Pour
la première fois depuis trois mois, j'ai retrouvé le plaisir de
l'écriture. Réécrire est alors jusque là la seule chose que l'on
peut faire quand on est épuisée, aussi bien physiquement que
mentalement.
Un cerveau qui casse. Un corps qui
se cabre pour ne pas tomber.
Le brun out, doublé d'une
dépression. Le combo gagnant.
Je n'ai pas peur de le dire. Je ne
suis pas coupable, pas redevable. C'est cette société malade qui
prend l'être humain comme une simple variable.
J'y reviendrais peut-être à ce
qui m'a amenée là.
Peut-être pas.
Ce soir donc, ou plutôt cette
nuit, pour la première fois je ne suis pas repassée par ce que
j'avais déjà écrit. Polir les phrases. Retirer le gras. Se
satisfaire d'une scène. Apprécier le silence.
Non.
J'ai senti un appel. Cela peut
paraître absurde, mais pas pour ceux qui ont le besoin vital de
raconter des histoires comme moi.
Comprenne qui sait.
Je ne sais pas combien de temps
cela va me prendre, mais sache que je vais raconter ta vie depuis que
tu as pris ce train.
Quelques lignes jetées là, sur
mon bloc note virtuel.
Quelques lignes certes, mais qui ont
le goût d'une grande victoire pour moi.
Cela peut paraître peu mais c'est
un pas énorme.
Je reviens à moi-même.