Jour de Match... (ou pas!)

on mercredi 15 juin 2016
Des Russes furieux d'avoir perdus contre la Slovaquie ? Des Slovaques heureux d'avoir damné le pion à la Grande Russie ? Que nenni. Match houleux  entre la maréchaussée et les supporters anglais, déjà plus qu'ivres  qui me font détourner de mon chemin habituel au sortir de la gare.





 










D'ailleurs, jour étrange que ce jour, entre tensiomètre qui me prend cette maudite tension à raison de toutes les 20 minutes. Grosse drache bien de chez nous ce matin qui me prend par surprise au sortir du train et qui me fait rester en grosse chaussette de laine toute la journée, au travail, vu que mes tennis sont proprement et scandaleusement noyées. Comme je suis trempée de la tête aux pieds.

Oui, nous somme en Juin, à la veille de l'été et aujourd'hui, comme tous les jours, c'est jour de match, tandis que je joue le contre la montre.

Et puis j'écris. Je noircis des pages dans le train et sur mon ordinateur. Des trucs persos, moins futiles qu'il n'y parait. Que je posterais... ou pas. Car la vie c'est un match contre moi même. 


Rencontre(s) du 3ème type... (vacances j'oublie tout)

on vendredi 27 mai 2016
Mardi 
 
Qui dit mardi, dit manifs. Qui dit manifs dit bourres pifs. Juste pour la rime, bien sûr mais, au vu des derniers événements, la rime n'est pas si superflue. 
 
J'ai donc sillonné les rues de ma ville en scandant timidement les slogans que scandaient mes camarades autour de moi. Contre cette loi du travail qui risque de casser justement le travail.

J'en ai fait des manifs pourtant, surtout quand j'étais étudiante ou même lycéenne – à moi les « Devaquet, si tu savais, ta réforme où on s'la met ! ». De mémoire d'arpenteuse de rue contestataire, je n'ai jamais ressenti une telle tension aux abords des carrefours, devant l'Opéra, ou face au bosquet, rue Nationale. Les centaines de représentants de l'ordre - mais quel ordre quand on voit la pagaille ? - ne nous donnent pas de sentiment de sécurité, bien au contraire. Et nous de surveiller chaque recoin ; de lever les yeux au ciel comme si on s'attendait à ce que ça s'abat.

Pour une manif tendue, on est servis. Dire que j'ai voté pour ça !

Dans cette atmosphère délétère, nous avons cependant discuté avec un jeune homme et sa mère. Militants de mère en fils.



Jeudi

On remet ça. Ça quoi ? Une nouvelle manifestation. Placée cette fois sous le signe de la bonne humeur. Les chants scandés/chantés sont bon enfant, certes un peu provocateurs, mais toujours dans la bonne humeur. Je romps avant la fin. Je raccompagne mon filleul en gare de Lille Flandres
 
Manque de pot, les trains sont bondés. Le mot est faible. On se croirait dans un métro de Tokyo, aux heures de pointe. C'est presque si les gens se poussent les uns les autres afin de monter dans les rames. Jour de grève donc. Moins de trains.

Mais pourtant.

Pourtant, le train d'Armentières est juste en face. Et part 4 minutes plus tard. Pourtant les voyageurs d'Armentières montent dans celui de Calais et empêchent les usagers de prendre celui là. 
 
Manque de pot donc, Calaisiens, Hazebrouckois et autres retardataires devront attendre le train suivant, le dernier train de la journée, soit 1 heure et demie plus tard.

J'espère que la jeune dame enceinte l'aura eu, ce fichu train.

Au retour, je me fais accoster par un jeune immigré qui me demande si je parle anglais afin de l'aider à prendre un ticket sur la borne automatique.... pour prendre le prochain train pour Calais.

Il faut croire que j'ai une bonne tête.



Samedi

De retour de Roubaix où mon amie photographe et moi avons profité de la « nuit des arts », ce genre de de chose n'arrive qu'à moi.

