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vendredi 18 août 2023

Farewell to Dublin

D'aussi loin que je me souvienne j'ai été attirée par l'Irlande, cela étant  certainement dû en à la mythologie celte. J'étais la passionnée de la famille, le rat de bibliothèque qui se mettait en retrait par timidité pour compulser de manière irrépressible la collection des "Tous l'Univers" que mes parents possédaient dans leur bibliothèque - 18 ou 24 volumes je crois. Je synthétisais tout et n'importe quoi sur mes pages quadrillées que j'arrachais de mes cahiers d'école, de l'histoire du Royaume de Suède aux combats de la première guerre mondiale, en passant par les Vikings, la Mésopotamie ou la Grèce Antique. Et l'histoire des celtes aussi, que j'aurai à potasser bien des années plus tard pour le concours d'entrée à l'école du Patrimoine, que je n'ai finalement pas passé, sans doute à cause de contraintes matérielles. 

Aussi quand nous avions opté pour la destination finale de nos vacances mon amoureuse et moi, nous avions sélectionné Edimbourg, un clin d'œil à un de mes récits où j'avais parlé de cette ville sans y avoir mis un fichu pied, ou la capitale de l'Irlande, Dublin. Connaissant très, et trop bien, Berlin nous nous sommes mises d'accord pour remettre la visite de cette dernière à une autre fois. 

Dublin ne se livre pas tout de suite à vrai dire. Le charme agit certes, mais ce n'est pas un vrai coup de foudre comme la fois où j'ai atterri sur la piste de l'aéroport de Berlin-Schönefeld. On tombe amoureuse de cette ville et de ses habitants de manière un peu plus subtile. Sans doute les attentes avaient été trop hautes et j'espérais être éblouie instantanément. 

De fait, au bout de deux jours seulement, après des visites à marche forcée et mes salutations au Trinity Collège, celui-là même qui avait vu sur ses bancs l'un de mes auteurs préférés, Oscar Wilde, j'ai dû me rendre à l'évidence que cette ville est un écrin. Voici donc pêle-mêle mes ressentis, qui ne sont bien entendu plus que subjectifs. 

Tout d'abord, ce n'est pas une grande ville à proprement parler. Le centre est accessible facilement à pieds et, si on est fatigué et/ou fainéant, rapide en transports en communs lorsqu'on est un peu excentré comme nous l'étions - 20 minutes. Deux lignes de tramway au prix peu excessif de 22 euros de manière illimitée durant toute une semaine, soit le temps de nos vacances. La green line et la red line, le tramway donc, bien plus élégant et neuf que celui de Bruxelles, des bus à deux étages typiques des pays anglo-saxons - des doubledeck bus, mais pas de métro. C'est assez étrange pour une capitale mais c'est à noter. Que dire de nos journées ? 

Elles ont bien été remplies. C'est un fait. 

Il fallait choisir entre les nombreux musées et le choix était cornélien. Dublin est une capitale riche d'histoire et de culture. Il y a à faire, c'est certain, pour qui veut passer des vacances autrement qu'en bouquinant sur la plage, se dorer la pilule au soleil du sud ou en jouant à une partie de beach-volley. Cela peut avoir son charme, jusqu'à un certain point à mes yeux. J'ai été, et je reste adepte des vacances où l'on s'immerge dans la culture d'un pays et de ses habitants plutôt que du farniente total et de la bronzette orange carotte. 

Pas de tour en bus, ni de visite de Guiness ou de Teeling (le whisky) et Jameson : ce sera pour une autre fois, mais une visite à pieds avec un guide touristique dans la langue de Molière qui au final ne m'aura pas vraiment appris grand chose. Les meilleures visites ont de fait été celles que nous avons faites sous le coup de l'impulsion et non préméditées, comme la National Gallery of Ireland, immense avec ses 54 salles - une demi-journée suffirait à peine pour tout voir, ou encore la long room du Trinity Collège, malheureusement vidée à moitié de ses livres mais qui fut une claque pour moi. Je me souviens avoir exprimée à voix haute mon émerveillement à deux reprises : "C'est magnifique". Dans le quartier des Liberties, la Cathédrale de Saint-Patrick, qui contrairement à ce que l'on s'imagine n'est pas la cathédrale officielle de Dublin*et que l'on a parcouru durant plus de deux heures, pour le clin d'œil au Saint-Patron de l'Irlande et où on y a pu dégoter deux anneaux de Claddagh. Le Epic, ou musée de l'immigration, valait également le coût de la visite, pour l'histoire de l'Irlande, de ses flux migratoires et de l'influence de ce pays à travers le monde. Si l'on y réfléchit bien, l'Irlande a produit un nombre impressionnant d'artistes, chanteurs, dramaturges (4 prix Nobel de littérature tout de même !). D'ailleurs cela transcende chaque recoin de rue de Temple Bar ou Grafton Street, zone névralgique et commerçante, mais moins que la longue O'Connell Street - petit aparté : O'Connell est la rue par excellence des magasins de souvenirs**. Grafton Street est certainement la rue qu'il faut emprunter si on est sensible à la musique folk ou rock. Les musiciens affrontent sans se démonter le regard blasé des locaux et de touristes en continuant à chanter envers et contre tous. Et, bon sang de bois ne saurait mentir, le nombre de damn good singers que j'ai eu l'occasion d'entendre ! C'est dans leur sang, ce gène de la musique qui se transmet ainsi de générations en générations.

