Excentrique ?

on mardi 19 mai 2015
Aux yeux de beaucoup, je passe pour une parfaite excentrique. Enfin parfaite, je n’en suis pas sûre mais excentrique sans aucun doute. Quoi que, à bien y réfléchir, il y a sans doute plus atteint(e) que moi.

Je ne sais pas s’il existe des origines ou des événements précurseurs, mais aux yeux de mon entourage, il n’est pas rare que se dessine un étonnement, ou encore un léger sentiment de moquerie dans les yeux lorsqu’on me croise, ou recroise encore.

Tout d’abord, puisqu’il faut bien commencer, il se trouve que mes compagnons à quatre pattes vivent dans une parfaite liberté dans les quelques 70 mètres carrés que je loue. Quand on me demande pourquoi pas en cage ? c’est moi qui prend cet air d’étonnement, qu’on soit étonné(e) justement qu’ils ne soient pas en cages. Je leur pose alors cette fameuse question : « ça ne vous viendrait pas à l’esprit de mettre un chat ou un chien en cage ? Et bien moi, c’est pareil ». La plupart du temps je répond sur un ton badin. Après tout, c’est à moi de faire en sorte que tout soit bien sécurisé – un rongeur reste un rongeur, même si techniquement il s’agit de lagomorphes. Et tant pis pour ma pomme si un câble de téléphone est mystérieusement, et sournoisement, coupé net. Comme dit le proverbe : « pour vivre heureux, vivons… en liberté ». Pour clore ce sujet, si vous tendez l'oreille à ma porte, il m'arrive de leur parler en allemand.

A cela s’ajoute mon étrange passion pour les vampires. Non pas les chauve souris, bien que je ne les trouve pas hideuses, mais ces étranges créatures vivant dans la pénombre de ta chambre, attendant que tu t’endormes avant de te croquer joliment le cou avec leurs longues quenottes. Ces étranges créatures issues des cultures européennes, africaines et en vérité, inhérentes à toutes les cultures de la planète. Immortalisées par la littérature et le cinéma ou encore les séries. Que voulez-vous si moi aussi je subis l’étrange fascination de ces morts-vivants ? Ou plutôt vivants après morts puisque les morts vivants sont essentiellement des zombies de tous poils. Ma collection s’est étoffée avec le temps. Je n’en parle pas longuement. J’effleure le sujet, sauf si la personne en face de moi a l’air aussi timbrée que moi dans cette étrange collection. Et alors là, je peux vous faire un exposé en trois parties avec introduction et conclusion.

Que dire également de ma passion, que dis-je de mon addiction implacable et grandissante, si c'est possible, voire dévorante, à ce pour le moins loufoque Docteur qui n'a pas de nom. Je parle bien entendu de Doctor Who. Mon regard s'allume. Ma langue se délie. Et je pars dans des wibbly wobbly timey wimey cher à Ten. J'ajuste mes lunettes, arbore un grand sourire et part dans des délires que seuls les aficionados comme que moi peuvent comprendre. Il suffit que je rencontre un mordu  pour que la discussion s'enflamme, à décortiquer chaque épisode et replacer les meilleures répliques dans la langue de Shakespeare. Il m'arrive aussi de lancer un « Geronimo », « Allons y Alonso » lorsque je dévale les rues du centre ville sur mon deux roues. Et parfois, je ponctue mes phrases par un « What? » insistant et agaçant. Comprend qui sait. Il faudra vraiment un jour que je vous parle de ma série préférée de tous les temps.

Dernière excentricité en date. Si tant est que changer de vie est excentrique. Mon mode alimentaire. Non seulement je persiste et je signe, mais je continue dans ma lancée. C'est un mode de vie comme un autre, certes, et je fais partie des quelques 5% en France. Et sur ce coup là, je ne me sens pas plus excentrique que ça à vrai dire. Mais dans le regard de certain(e)s, je passe peut-être pour un illuminée, ou quelqu'un qui a d'étranges manies quand elle demande "quelle type d'huile pour les frites?" ou bien quand je consulte longuement les étiquettes quand je fais mes courses. Je ne m'étendrais pas davantage là-dessus. 