Ce, c'est notre rencontre improbable avec deux jeunes mormones américaines juste en face de nous, dans le métro.

Quelle est en effet la probabilité qu'une telle chose produise ? Infime, me direz vous. Et pourtant c'est bien ce qui s'est produit comme dans une de ces rencontres du 3ème type. 
 
Nous passons rapidement du français à l'anglais, nous interrogeant mutuellement et de manière fluide. L'une est de San Francisco ; l'autre de l'Utah, l'ETAT mormon par excellence. Nos camarades de voyages nous disent que notre anglais est excellent, ce qui fait toujours plaisir, en passant.
 
Notre conversation animée fait l'objet de tous les regards dans la rame, dont celui amusé de mon voisin de droite que je soupçonne d'avoir compris tout au moins  grand partie de nos échanges. 
 
Arrivées à République, nous échangeons justement nos numéros et mails. Il n'y aura rien pour la suite, certainement, surtout pas quand nous leur avons annoncé que nous et la religion.... c'était pas notre came. Mais l'occasion était trop belle.


Tout cela sur une semaine de temps, le temps de mes vacances où, à l'instar ce cette chanson des années 80, j'ai vraiment tout oublié pour opérer un vrai break, en commençant par fêter comme il se doit mon anniversaire parce c'était un samedi et que je n'aimais pas forcément les chiffres ronds. Et parce que, aussi, les amis d'amis ont amenés des échanges intéressants, et que la magie a opéré pour faire que cette soirée soit l'une des plus belles soirées depuis bien longtemps.

En tout cas pour moi.

Des rencontres du 3ème type comme ça, j'en veux plus souvent. Mais, mon pseudonyme de blog oblige, je gage que cela n'en restera pas là....

Waz'aime

on lundi 9 mai 2016
Au départ, je voulais simplement parler de la Louche d'or, le festival de la soupe 2016 qui existe depuis déjà seize ans, mais c’est en déambulant dans ma rue de Wazemmes, mon quartier, pendant la braderie du même nom, durant ce lumineux samedi, que je me suis mise à écrire une note pour moi même, une lettre à Marine en fait. Qui ne la lira pas, bien entendu.


Marine, sache que tu n’es pas la bienvenue ici. Ici, c’est mon quartier, ma ville, mon territoire et tu n’as pas le droit d’y pisser comme tu pisses sur la France en bafouant ses idéaux et ses principes. Tu n’es pas la bienvenue, sauf si tu décides de déposer tes armes et accepter le fait que la différence, en vérité ça assemble.

Ici, nous sommes une communauté. Une communauté d’humains où chacun a sa place. Ni plus ni moins. Et nous ne sommes pas des moins que rien même si nous avons l’air de ne rien faire en nous rassemblant ainsi pour faire la fête, souvent.

Ici nous sommes plusieurs langues, plusieurs sexes, plusieurs continents. Il y a des gays follement gais ou follement ordinaires, des catholiques qui vont à la messe le dimanche, des protestants qui protestent à tous vents, des musulmans qui se tournent vers la Mecque cinq fois par jour. Des croyants, des non croyants ; des athées, des agnostiques, des qui veulent - ou qui demandent à croire. Ici c’est métissage et assemblage de couleurs, de sons et d’odeurs du marché – menthe fraîchement coupée, cannelle et pastèque. Cette mixité dans un joyeux bordel de convivialité et de fraternité – ce mot que tu sembles avoir oublié, rayé de ton dictionnaire. Un melting pot de cultures où l’on peut aussi bien danser sur de la samba que sur du Rachid Taha ; où l’on se réchauffe autour d’une soupe et l’on s’échauffe, gentiment, autour du houblon qui coule à flots tandis que les flonflons des accordéons nous appellent immanquablement. Ici nous vivons sans ressentir de la suspicion pour ce qui diffère. Et on s’engueule aussi. Parfois, souvent même. Mais n’est-ce pas le propre dans toutes les familles nombreuses ? Bien sûr aussi, tout n'est pas rose, mais n'est-ce  pas le propre de la vie, qui  n'est pas un si long fleuve tranquille ?