Un petit bémol toutefois, le MoLI ou musée de la littérature irlandaise, ou ne devrait-on pas plutôt le rebaptiser le musée James Joyce ? Je m'attendais à ce que toute la littérature y soit représentée (Bram Stoker, Oscar Wilde, Edna O'Brien et j'en passe) et pas juste survolée, et non cette omniprésence de Joyce ainsi que la sous représentation de la littérature féminine. Cela dit, au dernier étage, chaque visiteur peut si l'envie lui prend, accrocher une petite pensée sur un mur en ardoise. Est-ce que le mien est encore visible après une semaine  ? Telle est la question mon cher Watson. En tous les cas, mon petit mot était quelques lignes de mon cru portant sur la littérature et l'imagination. 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur Dublin mais ceci fera sans doute l'objet d'un nouveau voyage. Sans doute les ressentis de mon amoureuse n'ont pas été les mêmes. Je sais qu'elle a aimé le retour au passé au 14, Henrietta Street alors que j'étais  un peu déçue. Comme dit plus haut, il faudrait y retourner et enfin goûter la bière nationale suite à un de ces Guiness tours dont les étrangers sont si friands, et non pas dans un pub. On pourrait également parler de l'indélicatesse des voisins de chambre qui ont cru être seuls au monde. Je vous laisse imaginer le type d'indélicatesse que nous avons eu à nous farcir avant que l'on donne des coups secs mais fermes dans le mur pour leur souligner qu'ils n'étaient pas seuls et que tout le monde pouvait les entendre. Quelle santé !
 
En guise de conclusion, ce que j'aimerai mettre en avant, c'est l'extrême gentillesse et politesse des dublinois. Notre chauffeur de taxi aurait pu éructer, voire insulter la cycliste qui zigzaguait entre les véhicules sans marquer ses intentions, mais il s'est contenté de lui notifier que cela aurait été plus clair pour tout le monde de le signaler de la main, de manière neutre, sans hausser la voix. Spectacle étonnant quand l'on constate l'énervement continuel à Paris, où autre grande métropole, entre les voitures et les deux roues.  Et surtout ce sentiment de se sentir en sécurité partout où nous allions à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit. 

Et, pour l'anecdote, des français. Beaucoup de touristes français. Un incalculable paquet de touristes français dès que l'on se retournait, à droite, à gauche, devant et derrière. Bizarrement également, pas mal de portugais et/ou brésiliens dont l'accent à mes oreilles me faisait sourire inévitablement.

Bref, Dublin n'est pas une ville où le soleil prédomine - il faut s'attendre à de la pluie qui vous chope sans vous prévenir, mais c'est une capitale qui vaut le détour pour peu que l'on préfère des vacances en toute immersion et en toute curiosité. 

N.B. les Irlandais mangent tôt (genre 18h). Bon a savoir quand on arrive dans un restaurant après 21h et que l'on vous dit que les cuisines sont fermées. Par ailleurs le wifi de Dublin est nickel (pas comme celle de Bruxelles) et, tenez-vous bien, les toilettes ne sont pas payantes !!



* Christchurch est la cathédrale officielle de la religion catholique, à dix minutes  à pieds à peine de Saint-Patrick.

** Caroll Irish Gifts : où après avoir adopté un Bernard, Berlin bear emblème de Dublin il y a 5 ans, j'ai ramené son petit modèle dublinois, un Bernie bear de poche 

 

lundi 12 juillet 2021

Des envies d'ailleurs

Changer de vie. Changer de ville aussi. Partir loin d'ici même si  l'on sait par avance que l'herbe ne sera pas plus verte ailleurs.

Prendre un nouveau départ. Se faire de nouveaux amis. Et constater que les gens sont tout aussi inconstants où que l'on soit.  

C'est quelque chose que l'on caresse avec le fragile espoir que les choses changent, enfin, pour le meilleur à défaut du pire. 

Mais prendre le large une bonne fois pour toutes. Repartir de zéro et se faire sentir un peu mieux que l'on est ;  là, à l'instant T.  Ce mal-être que l'on se traîne depuis des années comme si c'était sa deuxième maison. Cette saudade que l'on a attrapé comme une maladie dès que l'on a poussé son premier cri.  Et qui ne nous quitte pas la garce ; qui fluctue, qui revient parfois plus forte qu'avant et nous surprend au moment où on ne s'y attends pas.

Aller vers ces pays qui nous tentent depuis qu'on a ouvert des livres ; depuis qu'on sait lire et qu'on a découvert qu'ils sont nos meilleurs amis. Être quelqu'un ailleurs. Qu'on ne  juge pas et  qu'on accepte telle que l'on est. Toujours faire semblant, c'est usant à la longue. Et on n'a plus la patience. 

Renaître ou naître, enfin.  

Une bonne fois pour toutes.

Cette envie d'ailleurs qui nous prend quand on a le vague  à l'âme et des bleus au cœur. 

On ne choisit peut-être pas son destin, pour qui notre cœur bat et se débat, mais on peut changer sa vie au moins ; ou tout au moins tenter de changer de direction avec les moyens dont on dispose. 

Essayer de toutes ses forces.

Mais essayer. 



mardi 6 octobre 2015

A nous de vous faire préférer le train…

Comme je viens juste de reprendre le travail – trois semaines,  ça passe vite, surtout quand une Valérie Damidot, qui s’ignore, sommeille en vous, il est temps de perpétuer les petites anecdotes ferroviaires.

Dans ce cas présent, il s’agit à vrai dire d’une petite compil’.

Fut un temps, pas si lointain, la communauté du train, soit la dizaine de vélotafeurs réguliers : mêmes horaires, même trajet, même wagon, me surnommait « Sébastien le Hérisson », en référence à Bilbo le Hobbit.
 
Cet animal est devenu sans nul doute mon animal totem : piquant à l’extérieur ; doux à l’intérieur (et sensible aussi).