Enfin, je vous passe volontiers mes excentricités vestimentaires. Sur ce coup là, je me suis calmée avec le temps et les rondeurs fatidiques de la quarantaine. Mon look de titi parisien, mes croix et mes bretelles : je les ai laissé au vestiaire. Quoi que, à bien y réfléchir, j'ai gardé ma gouaille légendaire de ces années fastueuses de ma jeunesse.

Alors, finalement excentrique ou... ?

Ou bien simplement passionnée ?


Et la Louche d'Or 2015 est atttribuée à...

on mardi 5 mai 2015
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.. nos amis Belges, cette année.


Et surtout, pour nous, l'occasion de se promener parmi la foule festive de Wazemmes, entre concerts, bière à flot, jeux d'adresse et autres et, bien évidemment, dégustation de soupe(s) avec vote à la clé.


Sauf que cette fois, mes deux acolytes et moi sommes arrivés sur les coups de quatre heures : trop tard donc pour déguster quoi que ce soit - même pas ce curieux mélange au vin... que d'autres s'empressaient de remplir leur gobelet.


Je m'étais pourtant muni de mes gobelets mais j'ai dû donc faire chou blanc à défaut de goûter une soupe au chou.

Pour une fois, le temps était clément : ni chaleur à crever ni averses intempestives, bonnes à vous tremper comme... une soupe.Mes deux acolytes pour qui c'était la première fois, se sont contentés d'observer avant que nous installions en terrasse. Car qui dit Louche d'Or dit bonne bière, nous sommes dans le Nord après tout !

Mais place aux quelques photos :

 Y a pas que des vélos en Hollande... mais il faut dire aussi que c'est l'un des uniques moyens de se déplacer le 1er mai (tous les transports sont fermés ce jour là)
 Juste pour donner une image de la foule. C'était pas non plus l'endroit le plus embouteillé

                   Entre jeu de... je ne sais pas...
et jeu de je ne sais pas quoi non plus. Si vous avez des idées, je suis preneuse.


Quelques notes pour la route...

on mercredi 29 avril 2015
Le moins :

Je sens bien que la voiture derrière moi s’impatiente, ou plutôt son conducteur. Je le sais bien car c’est souvent la même chose lorsque je dévale l’étroite rue des meuniers. Une rue pas idéale pour rouler à deux de fronts, encore pire lorsqu’aux voitures garées sur la droite s’ajoutent, à gauche, celles qui chevauchent à moitié le trottoir. 
 
Il insiste. Ses chevaux s’emballent. Tant et si bien qu’il finit par me faire une queue de poisson en me dépassant à 5 centimètres à peine de moi, l’imbécile ! Me frôlant sans gêne, gesticulant comme un forcené. Comme s’il y avait le feu. Or de feu, je ne vois que celui du cigare vissé à sa bouche. Tout cela en trois minutes à peine de temps. 
 
Le forcené se trouve être un papy, sans doute à la retraite ; levé dès l’aurore et pressé d’atteindre les grilles du supermarché – fermées dois-je le noter puisqu’il n’est pas encore huit heures ! 
 
Ce genre de personnage, je le croise régulièrement, hélas. Imbu de lui, inconscient du danger qu’il fait subir aux autres du fait de la tonne de métal qui l’entoure. 
 
Je le recadre pourtant : c’est dans mon caractère de ne pas me laisser faire. 
 
Je le dépasse à mon tour au croisement. Le voilà fort marri ma foi, puisque cette fois il est bien obligé de ronger son frein car je me suis plantée au milieu de la rue – toujours l’étroite rue des meuniers. Rira bien qui rira le dernier.

Enfin, lorsque nos chemins se séparent, je me retourne en tapotant mon casque, lui indiquant clairement qu’il est toqué.

