mercredi 16 octobre 2024
Tout est bien qui finit bien
mardi 8 octobre 2024
Une chronique de la légèreté urbaine contemporaine
Je ne pensais pas revenir aussi vite ici, mais ce soir j'ai été témoin d'une scène mignonne, de celles qui vous font sourire, alors que tout le monde autour de soi ne fais attention à rien sauf à l'affichage des métros qui se succèdent avec plus ou moins de lenteur.
Plantons le décor : le décor urbain d'une capitale européenne, celle où je vis depuis déjà deux ans. Tiens, d'ailleurs à ce sujet, il faudrait que je le traite ce sujet justement : mes premières impressions et réflexions sur ma vie en Belgique, parce qu'il y a de quoi faire un comparatif entre les casse-têtes administratifs entre ces deux pays voisins. Mais voilà : je repousse toujours aux calendes grecques.
Donc, je pars du travail, tard encore, enfin encore plus tard que je ne l'avais prévu. Direction Rogier qui est tout à côté de mon entreprise.
Je me plante sur le quai, regardant machinalement le panneau d'affichage qui m'indique une attente de 3 minutes avant le prochain passage de la rame qui m'amène à Art-Loi, point central s'il en est puisque tout le monde ou presque descend pour reprendre une autre ligne. Je viens juste de louper le métro précédent, le temps que je le remarque, que je finisse de descendre et que je bipe ma carte, le voilà qui ferme ses portes et qui file tel un guépard qui vient enfin de trouver sa proie... mais je m'égare. En vérité ce métro était un vieux coucou qui continue à rouler sur les rails on ne sait comment.
Perdue dans ma musique électronique, je ne les remarque pas, pas tout de suite en tout cas et je suppose qu'autour de moi personne n'observe personne. Mais depuis que j'écris je crois, je ne peux m'empêcher de croquer mes contemporains au détour d'une rue, d'un bar ou d'un restaurant. Partout en fait.
Ils sont deux. Deux couples. Enfin, le deuxième je n'en suis pas si sûre, peut-être les prémices.
Le premier est sur ma gauche, en face de mon quai. Un couple d'une cinquantaine d'année. La femme s'approche de son mari en lui caressant la joue, puis en s'approchant de lui et en l'embrassant tendrement un peu plus haut que la joue. j'esquisse un sourire. On dirait qu'ils sont seuls au monde.
Puis mon regard se reporte sur ma droite, toujours sur le même quai. Je vois une jeune femme, la trentaine, qui fait les cent pas en discutant au téléphone. Scène suivante : je note un jeune homme derrière le tourniquet qui fait demi-tour et lui parle au dessus de la vitre, son badge de société tressautant un peu sur sa poitrine. La jeune femme a un grand sourire. Elle raccroche aussitôt et commence à parler au jeune homme. Je pense qu'ils sont deux collègues, même si je n'ai pas vu de badge autour du cou de la femme - elle est de trois-quart. J'imagine donc qu'il l'a raccompagné jusqu'au quai pour lui dire "au revoir, à demain" avant de se raviser. N'empêche que leur conversation que je devine plus que je ne comprends a quelqu'un chose de léger. Comme un de ces flirts de printemps. Et mon instinct parfois ne ment pas : en effet, au moment de remonter, le jeune homme se retourne sur la jeune femme puis reprend sa longue marche vers le dehors. Puis comme un ballet silencieux, l'autre protagoniste se retourne sur lui après coup, quand il termine sa montée.
Comme dans l'une de ces comédies romantiques anglaises que j'affectionne particulièrement.
Je ne peux m'empêcher alors d'esquisser un sourire. Un sourire sur les prémices sur, qui sait, les amours naissantes entre deux collègues d'open space.
Cela a fait ma journée.
mardi 12 mars 2024
Jour de grève... encore !!!
Qui dit jour de grève, dit jour de galère, forcément. Mais ce n'est pas vraiment ici l'occasion d'énoncer la longue litanie des ennuis que j'ai eu pour arriver jusqu'au travail - deux fois plus de temps, ni de narrer à quel point le retour a été aussi compliqué le soir. Même si, techniquement, c'est justement sur ce retour qu'il y a plus de choses à dire.
J'aimerais juste croquer les personnalités que l'on peut rencontrer lors de ce type de journée particulière, des situations cocasses ou encore des anecdotes lors du retour. Parce qu'avec la STIB, quand il y a grève, aller taffer c'est "presque sûr", repartir dans son sweet home relève d'un challenge digne de Koh-Lanta sans le totem d'immunité.
Pour faire bref, le matin il fallait doubler la mise : autrement dit, compter deux fois plus de temps et prendre le transport par des moyens détournés. En gros, un tram, un métro, un pré-métro, et ses petites papattes pour terminer le trajet. Rien d'insurmontable.
Le retour fut plus chaotique.
Il faut savoir qu'à Bruxelles, lorsqu'il y a ce type de manifestation nationale, seules deux lignes de métro circulent : la 1 et la 5. Grosso modo, n'importe quel usager, s'il sort à Mérode, point névralgique, peut prendre l'une ou l'autre ligne. Sauf que les gens comme moi qui prennent le terminus Hermann-Debroux sont obligés d'attendre la ligne 5. En temps normal c'est déjà assez compliqué car en heure de pointe tout les rames sont blindées - souvenez-vous : si vous voulez sortir à Mérode vous prendrez indifféremment la 1 ou la 5, ce qui augmente considérablement le nombre de gens dans le métro et nous, forçats de la 5, devons nous contorsionner comme nous le pouvons à la recherche d'un peu d'espace et attendre patiemment que le flux diminue.
(Petit schéma des lignes 1 et 5, histoire de comprendre de quoi je parle, pour tout non usager des transports bruxellois)
Aujourd'hui donc, nous avons joué au Tetris. Comprendre que de toute façons, si vous ne pouvez pas vous accrocher à la barre, c'est tellement dense qu'il est difficile de s'exploser la gueule par terre au cas où le métro pile brutalement, ce qui arrive quelques fois. Du coup, c'est l'occasion de papoter gaiement avec tous les usagers en galère. On sourit. On plaisante. On raconte des bêtises. On me souhaite bonne chance.
Oui, on me souhaite bonne chance parce que j'ai la folle idée d'envoyer un message WhatSapp à mon amoureuse lui indiquant que je descends à Art-Loi, autre plateforme du trafic d'humains.... pardon d'usagers, et que nous pouvons continuer la route ensemble. Sur le coup, je ne me rends pas bien compte de ma proposition lunaire, que j'énonce calmement à ceux qui m'entourent comme si c'était une simple promenade de santé et, telle une gladiatrice dans l'arène, on me souhaite donc bonne chance au moment de me faufiler sur le quai pour retrouver mon amoureuse.
Avec qui j'ai patienté deux métros avant de pouvoir grimper de nouveau dans une rame. 2 métros ce n'est rien, me direz vous, mais c'est sans compter l'espacement entre chaque passage et cette fascinante horloge que seuls les transports en commun possèdent en ce monde de voir la minute s'écouler interminablement. Je dirai que nous avons attendue plus que les 20 minutes annoncées avant que notre brave ligne 5 ne se pointe pour nous délivrer.
Coïncidence ou comique de situation, tandis que nous patientons, je vois un grand escogriffe me faire signe de la main : un de mes collègues bloqué dans le bocal, dans le métro donc. Commence alors un jeu de mimes entre nous : le langage avec les mains fait toujours des merveilles. Avouez tout de même que la probabilité de le croiser et de tomber pile nez à nez sur lui alors que je suis partie bien avant lui est assez incroyable ! Voire ubuesque.