Evidemment, je vous laisse imaginer l’ébahissement des autres passagers lorsque je me retournais invariablement tandis qu’on me lançait un tonitruant « Hé Sébastien » !

Ah, les joies de la S.N.C .F. qui ne sait jamais si elle va pouvoir vous ramener à bon part parce que :

* Un problème de signalisation ?

* Finalement, ce sont les feuilles…

* Attendez, non, il manque le conducteur/ le mécano/ un contrôleur (cochez la mention inutile)

* Ah, en fait, il s’agit de la locomotive qui a brûlé (véridique)

 Et de voir tous les trains être supprimés un à un, au fur et à mesure que s’écoulent les minutes. Et nous, pauvres de nous, noyés dans le chagrin de « mais comment on va faire pour rentrer ? » D’ailleurs notre futur propriétaire nous attend afin de signer le contrat de bail qui vas nous lier pour 3 ans dans ce grand appartement de Wazemmes (mais ça, on ne le sait pas encore, vu qu’on doit signer, normalement, si tout se passe bien, s’il n’y a aucun couac à l’horizon).

Ou encore... il nous attend afin de réparer la canalisation d’eau – la cave est inondée. Super pour foutre en l’air une soirée !

Heureusement aussi, et système D aidant, on a pu trouver un conducteur bon samaritain, bienveillant, qui nous amène, nos montures et nous jusque Lille.

Le train, c’est également les pots de départ. Les apéros-trains où , parfois, nous réquisitionnons littéralement un wagon complet pour nos joyeuses libations, entre chips, cacahuètes, sauciflards (par pour moi bien sûr) et houblon.

Ce genre de spectacle, haut en couleur comme nos discussions éméchées ou pas, a le don d’amuser les voyageurs alentours, ainsi que certains contrôleurs harassés par une dure journée. Parfois, certains ont un sens de l’humour moins développé, et nous demandent de remballer tout le matériel du petit fêtard illustré.

Le souci quotidien, en tant que cycliste invétéré(e) : les crochets à vélos. Parce que, il faut bien l’avouer, même s’il y a de la place dans le wagon, les piétons voyageurs refusent de s’asseoir sur les banquettes « oh non, pas à côté d’un(e) )inconnu(e) », s’installeront toujours en dessous de ces fameux crochets si pratiques.
 
J’agis avec méthode désormais, ou avec un peu moins de diplomatie – tout dépend de mon humeur et de ma patience. Quoi qu’il en soit, je m’impose. Plus de SVP, sinon c’est la route assurée vers le « non, je ne bouge pas », car la politesse est considérée comme faiblesse.

Donc j’agis fermement, ne laissant aucun choix à mon interlocuteur/squatteur. Sinon, il y a également l’option garde boues dégueulasses bien pratiques surtout quand il pleut. Ça peut faire de bien jolis dégâts quand la jeune fille en face ne comprend pas qu’on veuille accrocher son vélo, surtout lorsque son jean est de couleur claire.

A la guerre comme à la guerre. C’est soit ça, soit bloquer les allées du train. Parce que 1 + 1 + 1 vélo, ça en fait du métal…

Quoi qu’il en soit, il y aura toujours un ou deux râleurs qui ne supportent pas les cyclistes, mais ceci est une autre chanson, un autre refrain…

jeudi 25 juin 2015

La fois où je suis partie en formation et où j’ai bien failli louper mon train…

Dans le cadre de mon travail, j’ai eu droit à une formation en dessous de Paris, dans la douce contrée des rillettes et des 24heures. Si vous me connaissez un tant soit peu, vous sauriez que je déteste profondément et définitivement la gare de Montparnasse à Paris. En témoignent les fois où je m’y suis perdue comme Ariane dans son labyrinthe – 45 minutes pour en sortir c’est quand même assez sport – sauf que mon fil était le numéro de téléphone d’une amie pour me téléguider vers la lumière du jour.


J’avais donc fait l’impasse sur Montparnasse et avait opté pour le contournement par Massy. Pas d’attente, pas de casse tête et autres angoisses, me convainquais-je. C’est sans compter ma malchance coutumière.


S’il est vrai que l’aller fut sans souci d’aucune sorte, hormis quelques fourmis dans l’arrière train, faute de m’être dégourdie les pattes – 3 heures et plus de trajet. Le retour fut quand même plus chaotique. C’eut été trop beau pour être vrai !


Je vous passe l’assiette pantagruélique de mon petit en-cas du soir à l’hôtel lorsque j’ai demandé « un petit quelque chose à grignoter » à mon arrivée. La photo se suffit à elle-même. Ils ont quand même le sens de l’accueil, ceci dit ! Je vous fais grâce également de l’attention dont j’ai été l’objet durant le repas du midi lorsqu’à ma voix comptait triple pour le choix du restaurant – une pizzeria est toujours un compromis idéal lorsqu’un végétarien est lâché en ville. Mais je me rends compte que jusqu’à présent je ne vous parle que de bouffe…


Parlons donc du retour.


Comment dire ?


La SNCF ? Ce n’était plus ce que c’était ma pauvre Marguerite ! Même les TGV s’y mettent. Et c'est peu de le dire.


Un départ 15 minutes après l’heure dite. Pas grave, me dis-je, j’ai 35 minutes pour la correspondance, amputée de ce quart d’heure : ça devrait le faire !


Et que croyez vous qu’il arriva ?


Un TGV c’est fait pour aller très très vite non ? Et bien, notre modèle à nous avait tout l’air du tortillard de pleine campagne. 3 arrêts successifs et inexpliqués qui me plombent mon crédit temps et sont loin de me rassurer, d’autant que ma voisine de droite, parisienne accomplie et désabusée, me signale que ces arrêts intempestifs en pleine voie sont, hélas, habituels.


