Mes villes...

on lundi 2 mars 2015
Porto 
Même si techniquement je n’y suis pas née, je suis et reste tout de même une portiste dans l’âme. 15km à vol d’oiseau c’est tout petit pour un pays tel que le mien. Donc Porto parce ma naissance physique (ou presque).

Berlin 
Parce que j’y suis née spirituellement. Que je m’y suis sentie aussitôt comme un poisson dans l’eau moi qui, comble du destin, suis toujours infoutue de savoir nager.  Et pourtant, dès que mon avion a atterri et que j’ai u toutes les lumières -  allumées pour moi qui sait ? - j’ai tout de suite compris que je m’y sentirais bien. Comme une histoire d’amour brève mais intense qui ne s’explique pas mais se vit avec chaque parcelle de son corps et de son cœur.

Amsterdam
Parce qu’il n’y a pas que le port. Et que tu es une bien jolie dame, ma chère, quand on y flâne le nez en l’air tandis que le printemps arrive par vagues. 
 
Lille

Pour le passé ; le présent ; le futur. 
 
Ma seconde naissance, avec tous les choix et non choix que j’ai dû prendre. Les vies et non vies que j’ai vécue. Les routes et non routes sur lesquelles je me suis aventurée ou déviée.

Je t’aime toujours MA ville, malgré les coups bas, les coups durs et les déconfitures, les regrets et les espoirs mort-nés, les défaites. Mais aussi les jolis moments, les découvertes, les quêtes sans les conquêtes, les petites victoires, cailloux transparents qui m’ont permis d’aller jusqu’à moi, mon vrai moi.

Je suis toujours amoureuse de toi, MA ville, après tout ce temps.

Et puis il me reste encore à découvrir :

Dublin
Sans qui mon amour des mots ne serait pas aussi fort, aussi constant,

grâce à toi, Oscar. W.

Londres
A un jet d’avion ou un passage « 20000 lieux » sous les mers. Parce que c’est vraiment toi, de toi qu’est née mon amour pour la culture anglo-saxonne et que, même si j’ai posé un pied sur ton aéroport, jamais ô grand jamais je n’ai découvert tes bas fonds et les tréfonds de ton âme.

San Francisco
Sans sa maison bleue adossée à la colline. La liberté, l’égalité dans l’ensemble de tes communautés. Ton pont et cet esprit européen qui te caractérise, m’ont toujours raconté ceux qui ont été là-bas.

Et New York
Parce qu’un jour, j’irais là bas. Et tu m’emmèneras. Dis, tu m’emmèneras ?

Imagination débordante

on lundi 23 février 2015
On dit souvent que les enfants sont doués d’imagination, et je veux bien le croire. Gamine, mes fées ont été largement généreuses à ce sujet. Il n’est pas faux de dire de moi que je suis une personne fantasque, puisque dans son sens littéral, et littéraire, les gens qui me côtoient s’accordent à dire que je suis « pleine de fantaisie, d’originalité et bizarre ». Merci mon cher Larousse !

Enfant, je voyais des formes là où d’autres enfants de mon âge ne voyaient rien. Je pouvais passer du temps à regarder les nuages en m’imaginant tout un bestiaire dans la forme de celui-là, ou de l’autre. Comme mon penchant pour le retrait et la réserve était bien prononcé, cette occupation m’a permis de développer ce sens de l’imaginaire qui me caractérise. Encore maintenant, je peux discerner un visage, ou un animal fabuleux dans un pan de mur, là ou quelqu’un de normal – comme je hais ce mot, y verra juste une fissure, un accident, un hasard. 
 
Petite, je me souviens parfaitement d’un épisode où une de mes sœurs m’avait taquiné à ce sujet. Je leur avais expliqué alors que je pouvais voir un personnage de BD évoluer au gré de mes envies, en y pensant fortement. Je leur demandais « alors vous voyez quelque chose ? ». « OUI OUI » et ainsi de suite, jusqu’à ce que cette même sœur éclate de rire, en me disant qu’elle ne voyait absolument rien et que j’avais une imagination trop débordante.

Cet épisode me ramena à l’ordre. Plus jamais je n’essaierais de partager cet espèce de « don » qui était tout un plus qu’un imaginaire fertile. Mais je continuais néanmoins mes rêveries, en silence. 
 