De cette folle journée, j'en retirerai cette propension à converser naturellement avec d'autres voyageurs qui sont dans la même galère que nous et avec qui nous faisons une comptabilité entre celles qui attendent depuis le plus longtemps, cette volonté de monter dans la rame, coûte que coûte - je suggère d'utiliser mon tout nouveau parapluie pour pourfendre les inconscients qui essaieraient de nous gruger, mais surtout cette autodérision, cet humour typiquement bruxellois - ou plus globalement belge, qui me font aimer un peu plus ma vie ici désormais.
Voilà, à la base je voulais raconter notre périple à Anvers et notre découverte de la ville flamande, mes ressentis et le parcours du combattant pour arriver jusqu'à la Gare Centrale, digne des plus grandes comédies de l'Hexagone, suite à une autre grève - et oui, 2 manifestations en 4 jours, elle est pas belle la vie ? mais cela fera l'objet d'un autre billet.
Demain soir, qui sait ? Peut-être.
Et ça c'est le message de la STIB de ce jour nous informant que cela va êtres encore la grosse mierda. Cadeau :
jeudi 26 octobre 2023
Dinosaure de l'informatique
Je suis une fondue d'informatique, une vraie geekette à lunettes.
Je me souviens parfaitement avoir économisé sou à sou pour m'offrir mon premier PC. Comble de l'ironie, moi qui n'aime pas commander sur internet, je me suis pourtant fait livrer un ordinateur de bureau de l'autre bout de la France, Nice. 6.000 francs à l'époque, une véritable fortune. Je n'avais pas de travail, j'était chômeuse à temps complet et, pour aider ma sœur, durant 9 mois j'ai été la nounou à domicile de mon neveu. En échange du vivre et du logis, je mettais de côté mes indemnités et, enfin, m'offrir le cadeau de mes rêves, sans savoir que j'allais mettre la main dans un dangereux engrenage.
Dans les années 90 déjà, j'étais fascinée. Je collectionnais alors les magazines spécialisés dans l'informatique. Il étaient vendus avec des CD contenant des logiciels, des jeux, ou encore des systèmes d'exploitation - mes débuts avec les environnements Linux se sont d'ailleurs faits par le biais de "PC Achat" ou "PC Magazine". C'est notamment grâce, ou à cause des publicités pour les sociétés spécialisées dans la vente à distance, que j'ai eu l'idée et la volonté de m'offrir moi aussi un de ces jouets qui allaient devenir terriblement à la mode. Un pentium 4.86 avec 786 méga-octets de disque dur ce qui, pour l'époque, était le top du top. Maintenant, au vu des bestioles que je possède, cela me fait doucement rire mais il y a près de 30 ans, avoir un PC chez soi n'était pas si répandu que cela. D'ailleurs cela m'aurait bien aidé quand j'ai travaillé sur mon mémoire en histoire médiévale plutôt qu'une machine à écrire, certes électronique, mais qui était un vrai cauchemar pour taper les 133 pages de mon travail de fin d'études. Mention bien, ce n'est pas rien finalement.
Je suis passée par tous les stades : du MS-DOS austère au Windows 11, en passant par une des innombrables versions de Linux. J'ai même récemment acquis un Mac, dernier bastion de ma soif de découverte, que j'utilise peu à vrai dire, c'est dommage.
Par ailleurs, et je sais que c'est un cliché de penser que seuls les mecs sont capables de s'intéresser à ce domaine, je suis la réparatrice en chef de ma famille. C'est simple, je ne ne compte plus le nombre de PC que j'ai retapé pour frères ou sœurs, ni même réinstallé, nettoyé, boosté. Parfois c'est un peu compliqué quand vous voulez passer un week-end car il y aura toujours quelqu'un pour me poser cette question récurrente "Hey, tu peux pas jeter un œil sur mon ordi ? "
Quand je parle de clichés, voici une petite anecdote bien sexiste. J'avais fais maint et maint tours dans cette grande surface nordiste que je ne nommerais pas pour acquérir une mini-tour. J'avais jeté mon dévolu sur une configuration qui cochait toutes les cases de ma to-do-list. C'est sans compter le vendeur-conseil qui rodait par là et qui a voulu faire son malin avec moi en essayant de me fourguer une bestiole moins puissante juste parce que c'était un processeur Intel. Il a bien essayé le bougre mais devant mon entêtement et ma connaissance certaine de ces machines, il a fini par céder. D'ailleurs, quand nous sommes passés devant le tiroir-caisse, enfin son poste de travail pour conclure la vente et éditer le bon d'achat, il m'a juste posé cette question : "je suppose que vous ne voulez pas d'extension de garantie" en soupirant d'un air fatigué ou déjà résigné, que sais-je. Ce à quoi j'ai évidemment répondu qu'il supposait très bien d'un petit air frimeur, je dois reconnaître. Moralité : méfiez-vous des petites brunes à lunettes qui ont l'air d'intellos.
Revenons donc à mon Pentium 4.86 flambant neuf que je m'étais fait livrer chez ma sœur et envoyé du fin fond de la France, en provenance du "Sud".
Je ne suis pas du genre tête brûlée ni à prendre des décisions à la légère, et pourtant j'avais commandé un PC rubis sur l'ongle, en versant la modique somme de 5.995 francs (soit un peu moins de 1.000 euros) sur un compte dont je n'étais pas sûre à 100% qu'il soit professionnel. Bref, j'avais peur de me faire escroquer. Je ne suis pas de celles qui commandent via internet. Je n'ai jamais fais appel à Amazon ou autres temples de la vente online pour me faire livrer quoi que ce soit chez moi. Même si cette semaine je m'apprête, enfin, à commander ce foutu support pour ma smart TV qui tient grâce au mur, et à la bibliothèque - un dommage collatéral de mon déménagement. Là, pour le coup, ce n'était pas un petit objet mais bien un gros truc qui pèse une tonne et qui allait changer ma vie. Mais heureusement pour moi, j'ai eu affaire à une vraie société pas bidon du tout qui m'a livré mon précieux une semaine plus tard.
Soupir de soulagement donc.
Je pensais donc commencer à explorer le monde merveilleux de l'informatique à portée pour tous et m'initier aux joies des commandes MS-DOS (dir:/c, edit, CLS ou encore CHKDSK), un langage que les jeunes boutonneux abreuvés aux smartphones et Windows 11 ne connaissent pas, mais c'était sans compter ma famille, enfin ma sœur, qui prenait invariablement assaut de mon PC afin de jouer à des jeux vidéos. Rien d'extravagant non plus. Je me souviens vaguement des maigres jeux qui étaient livrés avec ce Pentium 4.86 mais j'étais tous les soirs mise en échec, attendant patiemment que l'on me cède le clavier. Je ne savais pas dire non. Maintenant, heureusement, quand je dis non, c'est non.
Bref, tout cela pour vous dire que j'ai dû attendre de réintégrer mes pénates avant de me consacrer pleinement à ce nouveau jouet fantastique qui allait bouleverser le monde car enfin à portée de "presque" toutes les bourses.
Peu de personnes dans mon patelin possédait un ordinateur. Il m'a rendu service et j'ai rendu service aussi, en rédigeant des notes de synthèse pour des ami(e)s ou en transférant des données sur des disquettes, qui ne permettait tout au plus qu'enregistrer que peu de données à vrai dire. Rien de comparable avec les clés USB ou les disques durs d'aujourd'hui.
Je suis donc ce que l'on qualifierait de "dinosaure de l'informatique" même si je ressemble peu ou prou à un T-Rex, ou plutôt non, si l'on prend un point de comparaison dans Jurassic World, je serais plutôt un brontosaure eu égard à mes habitudes alimentaires.
C'était il y a 30 ans et je m'en souviens encore comme hier, de ma joie, ma fierté de posséder ce haut sommet de la technologie. Je vous parle du siècle dernier, des années 90.
Ma collection s'est agrandie avec le temps. Je ne compte plus les PC portables ou les ordinateurs de bureau qui sont passés entre mes mains avant de passer dans celles de mes frères ou sœurs en guise de "cadeau" de dépannage tandis que j'achetais un nouveau joujou bien plus puissant, bien plus rapide.