Nous eûmes le fin mot de l’histoire : des enfants bloquaient les voies du côté de Massy TGV. Alors, celle là, on ne me l’avait jamais faite ! Dans le palmarès des excuses foireuses et insensées, elle aurait bien sa place. Merci donc chère SNCF de me donner une idée de billet. Parce que des enfants sur la voie.... Mais qu'ont ils fait lorsque les trois TGV sont passés dans le sens inverse à 300 à l'heure ? Des émules de Casper le fantôme sans doute.


Ô désespoir : j’allais louper cette satanée correspondance ! Je me voyais déjà faire les 10o pas, comme une triste âme en peine, sur le quai de la gare à attendre que le prochain train ne passe. 23 heures quand même : toujours sympathique quand le lendemain on se lève comme le coq aux aurores. Parce que la semaine de boulot n’est pas finie, pardi. Triste et affamée donc, et gavée au Coca.


C’est sans compter les Dieux et Déesses de l’Olympe qui ont dû entendre mes gémissements larmoyants « putain bordel, fais chier le TGV ».


Le train de Lille-Strasbourg, ma correspondance donc, était également annoncé avec du retard. Car les effets d’annonce du contrôleur « les correspondances seront assurées », j’y crois très peu. Autant que le père Noël sur son traîneau le soir du réveillon.

Mais ce n’est pas fini, comme dirait la pub.


Je vais faire bref : point de repère je n'ai vu. J’ai dû courir comme une dératée avec mes 5 tonnes de valise pour choper le premier wagon, qui n’était pas le bon bien sûr, et me retrouver dans le couloir étriqué avec de jeunes gens qui pratiquèrent le même sport avant de s'échouer lamentablement, en suffoquant comme des phoques sur la banquise. Serrés entre deux wagon, juste à côté des WC et de ses charmants effluves. Youpi quoi !


Heureusement, j’ai un peu de bagout. Selon l'expression : « je parle avec un chien en chapeau ».


J’entamais donc la conversation avec mes trois charmants jeunes gens et appris qu’ils repartaient dans leur patrie de Saint Pierre et Miquelon. Pour une rencontre, c’est une rencontre. En poussant un peu plus, j’appris également que l’oncle de la demoiselle à mes côtés vendait l’eau pour laquelle je me déplaçais tous les jours, gagner ma croûte et les carottes de mes gorets. Ni une, ni deux, j’offris une bouteille de cette eau que j’avais si fort judicieusement glissée la veille et la lui offris. Cadeau de France pour le partage d’un moment de galère.


Et pour un pied de nez ultime, lorsqu’enfin je pus regagner ma place après que tout le monde soit descendu à Roissy, l’aimable contrôleur nous annonçâmes qu’en raison du retard pris, l’arrêt Douai serait supprimé. Bande d’usagers, prenez le TER et démerdez vous quoi ! C’est bien évidemment avec consternation et incrédulité que nous nous regardâmes dans le wagon.


Ah Madame SNCF, vous être une sacrée farceuse, bigre !


J’arrivais enfin chez moi. J’avais presque envie d’embrasser le quai dégueulasse de ma bonne vieille gare des Flandres.


Moralité : évitez moi si vous voulez faire un voyage tranquille, car où que je passe, où que j’aille, la poisse n’est pas loin…









lundi 23 mars 2015

D'un simple calcul...

A raison de 10 kilomètres par jour multipliés pour 5 jours dans la semaine.

A raison de 4 semaines par mois sur 11 mois pour compter une année - en réalité un an moins 5 semaines, soit la durée exacte des congés légaux que chacun(e) de nous a le droit.

Mélangez toutes les variables - les trajets jusque chez les amis qui habitent en périphérie ; les déplacements du week end pour se rendre par exemple dans un magasin de cycle - comme c'est étrange, et vous obtiendrez ? Additionnez, soustrayez, ajoutez un zeste de cela, une pincée de ceci et...

Et vous obtiendrez quoi  à la fin ?

2000 kilomètres par an d'efforts sous le froid, le vent, la  pluie mais aussi le soleil ; en baskets, bottines, bottes ou sandalettes ; avec plusieurs pelures de vêtements ou bien voyager léger, et vous obtiendrez l'aller retour du Nord jusqu'aux Pyrénées. Ou, si on voyage plus loin, de Lille jusqu'à Porto sans vol d'oiseau, mais en ligne droite.

C'est le calcul auquel je me suis amusée un jour, où je m'ennuyais certainement, pour me faire une idée du nombre de kilomètres que ma petite personne accomplit depuis qu'un certain mois de février j'ai dit oui à ce poste ; à cette ville à 40 kilomètres de moi.

Et, pour couronner le tout : multipliez 2000 kilomètres x trois ans et vous obtiendrez ????

Vous obtiendrez quelle distance pour quelle destination au fait ?

Allez, à votre tour : quelle distance et quelle destination ?

A vos calculettes et à vos cartes de géographies.


lundi 2 mars 2015

Mes villes...

Porto 
Même si techniquement je n’y suis pas née, je suis et reste tout de même une portiste dans l’âme. 15km à vol d’oiseau c’est tout petit pour un pays tel que le mien. Donc Porto parce ma naissance physique (ou presque).

Berlin 
Parce que j’y suis née spirituellement. Que je m’y suis sentie aussitôt comme un poisson dans l’eau moi qui, comble du destin, suis toujours infoutue de savoir nager.  Et pourtant, dès que mon avion a atterri et que j’ai vu toutes les lumières -  allumées pour moi qui sait ? - j’ai tout de suite compris que je m’y sentirais bien. Comme une histoire d’amour brève mais intense qui ne s’explique pas mais se vit avec chaque parcelle de son corps et de son cœur.