Alors...

Alors Marine, viens, viens à Waz'aime. Et laisse de côté ta haine.Ce n'est ni bon pour ton karma ni pour le nôtre.

Je peux léguer à la science...

on lundi 11 avril 2016

Mon cerveau qui, malgré les quelques bugs, est toujours en état de marche. Beaucoup d’imagination, un peu trop diront certains ; avec une tonne de mots à l’intérieur, des mots oubliés, peu usités à qui rendre les honneurs. Des mots que je tais parfois pour panser les maux car sans pensées nous ne sommes que des pantins sans cervelle.

Mes reins. Tout va bien de ce côté-là. Vu la quantité d'eau que je bois en continu. Tout va donc très bien, Madame la Marquise. Je ne te donnerais pas ma chemise. Je l’ai fait par le passé, pour ce que cela m’a rapporté. Qui dit reins dit vessie, cela va sans dire. Elle fonctionne, elle fonctionne en bon petit soldat.

Mon foie qui, bien qu’amateur de houblon et de jus de raisin fermenté, va bien lui aussi - touchons du bois, et qui n’est pas attaqué par la foi qui nous divise tous ici bas.

Mon sang, puisque je suis donneuse universelle. Ça peut toujours servir. Donner je sais, recevoir : un peu moins – c’est me faire violence.

Et, tant qu’à faire, si j’en avais le courage, une fois au moins, un peu de moelle osseuse. Parce qu’on n’en parle pas assez, hélas.

Mes pieds qui ne sont ni plats, ni égyptiens ou encore romains. Ces pieds qui ont tant et tant marché et marchent encore fort bien. Ne se lassent pas. Ni dans la foule, ni entre les bruits des klaxons de ces automobilistes rageurs à la veille du weekend. Mes pieds donc, même si je doute que les greffes de pieds deviennent tendance. 
 
Mon index pour lancer une dernière fois un doigt rageur à tous ceux qui se pensent supérieurs, dans leurs droits et vainqueurs. Cherchez l’erreur, chers offenseurs !

Ce que je ne peux ni veux :

Mes yeux. Des yeux de vieille chouette fatiguée. Plus myope que moi tu meurs. Comme ce n’est pas un cadeau, je préfère les garder jusqu’au bout, quitte à laisser mes binocles les trois quart de mon temps... je ne dors tout de même pas avec ces maudites lunettes, encore que, bien fatiguée, sur le canapé...

Ma taille de mini moy qui m’a bien valu des tracas. Du plus trivial au plus existentiel : faire appel à quelqu’un pour attraper quelque chose sur le rayon du haut ; savoir quoi dire à quelqu’un qui vous blesse de toute sa supposée hauteur en pensant que vous ne valez pas tripette parce que petite.

Mon cœur. Même s’il bat régulièrement et constamment. Qui parfois se décroche dans ma poitrine comme des cymbales au Carnaval. Mon cœur a peu servi certes, mais mal. Les mauvaises personnes. Les mauvais endroits. Les mauvais moments. Je ne l’ai guère épargné, pas plus qu’il ne l’a fait le salaud. Alors je construis. Je construis un mur infranchissable. 
 
Mes oreilles. Mes petites oreilles de lutin malicieux. Par que je les aime bien, tout simplement.

Ma langue, bien pendue il est vrai. Parfois à mes dépends mais surtout à celui des autres. Ma langue qui est un bien meilleur outil pour communiquer avec les autres, bien mieux que les Smartphones et autres réseaux sociaux.

Et puis ma curiosité, qui est en est le moteur et qui me nourrit chaque jour. Ma curiosité qui n’est jamais maladive, intrusive ou méchante. Je ne vous la laisse pas. Cultivez là. Faites-en un vaccin pour l’inoculer à tous ces humains qui restent enfermés sur eux-mêmes. 
 
De cela et de toutes ces choses, à la science ou à qui veut bien, je lègue. 
 
Ou je garde.