Au dernier inventaire, j'ai l'heur d'avoir dans mon cheptel... enfin dans mes possessions : 4 pc portables tous upgradés par mes soins (barrettes de mémoires, nouveaux disques durs plus performants comme les SSD), sans compter un 17 pouces que j'ai boosté à ma convenance et qui ne sort hélas pas souvent de sa sacoche ; sans compter depuis peu également un Mac Book pro qui lui non plus ne voit pas souvent la lumière du soleil et, enfin, dernière acquisition grâce à mes écochèques, un Notebook très léger (1,2 kg à la dernière pesée) qui me permet de le glisser dans mon sac à dos de ville et que je transbahute parfois à Cook & Book ou chez mon amoureuse pour continuer d'écrire. Last but not least : une mini-tour avec ses trois emplacements pour disques durs et que je peux connecter à ma télé afin d'en faire une véritable centrale multimédia. Je ne compte pas ceux que j'ai mis dehors au bon vouloir des passants désireux de faire de la récup quand j'ai fait un gros ménage par le vide l'année dernière avant d'atterrir à Bruxelles, ni mon serveur que je n'ai jamais réussi à faire marcher correctement.
Vous allez me demander : mais comment fait elle ? Elle à un compte en banque extensible ou elle braque des banques ? Au risque de vous décevoir, rien de tout cela : j'achète tout simplement d'occasion, en seconde main via le Bon Coin ou tout simplement en reconditionné.
Je pense avoir une case, légèrement, voir toutes les cases de l'échiquier...
Parce que oui, à cette collection un peu déraisonnable, il se trouve également que je ne compte plus le nombre de disques durs blindés comme pas possible.
Je suis un peu cinglée non ? Geek à lunettes ?
Faites vos jeux !
lundi 2 octobre 2023
V.H.S.
Je suis une nostalgique. A bien des égards, certaines choses de mon enfance ou de mon jeune âge adulte me manquent. Le paquet de bonbons à 10 francs est l'un des plus frappants exemples. Nous sommes désormais constamment abreuvé d'informations dans tous les sens de la stratosphère. On consomme de la culture, des films ou des séries sur des plateformes, de la VOD, d'un simple clic de souris ou en tapant OK sur sa télécommande, de manière irréfléchie. Jusqu'à la nausée.
J'ai une collection de plus d'un millier de films à l'heure actuelle. Je parle bien de cet étrange objet que l'on extrait de son boîtier rectangulaire et que l'on insère dans un lecteur prévu à cet effet. Comme au cinéma, parfois on a les bandes annonces, sans le pop-corn. Je suis une vraie collectionneuse dans le sens premier du terme. Je suis en constante recherche de la petite perle qui m'avait tapé dans l'oeil quand j'étais jeune et innocente, qui m'avait envouté, et que je recherche désespérément. Parfois, malheureusement, à force d'être dans le prêt j'en arrive à ne plus pouvoir récupérer l'objet de mon affection. Je repense notamment "Aux ailes du désir" de Wim Wenders, sublime narration poétique dans un Berlin intemporel en noir et blanc avec un Peter Falk qui ne joue pourtant pas au détective avec son éternel cigare et son pardessus beige.
Ces milles films, ou peu s'en faut, sont pourtant une partie visible de l'iceberg. Je ne compte pas les disques durs gorgées de pépites du 7ème art. Le support a changé mais pas ma passion qui, elle, reste intacte. Ma collection a pourtant commencé bien avant. Tandis que le ciné club de la 2ème et 3ème chaîne, respectivement le vendredi soir et le dimanche soir, je tannais parfois mon père pour qu'il m'enregistre les films que je désirais voir plus tard. Je pense à Stephen Frears, Neil Jordan ou encore Jean Cocteau. A l'époque le replay n'existait pas. J'économisais pour m'acheter ces précieuses cassettes V.H.S que vendaient alors les grandes surfaces par paquets de cinq. Parfois, j'avais des déconvenues : mon père s'étant tout simplement servi d'un de mes précieuses cassettes pour enregistrer par-dessus alors que je n'avais pas encore vu le film pour lequel j'avais demandé l'enregistrement.
Quand j'ai déménagé à Lille, j'ai peu à peu abandonné ces V.H.S, trouvant mes films préférés sur un nouveau support, le DVD puis, plus tard, le BluRay.
Pourtant, ce qui me peine en fait, me rend nostalgique sans nul doute, c'est la mort pure et simple des clubs vidéos. Qui se souvient encore de Vidéo Futur, cette chaîne de magasins implantée un peu partout dans les grandes villes ? Pour le prix de quelques minutes, il fallait juste s'inscrire et on avait une belle carte plastifiée qui nous permettait de louer jusqu'à trois films par semaines pour une somme modique. Les nouveautés, les blockbusters étaient bien sûr les plus recherchés et partaient comme des petits pains. Il fallait prendre patience avant de pouvoir regarder le film dont tout le monde parlait au lycée ou au boulot autour de la machine à café. Mais à l'époque, on cultivait l'art de la patience, l'ère du zapping perpétuel n'était pas encore ancré dans les mentalités.
J'aimais bien mon petit club vidéo de quartier, au coin. Je descendais tongs aux pieds et j'y restait trois bons quarts d'heures, parfois moins, parfois plus. Je n'arrivais pas à me décider entre tel ou tel film. Je compulsais tous les résumés au dos de la jaquette. Je n'avais pas d'idée préconçue, seule mon envie me guidait : une rom-com si mon humeur cherchait de la légèreté, un drame quand je voulais me plonger dans le cœur de l'âme humaine. J'y mettais un temps infini avant de me décider et parfois le choix était cornélien. Qui sait, si je ne prenais pas tout de suite le film qui était mon quatrième choix, je pourrais l'emprunter une semaine plus tard ? Qui sait si celui-ci n'aurait pas déjà été emprunté par quelqu'un de moins indécis que moi ? C'était le jeu. Un jeu de dés.
Souvent aussi, je voyais des hommes, et quelques femmes également, pousser les portes marrons, en regardant autour d'eux si quelqu'un ne comprenait pas leur petit manège. Il s'agissait bien sûr du rayon réservé exclusivement aux plus de 18 ans.
Ma collection de films s'est, à partir des années 2000, étoffée de manière vertigineuse, exponentielle car je pratiquais l'art de la duplication mais chut, il ne faut pas le dire. Cela ne m'a jamais empêchée d'acheter des films, de fréquenter assidûment les magasins d'occasions, des Converters pour ne pas les nommer, et d'aller de temps en temps au cinéma. Le prix galopant du billet a toutefois mis un frein à ces sorties pop-corn sur grand écran. Et pourtant, j'y allais toutes les semaines, dans mon petit cinéma de quartier quand j'habitais encore Douai. Mais c'était un petit cinéma justement, et pas un des ces immenses complexes. On pouvait aussi bien voir le dernier blockbuster que le film d'auteur inconnu.
C'est bien dommage que les nouvelles générations n'aient pas eu la chance de connaître ces vidéos clubs. Tout est à portée de main désormais. Finalement, ce n'est les vidéos qui ont tué les radio stars* mais bel et bien l'art du fast lu, fast vu, fast écouté.
*
Clin d'oeil évident à cette vieille chanson de la fin des années 70. A vous de faire vos recherches sur Youtube.
vendredi 18 août 2023
Farewell to Dublin
D'aussi loin que je me souvienne j'ai été attirée par l'Irlande, cela étant certainement dû en à la mythologie celte. J'étais la passionnée de la famille, le rat de bibliothèque qui se mettait en retrait par timidité pour compulser de manière irrépressible la collection des "Tous l'Univers" que mes parents possédaient dans leur bibliothèque - 18 ou 24 volumes je crois. Je synthétisais tout et n'importe quoi sur mes pages quadrillées que j'arrachais de mes cahiers d'école, de l'histoire du Royaume de Suède aux combats de la première guerre mondiale, en passant par les Vikings, la Mésopotamie ou la Grèce Antique. Et l'histoire des celtes aussi, que j'aurai à potasser bien des années plus tard pour le concours d'entrée à l'école du Patrimoine, que je n'ai finalement pas passé, sans doute à cause de contraintes matérielles.