Amsterdam
Parce qu’il n’y a pas que le port. Et que tu es une bien jolie dame, ma chère, quand on y flâne le nez en l’air tandis que le printemps arrive par vagues. 
 
Lille

Pour le passé ; le présent ; le futur. 
 
Ma seconde naissance, avec tous les choix et non choix que j’ai dû prendre. Les vies et non vies que j’ai vécue. Les routes et non routes sur lesquelles je me suis aventurée ou déviée.

Je t’aime toujours MA ville, malgré les coups bas, les coups durs et les déconfitures, les regrets et les espoirs mort-nés, les défaites. Mais aussi les jolis moments, les découvertes, les quêtes sans les conquêtes, les petites victoires, cailloux transparents qui m’ont permis d’aller jusqu’à moi, mon vrai moi.

Je suis toujours amoureuse de toi, MA ville, après tout ce temps.

Et puis il me reste encore à découvrir :

Dublin
Sans qui mon amour des mots ne serait pas aussi fort, aussi constant,
grâce à toi, Oscar. W.

Londres
A un jet d’avion ou un passage « 20000 lieux » sous les mers. Parce que c’est vraiment toi, de toi qu’est née mon amour pour la culture anglo-saxonne et que, même si j’ai posé un pied sur ton aéroport, jamais ô grand jamais je n’ai découvert tes bas fonds et les tréfonds de ton âme.

San Francisco
Sans sa maison bleue adossée à la colline. La liberté, l’égalité dans l’ensemble de tes communautés. Ton pont et cet esprit européen qui te caractérise, m’ont toujours raconté ceux qui ont été là-bas.

Et New York
Parce qu’un jour, j’irais là bas. Et tu m’emmèneras. Dis, tu m’emmèneras ?

dimanche 16 novembre 2014

My summer in Berlin Day 5 - Un petit goût de revenez-y ou comment te dire adieu…

Lors de mon séjour, je m’étais jurée que le dernier jour serait celui du farniente total, entre un bon gros petit déjeuner, un peu plus de sommeil que de coutume, et un rangement de ma valise – surtout bien tasser les vêtements afin de faire de la place aux cadeaux que j’avais acheté la veille. Mon avion décollant à 17h00 pétantes, et ne voulant pas réitérer les péripéties de l’aller, je m’accorderai au moins 2 heures pour repartir tranquillement et sans stress, comme la tortue de la fable.


Mais le dicton « souvent femme varie » n’est jamais aussi juste que cette fois-là. 
 

Parce que je ne pouvais quitter Berlin comme ça. Parce que la rupture se devait être douce et d’un commun accord.


C’est donc armée de mon appareil photo que je me rendis sur les lieux de mon forfait, Alexanderplatz, pour un baroud d’honneur, une dernière danse comme aurait évoqué ces chanteurs et poètes, j’ai nommé Kyo.
 

Car oui, je suis tout à fait capable de citer Oscar Wilde et Secret Story dans la même conversation.


Entre les dizaine de piafs, nourris en terrasse par une sympathique berlinoise amoureuse des animaux ; un joli souvenir du S-Bahn entrant dans la gare centrale, comme dans le générique du « destin de Lisa » (en vrai, je me s’y mise à plusieurs reprises) ; un dernier cliché, celui d’une trentaine de vélos laissés là par leur propriétaire, devant un magasin, attachés certes, mais pas aussi fermement que mes 3 antivols ; puis quelques autres babioles achetées à la hâte, dont un magnifique ours en peluche, symbole de la ville, que je n’ai toujours pas réussi à offrir à la fille de deux de mes amis.
 












Mais ce dernier jour restera celui d’un bilan plus que positif :
   
  •  La discipline des allemands. Vérifiable surtout aux feux : le petit bonhomme est rouge, tout le monde attend sagement. Je peux vous garantir qu’après avoir subi l’anarchie dans les rues de Lille, cela est bien reposant.
  • Le vélo est roi. Le cycliste est empereur. Circuler à vélo et vous êtes prioritaires sur pas mal de règles du code de la route. Par ailleurs on ne vous regarde ni méchamment ni bizarrement si vous slalomez sur les trottoirs.

  • La langue. Je ne maîtrise pas la langue de Goethe, mais en parlant couramment anglais, j’ai pu aller d’un endroit à l’autre sans souci. Un vrai poisson dans l’eau.

  • La gentillesse et la courtoisie des berlinois. Pour souligner mon propos : comme par hasard, le jour où je repartais pour l’aéroport, la ligne que je devais prendre était en travaux. Une brave dame, me voyant désemparée sur le quai, m’a alors proposé de m’indiquer le chemin, mieux de m’accompagner jusqu’à l’avant dernière station. Je n’ai pas souvenir d’avoir été l’objet d’une telle attention dans une grande métropole française. Le plus drôle était qu’elle ne parlait pas bien anglais, pas plus que je baragouinais un mauvais allemand ! Sans oublier mon hôte qui m'a si bien conseillé à la fois sur les visites et les itinéraires.
      
    • Je n’ai jamais eu ce sentiment d’insécurité comme je peux parfois l’avoir lorsque je me balade un peu trop près des portes (Arras, Douai, Valenciennes, Poste) dans ma bonne ville de Lille. Et les agressions et autres incivilités récentes ne m’incitent pas davantage. Berlin est réputée pour ça aussi. Bien sûr, tout n’est pas blanc et la ville a quand même son quota de criminalité – faible le pourcentage ceci dit.