Le plus :

Je récupère enfin mon loustic chez le vétérinaire. Il a en effet passé un bien joyeux week end, qui n’était pas prévu. Aux frais de la princesse, moi donc, mais je ne suis pas mécontente de le revoir.

J’attends tout de même une bonne heure. Je patiente en lui donnant un peu de foin, lui prodiguant des caresses sur la nuque et ses oreilles de Droopy : il accepte plus ou moins mais m’en veut encore de l’avoir laissé là-bas. 
 
J’attends car la même cliente sans gêne, qui m’a retardé dans le rendez-vous de l’autre fois, raconte sa vie en détail puis embraie aussitôt sur une demande bien spécifique et bien technique : quel harnais choisir ? 
 
Une heure plus tard donc, je sors enfin de l’officine, munie de la boîte de transport mais bien embêtée car je suis venue directement de la gare, en vélo, sans passer par la case maison.

Tant pis, me dis-je, s’il le faut j’irais au pas d’une tortue – doucement mais sainement.

Une femme sort également de le même officine et, lorsqu’elle se dirige vers la portière de son véhicule, me propose de ramener mon « précieux » jusqu’à mon sweet home en me suivant à vélo.

Au début je flippe, certes, car j’imagine que la dame si gentille est une bunny-kidnappeuse en série.

Mais non, elle me suit. Et roule à mon pas.

Comme quoi, tout n’est pas désespérer du genre humain.

Pour la petite histoire : la plaque d’immatriculation est du 95… pour ceux qui disent qu’à la capitale c’est chacun pour sa pomme.


Des choses que je ne sais (toujours) pas faire

on jeudi 23 avril 2015

Pour faire suite à l’ancien billet qui est ici, pour les plus curieux…

- Rouler en vélo sans les mains. J’ai beau faire ma crâneuse avec mes nouvelles lunettes de soleil, je ne suis pas franche quand il s’agit d’uniquement pédaler en laissant mes petites mimines dans les poches de mon blouson. Parfois, certes, je fais ma maligne, je roule d’une seule main – gauche ou droite, je ne fais pas de différence. Mais ça s’arrête là. Connaissant ma malchance coutumière, il est fort à parier que je me retrouve le cul par terre. Et la terre est basse, comme on dit.

- Je ne sais toujours pas conjuguer le verbe « avoir ». On a beau m’avoir expliqué la règle des centaines de fois, je conjugue toujours ce verbe au petit bonheur la chance. Le cas s’applique également au « hors jeu » en football : n’essayez pas de me l’expliquer car je hocherais la tête d’un air entendu, mais serais toujours incapable de vous dire si ce fichu footballeur est en faute.

- Jouer d’un instrument de musique. Et Dieu sait à quel point j’aime la musique ! J’étais pourtant supposée recevoir une guitare en cadeau. Vœu pieux. Vœux non exaucé. Quoi que, à bien y réfléchir, il aurait mieux valu que je joue de la batterie afin de canaliser toute cette énergie. Demandez à ma mère qui cherchait toujours ses casseroles et ses aiguilles à tricoter lorsque j’étais gamine. Mais, comme on dit, il n’est jamais trop tard pour bien commencer.

- Je ne sais toujours pas ne pas être franche. Dans le monde dans lequel on vit, c’est hélas un défaut alors que j’y vois plutôt une qualité. Défaut qu’on m'a longtemps reproché. Et que l’on me reproche encore. Mais que voulez-vous, ce n’est pas à des vieux singes qu’on apprend à faire la grimace ! Et je ne sais pas mentir lorsque quelque chose me déplaît. Et j'ai du mal à ne pas dire ce que je pense vraiment, même si j’apprends doucement à mettre de l’eau dans mon vin dans le flot de mes opinions. Pas plus que la manipulation ne fait partie de mes attributions.

Et, comme dit le dicton : jamais deux sans trois. Qui sait : peut-être un autre « je ne sais toujours pas » ?