau qui, malgré les quelques bugs, est toujours en état de marche. Beaucoup d’imagination, un peu trop diront certains ; avec une tonne de mots à l’intérieur, des mots oubliés, peu usités à qui rendre les honneurs. Des mots que je tais parfois pour panser les maux car sans pensées nous ne sommes que des pantins sans cervelle.

Mes reins. Tout va bien de ce côté-là. Vu la quantité d'eau que je bois en continu. Tout va donc très bien, Madame la Marquise. Je ne te donnerais pas ma chemise. Je l’ai fait par le passé, pour ce que cela m’a rapporté. Qui dit reins dit vessie, cela va sans dire. Elle fonctionne, elle fonctionne en bon petit soldat.

Mon foie qui, bien qu’amateur de houblon et de jus de raisin fermenté, va bien lui aussi - touchons du bois, et qui n’est pas attaqué par la foi qui nous divise tous ici bas.

Mon sang, puisque je suis donneuse universelle. Ça peut toujours servir. Donner je sais, recevoir : un peu moins – c’est me faire violence.

Et, tant qu’à faire, si j’en avais le courage, une fois au moins, un peu de moelle osseuse. Parce qu’on n’en parle pas assez, hélas.

Mes pieds qui ne sont ni plats, ni égyptiens ou encore romains. Ces pieds qui ont tant et tant marché et marchent encore fort bien. Ne se lassent pas. Ni dans la foule, ni entre les bruits des klaxons de ces automobilistes rageurs à la veille du weekend. Mes pieds donc, même si je doute que les greffes de pieds deviennent tendance. 
 
Mon index pour lancer une dernière fois un doigt rageur à tous ceux qui se pensent supérieurs, dans leurs droits et vainqueurs. Cherchez l’erreur, chers offenseurs !

Ce que je ne peux ni veux :

Mes yeux. Des yeux de vieille chouette fatiguée. Plus myope que moi tu meurs. Comme ce n’est pas un cadeau, je préfère les garder jusqu’au bout, quitte à laisser mes binocles les trois quart de mon temps... je ne dors tout de même pas avec ces maudites lunettes, encore que, bien fatiguée, sur le canapé...

Ma taille de mini moy qui m’a bien valu des tracas. Du plus trivial au plus existentiel : faire appel à quelqu’un pour attraper quelque chose sur le rayon du haut ; savoir quoi dire à quelqu’un qui vous blesse de toute sa supposée hauteur en pensant que vous ne valez pas tripette parce que petite.

Mon cœur. Même s’il bat régulièrement et constamment. Qui parfois se décroche dans ma poitrine comme des cymbales au Carnaval. Mon cœur a peu servi certes, mais mal. Les mauvaises personnes. Les mauvais endroits. Les mauvais moments. Je ne l’ai guère épargné, pas plus qu’il ne l’a fait le salaud. Alors je construis. Je construis un mur infranchissable. 
 
Mes oreilles. Mes petites oreilles de lutin malicieux. Par que je les aime bien, tout simplement.

Ma langue, bien pendue il est vrai. Parfois à mes dépends mais surtout à celui des autres. Ma langue qui est un bien meilleur outil pour communiquer avec les autres, bien mieux que les Smartphones et autres réseaux sociaux.

Et puis ma curiosité, qui est en est le moteur et qui me nourrit chaque jour. Ma curiosité qui n’est jamais maladive, intrusive ou méchante. Je ne vous la laisse pas. Cultivez là. Faites-en un vaccin pour l’inoculer à tous ces humains qui restent enfermés sur eux-mêmes. 
 
De cela et de toutes ces choses, à la science ou à qui veut bien, je lègue. 
 
Ou je garde.

Never mind the insane....

on mercredi 6 avril 2016
Je ne vais pas me rendre malade – mon cerveau le fait assez bien pour moi. Je ne vais pas me rendre triste puisque je le suis déjà. Alors je fais semblant.

Je fais semblant que tout va bien. Mais tout ne va pas bien. Tout n’est pas rose et mon âme est morose ces temps ci. 
 
Je ris comme un système de défense. Je plaque un sourire pour ceux qui me posent la question. Sont-ils réellement soucieux ou non ? Je ne sais pas.

J’aurais tout pour être heureuse pourtant. Et je ne le suis pas. Les années de galère que j’ai connues si longtemps – les gros orages – sont derrière moi - même si je sais que je dois encore tenir la corde. Je devrais me sentir libre mais mon cerveau ne me laisse aucun répit. Il y a des gens qui sont heureux de vivre – comment font-ils ? Je ne suis pas ces gens là. Il y a des gens qui ne se posent aucune question, ou si peu. Mon cerveau s’en pose des milliards à chaque seconde. Je ne connais toujours pas la raison du pourquoi, ni du comment.