  •  L’ouverture d’esprit : que ce soit par mon mode d’alimentation, ou par mes nombreuses interrogations, ou encore par mon désir d’aller vers l’autre. Je ne sais pas si le fait d’avoir été séparée en 2 durant presque 30 ans y est pour quelque chose, mais j’ai vraiment ressenti un sentiment d’ouverture. D’ailleurs, au voyage de retour, j’ai discuté avec un charmant couple de Stuttgart qui m’a bien aimablement pris quelques photos des nuages – cette fois je n’étais pas du côté hublot.

En allant à Berlin, j’avais le sentiment d’être à ma place, dans une ville qui me correspond. Je défie quiconque de ne pas tomber amoureux comme je l’ai été. 
 

Et si d’aventure vous êtes tenté(es), un bon conseil : laissez-vous portez votre curiosité et ne vous laissez pas tomber dans le piège des visites toutes faites, avec arrêts au musée de Mme Tussaud à la clé.


mercredi 5 novembre 2014

My summer in Berlin - Day 4 : ou comment je me suis mise au vert dans le Mauer Park

C’est évidemment bien fatiguée que, le lendemain, je me décidais à profiter d’une journée off plutôt que de martyriser de nouveau mes pieds comme je l’avais fait la veille. Je marcherai moins ce dimanche, avais-je décrété. Et puis le dimanche, comme tout un chacun, j’ai une fâcheuse tendance à la procrastination.


Berlin étant une ville verte, mais aussi colorée avec ses free-market, ou marchés aux puces. J’avais donc opté pour le plus connu d’entre tous, le plus proche du quartier où j'habitais aussi : le Mauer Park. Mauer car non loin de l’ancien mur, ainsi que de la Bernauer Strasse.

On y vient en famille, seul(e) ou accompagné(e). On y passe la journée en promenant les enfants dans la poussette, le chien à collier et la belle mère acariâtre. On chine, on déjeune – enfin on avale sur le pouce de nombreux plats prêts à manger, on profite des concerts. Je ne dérogeais pas à la règle du farniente dominical.


Je suis en effet une bonne cliente des marchés en tous genres qu’ils soient aux puces, de légumes, de fringues, de brocante – bouquineries - disques vinyls, ou braderies de tout et n’importe quoi. D’ailleurs, en bonne Wazemmoise que je suis, je suis pendue tous les dimanches sur le marché du même nom. Encore une fois donc, je ne dérogeais pas à la règle.


Le Mauer Park est scindé en deux : d’un côté, la partie purement mercantile ; de l’autre, la partie herbeuse, idéale pour pique niquer, jouer au foot, agiter son cerf-volant dans le vent ou encore siester. Entre les deux, une mince frontière caillouteuse, ou boueuse selon la saison des pluies.

Avant d’affronter la foule, je découvris un café au nom pittoresque et pour le moins pittoresquement installe – en sous-sol : le Glory Hole. Prendre son deuxième petit déjeuner au Glorieux Trou fut l’un des meilleurs souvenirs auf Berlin. Je ne sais toujours pas le pourquoi du comment du Glory Hole. Et les sympathiques jeunes propriétaires/cuistots/écolos/100% organ foodista ne m’ont donné aucune explication convaincante sur ce pourquoi, chacun se contredisant dans un sourire communicatif. Je partis donc à la conquête du marché, ma longue pratique de celui de Wazemmes aidant – je n’allais quand même pas me laisser berner, non sans avoir laissé un bon pourboire. Il est de coutume, et de bon ton, de laisser un petit quelque chose au serveur au risque de passer pour un radin, et pire, un radin français !


A l’entrée du parc, je fus accueillie par un chanteur folk. Il pleuvait et il n’était pas facile de déambuler entre les nombreuses flaques d’eau. Des planches avaient été posées en catastrophe afin qu’on ne plonge pas ses godasses dans ce brouet immonde. Bien sûr, les badauds que nous étions faisaient en sorte de veiller à rester stables lorsque nous nous croisions sur ces planches.

C’est au Mauer Park que j’ai acheté la quasi-totalité des petits cadeaux que j’allais bien évidemment offrir à ma famille et mes amis à mon retour. La valise étant limitée, je devais faire preuve d’imagination pour prendre quelque chose d’à la fois petit et qui corresponde à chacun Je sais, ce jour là, j’ai fait ma touriste.

Ce free market est un mix entre fringues – j’ai bien failli m’acheter une veste militaire estampillée « guerre froide », ; brocante pure et dure, ; atelier(s) vélo(s) où on peut trouver de tout en pièce(s) détachable(s), jusqu’au vélo d’occasion ; stands de cadeaux souvenirs ; friteries et autres baraques à frites, bonbecs, avec mentions spéciales pour les multiples possibilité de nourriture végétar(l)iienne. Ayant goûté une délicieuse galette de légumes, mon estomac avait déclaré forfait face au tentant végan burger. Ce serait pour une autre fois ! Et, last but not least, le bar/karakoé où déjà des danseurs de salsa ondulaient entre les tables et les spectateurs. 

L’après midi fut plus calme, encore que mes pieds ont été bien sollicités. Je déambulais dans le parc côté vert, m’arrêtant devant un numéro de jonglage, un robot fait entièrement de pièces de recyclage et animé par son génial créateur sous les vivats du public, tapant la mesure lors d'un concert frénétique de batterie non moins frénétiquement rythmique - quelle énergie !


Une à deux fois, j’eus l’idée de m’offrir moi aussi une de ces bières vendues par un marchand ambulant. Car je n’avais toujours pas ingurgité ce satané houblon germanique.