Aussi quand nous avions opté pour la destination finale de nos vacances mon amoureuse et moi, nous avions sélectionné Edimbourg, un clin d'œil à un de mes récits où j'avais parlé de cette ville sans y avoir mis un fichu pied, ou la capitale de l'Irlande, Dublin. Connaissant très, et trop bien, Berlin nous nous sommes mises d'accord pour remettre la visite de cette dernière à une autre fois.
Dublin ne se livre pas tout de suite à vrai dire. Le charme agit certes, mais ce n'est pas un vrai coup de foudre comme la fois où j'ai atterri sur la piste de l'aéroport de Berlin-Schönefeld. On tombe amoureuse de cette ville et de ses habitants de manière un peu plus subtile. Sans doute les attentes avaient été trop hautes et j'espérais être éblouie instantanément.
De fait, au bout de deux jours seulement, après des visites à marche forcée et mes salutations au Trinity Collège, celui-là même qui avait vu sur ses bancs l'un de mes auteurs préférés, Oscar Wilde, j'ai dû me rendre à l'évidence que cette ville est un écrin. Voici donc pêle-mêle mes ressentis, qui ne sont bien entendu plus que subjectifs.
Tout d'abord, ce n'est pas une grande ville à proprement parler. Le centre est accessible facilement à pieds et, si on est fatigué et/ou fainéant, rapide en transports en communs lorsqu'on est un peu excentré comme nous l'étions - 20 minutes. Deux lignes de tramway au prix peu excessif de 22 euros de manière illimitée durant toute une semaine, soit le temps de nos vacances. La green line et la red line, le tramway donc, bien plus élégant et neuf que celui de Bruxelles, des bus à deux étages typiques des pays anglo-saxons - des doubledeck bus, mais pas de métro. C'est assez étrange pour une capitale mais c'est à noter. Que dire de nos journées ?
Elles ont bien été remplies. C'est un fait.
Il fallait choisir entre les nombreux musées et le choix était cornélien. Dublin est une capitale riche d'histoire et de culture. Il y a à faire, c'est certain, pour qui veut passer des vacances autrement qu'en bouquinant sur la plage, se dorer la pilule au soleil du sud ou en jouant à une partie de beach-volley. Cela peut avoir son charme, jusqu'à un certain point à mes yeux. J'ai été, et je reste adepte des vacances où l'on s'immerge dans la culture d'un pays et de ses habitants plutôt que du farniente total et de la bronzette orange carotte.
Pas de tour en bus, ni de visite de Guiness ou de Teeling (le whisky) et Jameson : ce sera pour une autre fois, mais une visite à pieds avec un guide touristique dans la langue de Molière qui au final ne m'aura pas vraiment appris grand chose. Les meilleures visites ont de fait été celles que nous avons faites sous le coup de l'impulsion et non préméditées, comme la National Gallery of Ireland, immense avec ses 54 salles - une demi-journée suffirait à peine pour tout voir, ou encore la long room du Trinity Collège, malheureusement vidée à moitié de ses livres mais qui fut une claque pour moi. Je me souviens avoir exprimée à voix haute mon émerveillement à deux reprises : "C'est magnifique". Dans le quartier des Liberties, la Cathédrale de Saint-Patrick, qui contrairement à ce que l'on s'imagine n'est pas la cathédrale officielle de Dublin*et que l'on a parcouru durant plus de deux heures, pour le clin d'œil au Saint-Patron de l'Irlande et où on y a pu dégoter deux anneaux de Claddagh. Le Epic, ou musée de l'immigration, valait également le coût de la visite, pour l'histoire de l'Irlande, de ses flux migratoires et de l'influence de ce pays à travers le monde. Si l'on y réfléchit bien, l'Irlande a produit un nombre impressionnant d'artistes, chanteurs, dramaturges (4 prix Nobel de littérature tout de même !). D'ailleurs cela transcende chaque recoin de rue de Temple Bar ou Grafton Street, zone névralgique et commerçante, mais moins que la longue O'Connell Street - petit aparté : O'Connell est la rue par excellence des magasins de souvenirs**. Grafton Street est certainement la rue qu'il faut emprunter si on est sensible à la musique folk ou rock. Les musiciens affrontent sans se démonter le regard blasé des locaux et de touristes en continuant à chanter envers et contre tous. Et, bon sang de bois ne saurait mentir, le nombre de damn good singers que j'ai eu l'occasion d'entendre ! C'est dans leur sang, ce gène de la musique qui se transmet ainsi de générations en générations.
Un petit bémol toutefois, le MoLI ou musée de la littérature irlandaise, ou ne devrait-on pas plutôt le rebaptiser le musée James Joyce ? Je m'attendais à ce que toute la littérature y soit représentée (Bram Stoker, Oscar Wilde, Edna O'Brien et j'en passe) et pas juste survolée, et non cette omniprésence de Joyce ainsi que la sous représentation de la littérature féminine. Cela dit, au dernier étage, chaque visiteur peut si l'envie lui prend, accrocher une petite pensée sur un mur en ardoise. Est-ce que le mien est encore visible après une semaine ? Telle est la question mon cher Watson. En tous les cas, mon petit mot était quelques lignes de mon cru portant sur la littérature et l'imagination.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur Dublin mais ceci fera sans doute l'objet d'un nouveau voyage. Sans doute les ressentis de mon amoureuse n'ont pas été les mêmes. Je sais qu'elle a aimé le retour au passé au 14, Henrietta Street alors que j'étais un peu déçue. Comme dit plus haut, il faudrait y retourner et enfin goûter la bière nationale suite à un de ces Guiness tours dont les étrangers sont si friands, et non pas dans un pub. On pourrait également parler de l'indélicatesse des voisins de chambre qui ont cru être seuls au monde. Je vous laisse imaginer le type d'indélicatesse que nous avons eu à nous farcir avant que l'on donne des coups secs mais fermes dans le mur pour leur souligner qu'ils n'étaient pas seuls et que tout le monde pouvait les entendre. Quelle santé ! En guise de conclusion, ce que j'aimerai mettre en avant, c'est l'extrême gentillesse et politesse des dublinois. Notre chauffeur de taxi aurait pu éructer, voire insulter la cycliste qui zigzaguait entre les véhicules sans marquer ses intentions, mais il s'est contenté de lui notifier que cela aurait été plus clair pour tout le monde de le signaler de la main, de manière neutre, sans hausser la voix. Spectacle étonnant quand l'on constate l'énervement continuel à Paris, où autre grande métropole, entre les voitures et les deux roues. Et surtout ce sentiment de se sentir en sécurité partout où nous allions à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.
Et, pour l'anecdote, des français. Beaucoup de touristes français. Un incalculable paquet de touristes français dès que l'on se retournait, à droite, à gauche, devant et derrière. Bizarrement également, pas mal de portugais et/ou brésiliens dont l'accent à mes oreilles me faisait sourire inévitablement.
Bref, Dublin n'est pas une ville où le soleil prédomine - il faut s'attendre à de la pluie qui vous chope sans vous prévenir, mais c'est une capitale qui vaut le détour pour peu que l'on préfère des vacances en toute immersion et en toute curiosité.
N.B. les Irlandais mangent tôt (genre 18h). Bon a savoir quand on arrive dans un restaurant après 21h et que l'on vous dit que les cuisines sont fermées. Par ailleurs le wifi de Dublin est nickel (pas comme celle de Bruxelles) et, tenez-vous bien, les toilettes ne sont pas payantes !!