Je remplis mon âme et mon cœur comme je le peux. Mon âme que je veux faire briller, à défaut de plaire. Mais je suis arrivée au bout des artifices. Je me sens vide, vidée de toute substance comme si ce corps que je loue n’est plus à moi. 
 
Ce corps que je malmène, que je délaisse. 
 
Ce cœur que je piétine de peur qu’un autre le piétine à ma place.

Je suis juste un puzzle dont il manque la pièce essentielle à la compréhension du tableau final. 

 Je suis le fou sur l’échiquier.

Et je ne sais pas quand la partie se terminera.


.... But It does

Vie de M....

on mardi 15 mars 2016

Au boulot, nous avons changé de téléphone il y a quelques semaine. Les cadrans dignes d'un tableau de bord spatial. Les manipulations sur ce bel outil technologique sont soit hasardeuses, soit maladroites. 
 
Nous appelons un client afin de lui demander si nous pouvons répondre à l'appel d'offre pour la fin de semaine au lieu du lendemain, comme demandé dans le mail.

Personne au bout du fil, si ce n'est le répondeur. Rien que de très banal.

Sauf que.

Sauf que, étant persuadés d'avoir raccroché, le répondeur en vérité enregistre toute la conversation qui s'ensuit et nos blagues très potaches. Jusqu'au moment où on entend le haut parleur nous asséner justement l'implacable vérité : que nous pouvons réécouter le message, ou l'effacer.

Nous nous regardons, médusés.

Parce que.

Parce que, le temps de comprendre ce qui vient de se passer, le temps de réagir pour contrer l'inévitable, le combiné est déjà reposé sur son socle, coupant net la voix synthétique de ce maudit répondeur.

Vie de M. quoi...

Le Bon Coin, ça craint... parfois

on mercredi 20 janvier 2016




Le Bon Coin, c'est bien pour acheter ou vendre n'importe quoi, de la paire de gant de boxes, aux rollers ou encore quand on cherche à déménager. Malheureusement, parfois on clique sur la partie "animaux" et notamment les lapins. Et souvent, on s'attriste, on fulmine et on se sent complétement impuissant(e). Mais ce jour, suite à une annonce où une dame cherche un lapin à donner avec sa cage à son fils de 2 ans - ou j'ai bien dit 2 ans, je n'ai pu m'empêcher de lui envoyer ce long message que voilà, retranscrit intégralement:


Bonjour Madame, 
Je vous envoie ce mail car j'ai lu votre annonce avec attention. Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas mais, même si on vous donne un lapin avec cage, celui-ci a un coût élevé au mois:

(pour info j'ai trois lapins adultes stérilisés chez moi qui vivent H24 en liberté). Voici donc le détail de mon budget :

- Foin : 30/40 € par mois
- Granulés : 33 euros par mois
- Verdure : 15 à 20 euros par semaine

frais de santé :
vaccination 65 euros par an
stérilisation ou castration : une bonne centaine d'euros
1 simple visite chez le véto : 30 euros
Sans compter les frais de santé non prévus comme, par exemple, patte cassé de mon mâle (coût de l'hospitalisation : 240euros)

Un lapin est un animal vif, curieux et sociable qui a besoin de bien plus d'attention qu'un chien ou un chat. Il nécessite un minimum de 4h de sorties par jour pour se dégourdir les pattes et il faut changer sa litière 1x par semaine voire 2 fois quand il fait chaud.

Cela peut être également un animal craintif et fragile.

Je vous le répète une fois de plus, je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas mais je vous demande de bien réfléchir avant de succomber. Sur les 3 lapins que j'ai, deux sont issus d'abandon parce qu'au bout de 6 mois (âge de la maturité sexuelle où la "peluche" peut devenir véritablement infernale car titillée par ses hormones : jets d'urine, grossesses nerveuse, agressivité), les personnes s'en sont désintéressées. Et l'ont abandonnées, dans la nature, ou dans une poubelle. 
 
Si toutefois, mes arguments ne vous convainquent pas, jetez au moins un oeil sur ce site très bien documenté sur les lapins :
http://www.margueritecie.com/

Je reste à votre disposition si vous avez besoin de renseignements. Loin de moi l'idée de vous faire la morale, mais ce long message pour vous informer de ce qu'entraîne réellement l'adoption d'un lapin (30 à 40 euros par lapin hors problème de santé qui peuvent vite grever le budget).

Merci de m'avoir lu. N'hésitez pas à revenir vers moi si besoin. Je suis toute disposée à vous répondre. 
 
Cordialement.


J'aurais pu rajouter d'autres choses, comme le coût de la litière, oubliée dans mes "notes de frais" ; lui dire aussi que 2 ans c'est bien trop jeune pour avoir un animal. J'aurais pu dire bien des choses. 
La dame en question ne m'a toujours pas répondu. Elle ne répondra certainement pas. Mais au moins, j'espère que ce courriel l'aura y fait réfléchir.