Je rentrais chez mon hôte dans le froid et la pluie, un peu déprimée car j’allais repartir le lendemain.


mardi 28 octobre 2014

My summer in Berlin - Day 3 : la longue marche du touriste lambda ou comment j’ai traumatisé mes pieds.

Un tour de cadran dans la vue – partie à 10 heures du matin, rentrée à 10 heures du soir. 12 heures donc entre soleil furtif ; crachins poussifs ; scènes de la bizarrerie quotidienne et autres pas si futiles émotions. 

Une journée pour le moins étrange, avec une bonne quinzaine de kilomètres de marche. Mieux qu’à la braderie de Lille. Et Dieu sait que je m’avale des kilomètres de pavés ce week-end là !

Tout a commencé avec le Mauer Museum. C’est tout de même pas ma faute si j’avais 20 ans lorsque le mur s’est effondré.

C’est d’ailleurs dans ce musée en plein air que la seule et unique photo de ma trombine apparaît sur mon numérique. Le reste du temps, je me suis effacée devant les gens que je croisais, et qui m’inspiraient, et les non moins inspirants lieux de mémoire.

Ce jour-là, mon âme d’historienne refit surface, pour une remontée dans le temps, au temps de la guerre froide.

3 heures de visite donc, entre l’Histoire et les petites histoires des petites gens dont celles, qui m’ont sans doute le plus marquées : les  hommes et femmes qui ont tenté de traverser le mur à leurs risques et périls. Ce fut un moment de recueillement pour ces 136 personnes évoquées par de simples photos sur un mini-mur. Je dois avouer que je n’en menais pas large…

Une belle claque. Mêmes les plus insensibles ne peuvent traverser cette zone sans être touché(e)s par ceux qui ont eu juste la mauvaise idée d’être né(e)s du mauvais côté. 

Parmi la foule de touristes, la plupart du temps de jeunes allemands venus des lycées environnants, j’ai cru discerner quelques larmes. Les miennes n’étaient pas très loin non plus, à vrai dire.

S’il y a bien un endroit et un événement en particulier qui a motivé ma venue à Berlin, ça toujours été le Mur.

Après m’être brièvement restaurée, car je m’attaquais à un autre monument, plus sinistre celui-ci car résonnant de ce que l’humanité avait de pire en elle, le Holocaust Mahnmal, je me disais qu’il était temps de continuer ma remontée dans l’histoire du 20ème siècle. Sauf que…Sauf que, les gens qui me connaissent, et qui connaissent mon gros souci d’orientation, je me perdis un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, mais surtout pas : « pas du tout ».

Je me retrouvai devant la porte de Brandebourg avant/après que le ciel me soit tombé sous la tête, par Toutatis !

Beaucoup de monde. Beaucoup de touristes. Beaucoup de français. Beaucoup trop de touristes français. 

Une manif sur la place. De qui ? Par qui ? Pourquoi ? je ne le saurai sans doute jamais et, au loin, le Sigsaule

En tant que cinéphile/phage, je ne pouvais pas faire autrement que de me diriger ver le Sigsaule. Il sert de décor à un merveilleux film de Wim Wenders « les ailes du désir » dont le remake hollywoodien ne réussit pas à retranscrire toute la grâce de ce bel objet filmique en noir et blanc.

Ça avait l’air si proche… mais c’était si loin à vrai dire*.

Il fallait quand même se farcir trois kilomètres à pieds ! Avec son petit détour vers le Bundestag : mes baskets étaient ravies du voyage. Mes jambes un peu moins.

3 km plus loin, et quelques ampoules plus tard, en longeant le parc du Tiergarten, me voilà devant le fait accompli. L’après midi faisant place à un magnifique soleil qui allait saluer l’autre moitié de la planète, j’eus droit quand même à quelques beaux clichés que je m'empressai de prendre avant que le soleil ne se carapate pour de bon.

Mais je n’avais toujours pas la moindre idée où pouvait se trouver ce fameux Holocaust Mahnmal !


En remontant, 3 kilomètres à pieds- dois-je le repréciser ? je bifurquais, coupant le Tiergarten. Un panneau avait retenu toute mon attention, me signalant par la même occasion que les deux arrêts de mon escapade se trouvaient non loin... Enfin, à Berlin, la distance est une notion des plus relatives.

Que dire que de ce Mahnmal ?
Curieux assemblage de pierres « presque » tombales de tailles différentes. Les gens s’asseyent ; discutent, cigarette au bec ; rient ; les enfants jouent à cache cache. Car il est vrai qu’on dirait un labyrinthe de la mémoire perdue.

C’est juste indescriptible que cet assemblage hétéroclite. 

Un tour à la Postdamer Platz où je n’y ai vu qu’un officier de l’armée rouge, en fait un guide déguisé, et me voilà prête à repartir, bien fatiguée et éprouvée par journée.


Cela aurait été encore trop facile, justement ce retour. J’ai beau avoir dit que le réseau de transports Berlinois et extrêmement bien conçu, car impossible de s'y perdre….m ais la nuit, c’est bien connu, tous les chats sont gris. J’ai eu un moment de flip car je n’arrivai plus à retrouver mon chemin. 

J’ai donc cavalé entre bus et tramway, tourné en rond en essayant de mordre ma queue comme un chat pris de folie souricière, été accostée par un italien libidineux en mal de compagnie qui voulait absolument que je m'asseye à ses côtés – « euh, non, j’crois pas ». Puis j’ai fini par appeler mon hôte, désespérée, et deux textos plus loin, me voilà enfin dans la bonne direction et dans le bon tram. 

Et rien, ni personne, n’aurait pu m’empêcher de manger mon plat de spaghettis au pesto nom de nom, même pas à 23 heures tapantes. 