* Christchurch est la cathédrale officielle de la religion catholique, à dix minutes à pieds à peine de Saint-Patrick.
mardi 27 décembre 2022
Bus et tram : pas d'amalgame*
Cela faisait bien un moment que je n'avais pas narré mes nouvelles aventures dans les transports en commun, ce microcosme de la société, d'autant que depuis que j'occupe ce nouveau boulot - à vingt minutes à peine à pieds de mon chez moi, je n'ai pas souvent l'occasion d'aller en ville. Les seules occasions sont quand je rejoins mon amoureuse au cinéma - elle, les places ; moi le pop corn et toutes les sucreries inimaginables, ou bien encore quand je prends mon sac pour passer le week-end chez elle.
Bref, je n'ai donc pas souvent l'occasion de traîner du côté de la porte de Namur, là où se trouve le centre névralgique de la guerre commerciale que se livrent toutes les échoppes plus ou moins bon marché. Accessoirement, là où se trouve également mon nouvel opérateur téléphonique / Télé / internet : je ne suis pas encore domiciliée "bancairement" parlant, mais ça arrive bientôt. Vive les multiples démarches administratives.
Je n'ai pas coutume de narrer mes observations dans le bus ou le tram, mais ce soir-là il y a eu une accumulation de scènes cocasses.
Plantons le décor : je cours donc porte de Namur afin de trouver le cadeau de Noël pour mon amoureuse. J'ai déjà ma petite idée. Subrepticement, j'avais photographié ce qui semblait l'intéresser particulièrement il y a deux semaines à la Fnac, pour ne pas la nommer. Ma douce étant partie en vacances dans sa famille, je me disais que cette semaine serait idéale avant que son avion n'atterrisse et que nous passions le cap de l'année ensemble.
Manque de pot, mauvaise pioche : le cadeau que je convoitais n'étais plus disponible. Pour la petite histoire je l'ai trouvé dans une boutique dans la galerie marchande. Ouf. Pas de catastrophe en vue, pour cette fois !
Prendre le 71 est une épreuve des plus intenses surtout à 19h. Je pense que ce bus doit être le plus rempli de la capitale. C'est donc fichu pour le respect des distances sociales. Le petit jeune homme me laisse s'asseoir à mes côtés : ça tombe bien, nous descendons tous les deux à Buyl.
Tout d'abord, ce sont les cris du bébé qui strident nos tympans. Ce n'est pas grave. C'est certes désagréable mais nous avons tous criés de cette façon quand nous étions petits, dis-je aux deux enfants qui se moquent gentiment du nourrisson, soulignant les propos de leur mère trente secondes plus tôt. Tout cela dans une bonne humeur enfantine, oserais-je.
Puis mère et enfants se glissent sur les fauteuils derrière moi et je ne peux m'empêcher d'intervenir dans leurs jeux : trouver un nom d'animal qui commence par... alors je me lance dans EL (éphant) avec un sourire complice.
Arrivés à Flagey, un drame se noue : la jeune fille qui vient juste de descendre tape de nouveau à la porte du chauffeur pour grimper dans le bus et ce n'était pas prévu. Hélas, elle vient de se rendre compte qu'on lui a dérobé son portable. C'est la deuxième fois. Elle tente d'appeler son numéro, grâce à un smartphone que quelqu'un lui a gentiment prêté, mais rien n'y fait. Certains passagers essaient de l'aider comme ils peuvent en leur suggérant des solutions. Puis le chauffeur intervient et lance un appel à la centrale pour résumer ce qu'il vient de se passer, au cas ou l'objet soit juste perdu. Enfin c'est ce que je devine car je ne parle pas, encore, néerlandais.
Je sais que ce n'est pas drôle ce genre de mésaventure, qu'il m'est arrivé la même chose mais avec plus de violence. J'en ai déjà parlé ici. C'est surtout tout ce qu'il y a dedans que l'on perd, bien plus qu'un téléphone, aussi élégant ou dernier cri soit-il.
Au moment de sortir à Buyl, ma correspondance pour le tram 8, je n'ai pas pu m'empêcher de rebondir sur le jeu des enfants, celui de toute à l'heure, où j'entends distinctement le garçon demander à sa sœur un nom d'animal commençant par M. Alors je balance mon prénom, qui commence par M. justement.
Je crois que je les ai bien fait rire.
Mais ce n'est pas tout. En tentant de trouver une place assise dans le tram, le monsieur devant moi avec ses grandes jambes se fait tout petit pour que je puisse me glisser moi aussi dans le siège d'en face, tout en déposant mes sachets pour les caler. Son attitude très polie me donne le sourire, alors je lui répond par mimétisme "que ce n'est pas grave, que le tout c'est de s'adapter" : lui avec ses grandes jambes, moi avec mes paquets.
Le bémol de ce trajet animée s'il en fut : cette mère et son fils qui n'arrêtaient pas de regarder derrière moi comme s'ils se moquaient de la personne sur la banquette - ou de moi, qui sait ? Je ne saurais affirmer ou infirmer car ils parlaient en russe.
C'est cela aussi, prendre les transports : regarder, observer, sourire, partager des instants de fous rires ou de conversations.
Rien à voir avec les mésaventures avec Bla Bla Car de vendredi dernier en tout les cas !
* On dirait un slogan pour la STIB. Ce titre ne veut rien mais je trouvais que ça sonnait bien.
lundi 5 décembre 2022
Voir ce que les autres ne voient pas
vendredi 18 novembre 2022
Comme dans une comédie romantique...
Mon amoureuse étant partie pour une semaine au loin pour son travail, le temps me semblait long. Très long. Même si les moyens de communication permettent de garder ce lien. Comme on dit, un seul être vous manque... Son avion atterrissant en fin d'après-midi, j'ai eu l'idée de la surprendre et de l'attendre dans le hall de l'aéroport.
Dans l'absolu c'était une très belle idée. Le film parfait, moi une rose entre les dents ; elle, sous le coup de l'émotion en voyant que je suis là. Mais je m'emballe.
A chaque fois pourtant c'est imparable : la surprise que je pense parfaite dans ma tête prend un coup dans l'aile, sans mauvais jeux de mots. Sans doute la loi de Murphy ; celle où étrangement il pleut juste au moment où l'on sort. Techniquement, j'étais dans les temps. Son avion avait pris du retard et j'étais pile à l'heure selon mon planning pensé dans les moindres détails.
Sauf que...
Au lieu de prendre le bon bus, je me suis plantée, une nouvelle fois. Entendons-nous bien, le bus était le bon - je m'en étais assurée. Mais pas dans le sens qui convenait, hélas. En effet : au lieu de m'amener vers l'aéroport je faisais demi-tour. Je revenais à mon point de départ donc. C'est ballot ça ! Si je ne suis pas la reine des truffes, je m'approche dangereusement du titre.
Maladroite un jour : maladroite toujours.
Bref, il fallait que je rattrape ma boulette.
Mais les dieux ne l'entendent pas de cette oreille. Ce saligaud d'Eros faisait la grève en me laissant me démener et courir comme si je m'apprêtais à faire le marathon de New York.
Loi de Murphy bis : quand on tente de reprendre la correspondance, les portes se referment sous votre nez et vous êtes bons pour prendre le prochain, prévu dans quatre minutes. Ce qui normalement devrait le faire.
Oui, mais c'est que vous ne connaissez pas les aléas des transports en commun à Bruxelles et les joies du trafic de 17 heures 30, un vendredi soir. Tout le monde se barre.
Bref, je vais faire la faire courte : le bus suivant jouait avec nos nerfs en affichant une attente complètement anarchique. Et ça n'en finit pas d'afficher une minute, puis trois, puis deux, une et de nouveau trois, et ainsi de suite. Il était bloqué dans les bouchons ou coincé dans la quatrième dimension : nul ne le saura jamais ! Le temps défile et mon coeur fait la samba dans la poitrine à force de s'énerver, de tempêter.