Parfois on pense que je suis ailleurs, ce qui est peut-être vrai. Parfois je suis juste fatiguée et j’essaie de faire un effort pour écouter l’autre. Parfois, la conversation m’ennuie et je fais en sorte de rester absorbée afin de donner à l’autre l’illusion que je suis bien là. Physiquement, car psychologiquement c’est autre chose. Parfois j’imagine. Je retombe dans mes anciens travers.

Mais souvent aussi, mon imagination m’a fait entrevoir des choses qui je pensais vraies et qui se révélaient fausses au final. Interpréter des gestes ou des intentions qui n’étaient que de la politesse, tout au plus. Aujourd’hui, je ne laisse plus mes chevaux s’emballer comme avant. Je suis circonspecte sur tout et suis comme Saint Thomas, qui ne demande qu’à croire pour le voir. Sauf que là, il s’agit de me le dire pour que j’y croie.

Alors, si un jour je vous raconte ce que j’imagine juste au moment où nous parlons - parce que souvent dans ma tête c’est un vrai bordel ; si un jour donc, je m’abandonne à vous, c’est que je vous aurais fait confiance.

A écouter sans "restriction"

on mercredi 18 février 2015
L'autre jour, en passant par la FNAC, je me suis dit "Hey... mais t'aurais pas oublié quelque chose ?" Et de fait, j'avais laissé passer une semaine (une semaine !!!) avant de l'acheter, honte à moi, grande fan de ce groupe, à défaut de l'être par la taille, je pense l'être par le coeur.

Donc, dans ma playlist du moment, le dernier Archive qui s'intitule, bien sûr "Restriction" - ah moi et mes jeux de mots foireux, je ne m'en lasse pas.


Le côté rock tribal entamé par "With us until you're dead" est de nouveau à l'honneur ici.  J'ai déjà mes chansons favorites, qui me sont rentrées dans la tête directement... enfin dans les oreilles.

Une fois de plus, ça risque de perturber et décevoir les aficionados qui aiment le trip hop des débuts du trio, mais certainement pas moi. Archive est sans conteste l'un des rares groupes à ne pas me décevoir depuis 16 ans que je l'écoute et, croyez-moi, 16 ans c'est pas mal pour une telle histoire d'amour.Mais je ne suis pas objective ; je ne l'ai jamais été ; et ne le serais sans doute jamais à leur sujet. 

Je remercie une fois de plus mon amie enseignante colombienne qui me l'avait fait écouter à l'époque et qui avait le même prénom que moi. Enfin, je dis avais, mais elle a sans doute toujours le même prénom... sauf si entre temps elle a changé de sexe et s'appelle désormais Robert (ou Roberto).

Et s'ils ont la bonne idée de repasser par Lille une nouvelle fois, genre au Zénith, à l'Aréonef, ou au Sébastopol  (non, le Sébasto, ça m'étonnerait), je suis encore bonne pour casser ma tirelire... pour la 4ème fois mais comme dit le dicton, jamais trois sans quatre.


Et parce que la voix de Maria Q. m'émeut toujours autant : "half built houses"



Des secrets

on lundi 16 février 2015
Ni barmaid ni curé – ou pasteur(e) anglican(e), les gens ont bien souvent la « fâcheuse » manie à me confier tous leurs secrets, qu’ils soient grands ou petits ; vilains ou jolis.

Il faut croire que j’ai une bonne tête ; une tête qui inspire la confiance.

Il est vrai que j’ai tendance à fermer ma bouche quand on se confie à moi, et pourtant je suis une bavarde invétérée. Je suis aussi muette qu’une tombe au Père Lachaise : c’est dire !

C’est comme les promesses : je n’aime pas ne pas les tenir. Alors je ne fais jamais de promesses que je ne saurais honorer. Je ne fais pas de promesses dans le vent. Et, s’il y a bien une fois, une seule fois, où je n’ai pas tenu ma promesse, croyez bien que cela me chagrine encore. Ça me hante. 
 
Donc, si vous avez quelque chose à confier, un petit ou un gros secret : venez taper à ma porte. Je vous écouterais volontiers.