J’avais certes martyrisé mes pieds, mais également mon pauvre estomac.


 * Librement inspiré d'un autre titre de film de Wim Wenders, 


mardi 7 octobre 2014

My Summer in Berlin - Day 2 : où comment je suis tombée en amour, comme disent nos cousins Québecois.


Je n’ai jamais cru aux coups de foudre, faute sans doute de n'y avoir moi-même pas succombé ne serait-ce qu’une seule fois dans ma vie. Et d’ailleurs, à proprement parler, je ne dirai pas que j’ai eu un, véritable coup de foudre pour cette ville. Mais il faut tout de même l’admettre : de Berlin, I fell in love, deeply, madly truly. Et bien voilà, on y était, me voilà donc follement amoureuse d’une grande dame au bout du 2ème jour. Déjà j'avais quand même senti les prémices la veille, lorsque mon avion avait atterri – un vol de nuit, c’est toujours sehr romantisch.

Pourtant on ne peut pas dire que ce 2ème jour avait bien commencé. Parce que je suis une grande phobique des transports en commun, à voile, à plumes et que sais-je encore, j’avais opté pour la solution de facilité, en l’occurrence me rendre chez mon hôte le lendemain matin avec un œil plus vif, l’espérais-je.

C’est sans compter ma malchance coutumière, pire que du mauvais chewing gum collé à la semelle de mes baskets. 
 
Déjà, pour commencer, il pleuvait ! Certes, ça ne me changeait guère de mon climat nordiste. Certes, donc, je n'avais qu'une seule chose à faire... me rendre dans le premier centre commercial pour faire l’acquisition… d’un magnifique parapluie bleu pétant. C’est après que les choses se sont gâtées parce que, après avoir pourtant bien suivi les indications, je n’avais aucune idée d’où pouvait se situer la Verdener Strasse, où je devais me loger. Pas grave, j’ai le numéro de mon hôte… sauf qu’il me manquait un chiffre ! Je vous épargne les stratagèmes par lesquels j'ai du passer, mais je finis par obtenir un numéro complet et mon hôtesse vint me chercher 15 minutes plus tard. 
 
Je commencerai donc mon périple touristique l’après midi après m’être restaurée avec une spécialité typique de là-bas…. Un kebab, enfin « vegeterier » pour ma part.

Il y a une chose tout bonnement incroyable à savoir sur Berlin, c’est qu’il est quasiment impossible de se perdre dans le réseau dense des S-Bahn, U-Bahn et tramway. Enfin quand je dis quasi, vous me comprenez, n’est-il pas ?
 
De l’Alexanderplatz, je retiendrai l’atmosphère électrique, mutli-culturelle. Animé non seulement par les touristes en goguette, mais aussi par toutes sortes de musiciens-plasticiens-mimes-vendeurs de currywurst. Des rencontres furtives et souriantes – un jeune bulgare qui me demande de le prendre en photo sur son smartphone plus que fatigué et ceci dans un anglais des plus parfaits, que bon nombre de mes concitoyens en rougiraient. Un SDF qui m’a demandé d’où je venais. Un groupe de jeunes turcs qui m’ont fait écouter leur « arabisch » électro. Une petite vieille qui circulait sur son fauteuil roulant à la recherche des consignes perdues. Car il faut savoir que toutes les bouteilles sont consignées là bas, verres ou plastiques peu importe. 2 « buckets guys » chevronnés qui ont joué une mini battacuda sur des seaux en plastique reconvertis en instruments de musique.

Puis en longeant le Rote Rathaus, la rencontre improbable avec deux semblants de « pousse pousse » tirés par d’athlétiques allemands - une autre façon de visiter la ville et un quartier atypique reconstruit pour le bonheur des touristes, mais pas forcément celui des habitants, excédés sans doute de se voir régulièrement envahi par une horde de Nikon, Fujifilm, Olympus et autres placement de produits.


 En revenant, parce que décidément je ne pouvais pas quitter l’Alexanderplatz de manière aussi cavalière, un spectacle de mimes donnés par des étudiants voulant se faire un peu d’argent de poche afin de poursuivre leur « on the road again ». Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre dans ma parfois mauvaise interprétation de la langue. Dieu sait si ma prof m’a particulièrement traumatisé alors que, tout compte fait, j’ai encore de beaux restes, entre les formules de politesse « bitte », « danke » « entschuldigung » et la phrase la plus cool qui soit pour moi : « ich bin vegeterier » pour signaler que désormais mon corps se refusait à ingérer tout type d’animal. D’ailleurs, au paradis des vegans de tous poils , les gens ne m’ont pas abreuvé d’un sempiternel  « mais tu manges du poisson quand même ? » (avec sa variable « mais tu manges du poulet quand même ? ») ; ou encore ne m’ont pas regardé comme si j’étais un extraterrestre tombée d’une étrange planète.

Et pour terminer ma longue après midi de fiançailles berlinoises – ou d'entamer ma soirée, au choix, pas de dernier verre mais un dernier concert. Des rappeurs très engagés politiquement, faisant intervenir les spectateurs en leur demandant d'écrire sur le trottoir ce qui leur passait par la tête, à l'aide de craies multicolores. Le public s'est  bien volontiers prêté au jeu. Et moi, ma petite voix intérieure me hurlait que moi aussi j'avais une furieuse envie d'écrire que  j'étais passée par là. Puis ça m'est passé.
 
C'est bien malgré moi que je me suis forcée à reprendre le chemin en sens inverse pour me remettre de ce flux d’émotions en écoutant Damien Rice et Anthony and the Johnsons.

Je ne savais par encore que la journée du lendemain serait encore plus riche en émotions.