Comme je ne suis pas folle - enfin, un petit peu quand même, j'ai tenté par tous les moyens de prévenir ma dulcinée que j'étais en route et qu'il fallait qu'elle ne bouge pas. Je sais : point de surprise au bout du compte. Mais la dernière fois que j'ai sauté dans mes baskets pour la chercher en gare de Bruxelles Nord, j'ai loupé le coche : la surprise étant totale, on s'est ratées, de peu. Ce qui m'a valu par la suite un drôle de voyage retour dans le fameux tram 25 de la mort, celui que tu évites tard le soir, à côté d'un type qui clairement n'avait pas la lumière à tous les étages et avec qui je me suis crue dans street fighter. Le genre d'abruti qui s'en prend à tout le monde. Peut-être l'objet d'un autre billet. Parce que c'était plutôt cocasse avec le recul. Je suis petite mais je sais ouvrir ma gueule.
Donc, point de surprise c'est vrai.
Hey, vous les scénaristes ! Oui, vous : prenez en de la graine et mettez en scène un truc enfin réaliste !
samedi 13 novembre 2021
Novembre
Il y a un terme en psychiatrie qu'on appelle sidération. Et je pense sincèrement que c'est ce sentiment que nous avons tous vécu cette nuit là, il y a six ans ; dans cet étrange fragment de temps, nous nous sommes tous sentis Parisiens.
De tous les attentats que le monde a vécu, et aura encore à subir, hélas, ce qui s'est passé au Bataclan est pour moi celui qui me traumatise le plus. Et pourtant, en cette triste début d'année 2015, on avait déjà vécu l'horreur, l'indicible - je suis Charlie. Le mot est fort sans doute, traumatisme, mais je ne vois pas quel autre terme utiliser. Je ressens ce qui s'est passé comme un évènement qui me hante encore maintenant, et pourtant je n'y étais pas. Mais c'était à une heure de train de là où j'habite. C'était loin et si proche à la fois. J'étais juste la spectatrice impuissante, zappant frénétiquement entre toutes les chaînes, tentant de comprendre ce qu'on nous montrait sur l'écran ; presque minute par minute.
Il est inconcevable qu'on puisse faire un carnage parmi des terrasses, tandis que les gens sont ensemble afin de boire un verre ; ou encore qu'on massacre, délibérément, impunément, une foule venue là pour s'amuser et écouter son groupe favori. Moi qui aime tant la musique, et le rock.
C'était un vendredi soir. Je m'en souviendrais à jamais. Je travaillais encore à l'époque à Saint Amand. Vélo train, train vélo, et il me semblait tout naturel de souffler ce vendredi là, allongée sur mon vieux canapé, dans ma position préférée. Je crois même avoir reçu un SMS me demandant si j'avais vu ce qui se passait à l'instant.
C'est à ce moment là que j'ai pris ma télécommande et que je suis passée d'une chaîne à l'autre, ayant du mal à croire que l'incroyable se produisait sous mes yeux, impuissante. Voilà, c'est le maître mot de cette funeste soirée : l'impuissance.
Et la sidération.
Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots mais ne sombre pas), telle est la devise de Paris. Tel est également le nom du documentaire en trois parties que vient d'être diffusé sur la TNT et qui m'a insufflée ce besoin viscéral de parler du 13 novembre 2015.
Malgré moi, encore aujourd'hui, en regardant les témoignages, je n'ai pas pu empêcher les larmes de couler à flots comme cette nuit-là où, lui aussi sidéré sans doute, mon ancien voisin et ami, est venu toquer à ma porte pour savoir comment j'allais. Parce que lui aussi n'allait pas mieux que moi. Et que nous pleurions tous les deux dans les bras dans de l'autre.
Cette image reste gravée. Deux êtres qui se consolent comme ils peuvent de la douleur du monde ; de la cruauté des êtres qui peuplent cette planète.
Et de l'incompréhension.
J'y pense encore. J'y pense tellement que j'en écris une histoire. Je ne sais pas si je la terminerais. En tout cas, et comme à chaque fois que ma plume se fait impérieuse, cela me sert de catharsis.
Novembre est un mois où la tristesse se mêle à la mélancolie, pour bien des raisons. L'une en tout cas est cette perte de foi en l'humanité toute entière.
A la fin du visionnage de ce documentaire, pourtant, je ne retiendrais qu'une chose de l'une de ces survivantes : l'amour triomphe toujours à la fin.
Et parce que j'écoute cette chanson en boucle ; que les paroles me parlent et me ramènent à cette soirée - chacun l'interprète comme il le veut bien sûr mais pour moi c'est ce qui s'est passé ce soir-là, et les jours d'après quand les gens viennent se recueillir sur le béton froid ensanglanté. Cette soirée qui fait si mal à notre propre humanité.
Des roses blanches sur le béton
Ou le silence sur le désert
Où nos cœurs pleurent à l'unisson
Hier, j'ai déposé des fleurs
C'est la paix que j'venais courtiser
Des fleurs de toutes les couleurs
Des bleues, des blanches, des rouges séchées
Novembre à froid, c'est le brouillard sur la ville lumière
Nos cœurs dans l'coma, se remettent d'hier
Hier, j'ai déposé des fleurs
Chez la vieille dame sous ses grands airs
Qu'est-ce qu'elle est belle, la dame de fer
Hier, j'ai déposé des fleurs
Désarmés, la peur et ses guerriers
L'amour comme seul anti-douleur
Mon bouquet d'fleurs comme bouclier
Novembre à froid, c'est le brouillard sur la ville lumière
Nos cœurs dans l'coma, se remettent d'hier
Hier, j'ai déposé des fleurs
J'ai aussi fait crier la musique
Ses plus beaux airs, les grands classiques
Pour que se taise la terreur
jeudi 4 novembre 2021
Vie de merde.com (le retour)...
... ou comment j'ai fait mon coming out par inadvertance, ou plutôt par maladresse.
Je sais. Le titre est long et à vrai dire, il n'y a pas de quoi en faire un drame. Mais plutôt sourire, voire rire à mes dépends à cause de ma maladresse légendaire. On appelle ça communément un acte manqué, ce désir inconscient que j'avais de faire un joli coming out à la seule personne de mon équipe qui n'était pas au courant de ma situation sentimentale, désertique pour le moment malgré mes velléités de me vendre sur un site.
Commençons par le commencement.
Il y a peu, je me suis inscrite sur un célèbre site qui commence par Mee et qui finit par tic. Enfin non, j'ai plutôt réactivé mon profil délaissé depuis quelques temps comme un champs en jachère et j'ai fait un uptdate pour me vendre au mieux et attirer le chaland. D'ailleurs il faudrait que je songe à indiquer que j'ai une réelle passion pour la cuisine et nourrir les gens. Il parait que l'appel du ventre, ça marche plutôt bien.
Depuis que Gayvox a fermé ses portes, toutes les lesbiennes de France, de Navarre et d'ailleurs ont migré sur cette plateforme.
Après quelques conversations avec une certaine M., comment dire, cela s'est fini en eau de boudin. Bref, je me suis pris un râteau.
Du coup, j'en parlais sur WhatsApp avec une de mes collègues qui est parfaitement au courant de mes inclinaisons.
Petite aparté, je ne cache pas vraiment qui je suis mais je n'ai pas envie non plus de crier sur tous les toits au boulot, qui est quand même un milieu particulier même si, là où je travaille, la société à une position plutôt gay friendly. Garde toi de mes ennemis, mes amis je m'en charge.
Ma collègue donc, me demande ce que M. m'a répondu. Je lui envoie donc une copie d'écran de notre bref échange avec ladite M. Sauf que...
Sauf que je n'avais pas fait attention et que j'ai envoyé ce printscreen à la mauvaise destinataire, en l'occurrence la seule personne à qui je n'avais pas fait mon coming out et qui n'a sans doute rien compris de ce que je lui baragouinais avant de supprimer les messages et d'en envoyer un tout dernier, lui souhaitant de bonnes vacances et qu'elle ne devait sans doute rien comprendre à ce que je lui avait dit quelques minutes auparavant. Tout cela, avec un gros smiley mort de rire.
Parce que, vous savez quoi ? J'étais vraiment morte de rire quand j'ai compris ma bévue.
La prochaine fois que nous nous reverrons, au retour de ses vacances donc, quand nous serons toutes les deux en présentiel l'une et l'autre, j'aurais sans doute un sourire et confirmerais ce dont elle se doute déjà.
Dans un grand sourire ou même un grand éclat de rire et sans gêne ou malaise.
Comme un acte manqué quoi...
Ah qu'ils sont traîtres ces moyen de communication modernes ! ;)
dimanche 19 septembre 2021
Out of control
J’ai eu une adolescence à rebours. Et très longue à vrai dire.
Je considère en effet en être sortie depuis peu ; depuis deux ans en fait.
A l’âge ingrat, celui où chacun de nous teste un peu tout, un peu n’importe quoi, j’étais même le prototype de la bonne élève du premier rang, celle sur qui on ne s’arrête jamais, ou juste pour lui lancer l’insulte suprême : « T’es la chouchou du prof ! ». Parce qu'il y avait plusieurs clans : les cools, fringués des pieds à la tête avec les marques les plus tendances - de vrais porte-manteaux ambulants ; les rebelles, qui s'en foutaient de la mode avec leur clous et leur cuirs, arborant des croix autour de leur cous pour certains - les new wave auxquels j'appartiendrai plus tard ; et tous les autres, ceux dont on se moquait allégrement dans la cour de l'école parce que vêtus de fringues informes, de celles qu'on hérite des aînés.
Avant de me montrer moi aussi comme le mouton noir que je resterai encore longtemps - à vrai dire, je n'en suis pas vraiment sortie et ça me joue des tours, j'appartenais donc à ce dernier clan des sans styles. J’avais la panoplie intégrale d’ailleurs : lunettes aux verres « culs de bouteilles » et montures signées par ce cher styliste très en vogue des années 80 – j’ai nommé la Sécurité Sociale ; une jolie constellation de boutons d’acné sur le front et l’arrête du nez ; vêtue la plupart du temps de sweat shirts informes et de jeans velours côtelé. Je ne dramatise pas : c’était ma dégaine en ce temps là. Bref une vraie Ugly Betty pas trop mal lotie niveau cerveau mais totalement à la ramasse question sociabilité. Depuis j’ose croire que les choses ont changé, même si je n’aurais jamais la plastique de rêve d’Adriana Karembeu ou tout autre top model. Je suis tout de même à l’aise dans mes baskets. Je ne suis pas et je ne serais jamais de ces filles sur lesquelles on se retourne mais je m'en fous à vrai dire.
La plupart du temps.
J’étais donc une ado qui ne comprenait pas les us et coutumes de ses congénères, pas plus que je ne comprenais quelle mouche les piquait à s’agiter ainsi tous les week-end en beuveries et autres saines occupations lycéennes. J’étais une extra-terrestre venue d’une planète monochrome dédiée aux bonnes notes et la vie studieuse. Bien sûr, un peu plus tard, je me rendis moi aussi dans ces hauts temples de la culture et du BPM (beat per minut) avec une joyeuse bande d’amis, d’amis d’amis et de cousins ; bien sûr nous décimions nous aussi quelques bouteilles mais jamais pour ma part au point d’être out of control.
Toutefois, à l'instar d'un bon millier de jeunes gens bien avant moi, ce n'est pas une nouveauté ni très original : nous nous cotisions pour acheter plusieurs de ces bouteilles de vin mousseux, pas chers mais dégueulasses, puis nous nous garions dans les champs, non loin de la boîte de nuit sur lesquelles nous allions furieusement nous balancer au rythme de ce qui allait devenir la techno, et nous nous passions ce vin mousseux que nous buvions au goulot.
Bref, l'objectif était clair : arriver déjà ivres en boîte.
A 30 ans, je connus ce que l’on appelle communément une adolescence à retardement. Moi qui n’avait tiré que 2 ou 3 taffes de toute ma vie, je commençais à prendre la fâcheuse habitude de m’acheter un paquet de cigarettes ici et là. Je pratiquais alors une sorte de « fumer c’est cool » - la cigarette mondaine. Comme d'autres pratiquent l'alcoolisme mondain. Puis j'eus une véritable épiphanie lors d'une soirée très arrosée et très fumeuse . Vous est-il jamais arrivés de comprendre l'univers en un instant ? Un de ces instants rarissimes qui vous plient en un éclair de lucidité, que vous ne retrouverez sans doute jamais mais qui vous terrifient tout en vous attirant ?
Cela n'arrive que quelques fois dans toute une vie, pour ceux qui ont constaté cet étrange tutoiement avec les anges. Il n'y a pas si longtemps, alors que je suis une adulte bien ancrée dans ma vie maintenant, de celle qui paie ses impôts et suit les règles, plus ou moins, je me suis retrouvée la tête dans la stratosphère ; parmi les étoiles. Ne me demandez pas ce que j'ai consommé ce jour là, mais il s'agissait de quelque chose d'illégal bien évidemment.
Durant vingt années, je devenais donc une de ces adolescentes out of control qui ne se met pas de barrière pour tester jusqu'où elle peut aller. Mais pas out of limits : il y a certaines choses que je refuse de franchir. J'ai mon propre Rubicon.
Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que parfois, lors de ce type de soirées, vous vous retrouvez à quatre heures du matin à recevoir plein d'appels parce que vous avez insisté que l'on vous texte pour vous informer que vos invités sont bien rentrés. Tandis que vous dormez d'un profond sommeil, celui de l'alcoolique de la soirée. Circonstance atténuante, ou non, je fêtai ce soir-là mon anniversaire.
Quand, comme moi, on a toujours été considérée comme l'intello de la famille, de la classe, de la pièce, avoir autant de liberté d'un coup - vous découvrez la vie, ça fait tourner la tête assurément. Qui sait comment ma vie aurait évolué, si j'avais eu une adolescence normale ? Mais je n'ai jamais fonctionné selon les schémas plus ou moins dictés par la société.
Mais revenons à nos moutons, cette fameuse soirée de mon épiphanie. La première.
J'habitais alors à Douai. Je faisais mes premières armes en tant que libraire. Je découvrais ce que ça faisait d'être enfin une adulte qui travaille pour assurer sa subsistance.
Je m'intégrais dans un petit cercle d'amis. Je rentrais rarement chez mes parents. Pensez, j'avais enfin mon propre lave-linge et n'étais donc plus obligée de ramener mon barda du temps où j'étais étudiante.
J'avais donc convié mes amis à un couscous. Nous étions quatre. En ce temps-là j'étais omnivore, encore, et mon meilleur ami deviendrait végétalien en partant sur Lille quelques années plus tard, m'entraînant dans sa chute avec lui - mais qu'elle est drôle, cette intrépide !
J'aime recevoir. J'aime nourrir les gens. C'est un de mes défauts de fabrication.
Je n'avais pas lésiné sur les quantités qu'elles soient solides ou liquides. Autrement dit, il y avait à manger pour un régiment et à boire pour un escadron de soiffards. Plein d'alcools divers et variés. J'aimerais bien retrouver cette bière canadienne que l'on doit mettre au congélateur au moins vingt minutes avant de la déguster.
A trop mélanger, le cerveau là-haut, fait des cabrioles. Bugue ou pète un fusible. A vous de choisir le terme qui convient.
C'est en tirant sur un cigare non pas cubain mais américain, tout en buvant mon bourbon de huit ans d'âge - en essayant de refaire le monde, que la musique de Moby m'a cueilli. Bien avant que l'artiste ne soit connu mondialement, il était punk. J'ai un drôle d'attachement à cet album "Animal rights".
J'ai débloqué. Littéralement.
J'ai regardé mes amis complètement hagarde, je suppose, leur indiquant que je comprenais tout. Que l'univers ne m'était plus une sombre inconnue de mon équation mais que j'étais en osmose. Pour celui qui n'a pas vécu ce type d'expérience, il est difficile d'en transcrire les émotions. Je résumerais donc à ceci : une expérience chamanique.
La suite fut nébuleuse : la redescente est bien plus abrupte.
Le lendemain, je me réveillais sur le lit, toute habillée.
Mes amis me confirmèrent que j'étais partie dans des théories fumeuses, la veille, qu'il m'avaient mis au lit tant bien que mal une fois que la chape de plomb s'était abattue sur moi ; qu'ils avaient fait la vaisselle en devisant tranquillement ; et qu'ils étaient partis en claquant la porte, tout simplement, sur le coup de trois heures du matin, parce qu'il n'avaient pas les clés. Et moi, je dormais comme une bienheureuse, comme un bébé, après ces élucubrations.
Cette nuit là, je fus donc vraiment out of control.
mercredi 28 juillet 2021
Les transports sont d'un commun
dimanche 25 juillet 2021
Samedi, le Vieux Lille, mon Nikon et moi
Depuis que j'habite Wazemmes, j'ai énormément de mal à me rendre dans le centre-ville, hormis quand j'ai une course rapide à faire à la FNAC par exemple. Je ne reste jamais bien longtemps du côté de Rihour. Et pourtant...
Pourtant, ce samedi, en voulant tester mon tout nouvel appareil photo, je me suis dis que ce serait bien de faire un tour dans le Vieux Lille.
A chaque fois, la splendeur flamande de la Grand Place me saute aux yeux. Et pourtant, on ne peut pas dire que le beau temps était de la partie. C'est un fait exprès que depuis deux jours nous oscillons entre averses subites et rayons de soleil timides.
Le manque de luminosité ne rendait donc pas justice à ces vieilles pierres mais me donnait au moins un aperçu du rendu de mon numérique.
Place aux clichés, donc :
Chaque année, la mairie de Lille installe des palmiers près de la Vieille Bourse, devant l'Opéra et sur la place du Général de Gaulle, communément appelée Grand Place.
Ceci n'est pas l'Hôtel de ville mais l'ancienne chambre des métiers et de l'artisanat. C'est vrai que l'édifice, typique de l'architecture flamande, rappelle singulièrement celui de la mairie située, à quelques encâblures de là, en face du square Augustin Laurent. Sortir Métro Mairie de Lille, évidemment.
Morel et fils est un café ultra connu et un peu bourgeois, non loin de l'Opéra. On peut profiter des terrasses couvertes, pour peu que la pluie essaie de s'inviter dans son café ou dans sa bière. Je me souviens aussi que j'ai eu mon premier rencard avec Estelle...
Puis on avance dans le Vieux Lille en déambulant tranquillement, appareil autour du cou comme une de ces touristes qui flâne ou vont au pas de charge.
Notre Dame de la Treille détonne dans le style architectural propre à l'art flamand. Ce n'est pas vraiment le genre d'édifice sur lequel je m'arrête - le néo-gothique. Toutefois, l'intérieur vaut la peine d'y faire un tour, car les rayons du soleil donnent une jolie lumière à travers les vitraux. Manque de chance, ce samedi il faisait particulièrement gris. Toutefois, on peut assister à des concerts de jazz ; des skaters s'y donnent à coeur joie devant le parvis et il n'est pas rare de voir des touristes déambuler sur les côtés, quand ce n'est pas des parcours fléchés comme la fameuse échappée bière durant l'enterrement de vie de jeune fille d'une amie, où nous nous étions échouées au Bellerose, tentant de reconnaître à l'aveugle quel type de houblon nous ingurgitions.
En période hors Covid, c'est impressionnant de voir le spectacle de ces centaines de lillois assoiffés qui envahissent les tables posées là, devant la Treille, à la recherche d'un peu de rafraîchissement liquide.
J'ai fais un stop pour une rapide conversation avec mon meilleur ami, resté en Auvergne pour les vacances. Nous sommes en train de planifier nos prochaines retrouvailles.
Reprenons notre pérégrination et enfonçons-nous davantage dans le Vieux-Lille où c'est sport d'y rouler en vélo, sur les pavés. Un pneu crevé m'en est témoin un soir d'été où j'étais trop pressée de rejoindre mes camarades de crime.
Nous arrivons dans la Sainte Trinité pour tout buveur d'alcool qui se respecte.
A ma gauche, mais ça ne se voit pas, la Capsule. Un choix de bières démentiels. Je me rappelle y avoir goûté une bière suisse vieillie en fûts de chêne, à la matière d'un bon vin. Mon palais a fait une drôle d'expérience ce soir-là. Comme un dernier baiser rempli d'amertume qui se transforme peu à peu comme un goût de revenez-y.
Rue Doudin, toujours sur la gauche, le Kremlin, malheureusement fermé ce jour-là. Il paraît que ce bar à vodkas va s'expatrier à Wazemmes mais j'attends toujours. Comme son nom l'indique, plusieurs centaines de shooters à partager. Ne faites pas la même folie que moi, juste pour crâner et ne testez jamais la vodka au poivre : vous ne sentirez rien pendant au moins une heure ! Foi d'Intrépide.
Au loin, sur la droite, entre cette rue Doudin et la rue Royale, on devine plus qu'on ne voit ce qui est mon havre de paix. Ce bar que j'ai fréquenté des milliers de fois sans mentir, au retour du train ou parce que je n'avais pas envie de me farcir une soirée plateau télé. Tout le monde discute avec tout le monde. Le lieu est discrètement gay-friendly. Je suis, enfin j'étais plutôt, ce qu'on appelle une habituée de ces lieux. J'ai ma table préférée sur la gauche, au coin, dos à la rue, où je posais mes affaires - mon carnet noir et un bouquin et où je pouvais siroter un soft, une bière pression ou encore un de ces nombreux cocktails au nom évocateur comme le baiser : un tiers vodka, un tiers jus de grenadine, un tiers sirop de fraise. Ce genre de cocktail que je commandais de manière taquine à la serveuse à qui je voulais plaire.
L'Illustration, puisque tel est le nom de ce bar, compte certainement parmi les toilettes les plus taguées des troquets de la ville ! Mais cette fois je me suis contentée d'un cola bio, transparent, et très peu sucré. Apparemment cela vient de Normandie, dixit ma collègue quand elle a vu ma story sur Instagram.
Et franchement le décor est plutôt cool et j'adore ces tables et ce mobilier. Si vous prêtez un peu d'attention, à côté du monsieur qui regarde son PC d'un air inspiré, sur sa gauche vous apercevrez mon spot préféré dans ce bar. Celui qui m'a valu de noircir un nombre incalculable de pages.
Le temps de monter les marches qui mènent au théâtre et de prendre les derniers clichés, avant de faire les quelques courses nécessaires à sustenter ma famille demain, c'est à dire aujourd'hui à l'heure où je poste ces lignes.
Caché par la Vieille Bourse, l'Opéra de Lille, sur lequel je reviendrais prochainement.
Ce petit pèlerinage, malgré le temps incertain, était finalement très sympa. A refaire donc. Au moins il m'a permis de faire des réglages sur mon tout nouveau Nikon. Et ça, c'est vraiment l'éclate.
J'ai hâte de mitrailler une nouvelle fois les rues de Berlin, mais aussi de m'attarder sur Bruxelles.
En espérant que je sois en règle d'ici là...

