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mercredi 16 octobre 2024

Tout est bien qui finit bien

Hier soir, nous sommes allées voir un film dans ce cinéma de quartier qui va sans doute devenir mon ciné préféré, l'inverse d'un ce ces multiplexes que j'abhorre car trop désincarné ; le lieu du fast seen avec pop corn industriel et salles trop aseptisées. Certes, on a le choix et désormais la VO sous titrée s'invite régulièrement aux séances, mais ces complexes n'ont aucunement le charme de ces petits cinémas de quartier comme celui que je fréquentais lorsque je vivais encore à Douai. Certes aussi, au Stockel vous n'aurez qu'une seule salle, assez grande c'est vrai, avec de vieux fauteuils carmins dont la couleur est un peu passée mais où l'on s'enfonce avec bonheur tandis que la lumière baisse d'intensité pour faire place aux bandes annonces et aux publicités. Nous avions décidé de regarder un film belge, sous-titré en flamand, qui dépeint de manière originale un fait de société inquiétant et grandissant hélas, amplifié par les réseaux sociaux : le mécanisme du harcèlement en milieu scolaire. Un film choc avec ses  petits défauts certes, mais qui me donnera sans doute l'occasion de revenir justement sur ce phénomène mortifère d'effet de meute incitant les adolescents qui en sont les victimes à y mettre un terme de manière irréversible. Moi-même ayant été le bouc émissaire de toutes une classe l'année de mes quinze ans. Ce sujet me parlait véritablement. 

Mais ce n'est pas le propos de ce billet, non. 

Il faut savoir que passé 21 heures le métro n'est plus accessible entre Stockel et Mérode, ainsi que le tram qui mène jusqu'à l'arrêt du même nom, point de jonction avec notre bonne vieille ligne, la 8, qui nous dépose face à l'appartement. Des bus sont donc à disposition des usagers. Et c'est là que mon histoire prend son envol. 

Oui, je ménage mes effets.

A la montée du bus, je ne remarque rien, un truc orange sur le sol mais je n'y fais pas attention. C'est mon amoureuse qui me signale qu'il s'agit sans doute d'un portefeuille. De fait, en le ramassant, nous nous rendons compte qu'il s'agit d'un porte-cartes où en effet y sont sagement rangées deux cartes de débit et un abonnement STIB, plus une feuille A4 soigneusement pliée en quatre, que je n'ai pas osé déplier. L'abonnement d'un jeune homme de 18 ans. Un étudiant sans doute dont les moyens ne sont pas forcément extensibles. J'imagine le désarroi de comprendre qu'on a tout perdu bêtement en se levant du siège de l'autobus. Malheureusement, aucune carte d'identité qui permettrait d'avoir l'adresse exacte de son propriétaire. Alors nous prenons une photo. Mon amoureuse s'inscrit sur un site de recherche brusseleir afin de signaler que nous avons trouvé l'objet - on ne sait jamais si quelqu'un est à l'affût.  Je le confie aussitôt au chauffeur afin qu'il remette le portes cartes aux objets perdus, parfois jamais retrouvés.  C'est la décision la plus sage, me dis-je dans ma précipitation. Mais ça m'embête. 

Cela m'embête de ne pas pouvoir prévenir le jeune homme que son porte carte est retrouvé. Alors nous cherchons sur les réseaux sociaux : TikTok, Instagram, Facebook. Mais on a l'impression qu'il s'agit d'un fantôme qui n'a aucun lien avec le monde virtuel. Nos maigres résultats ne sont pas probants. Nous continuons cependant à chercher durant le trajet qui nous ramène à Roodebeek. Je pousse le vice et je fais une demande d'ami sur sa page Facabook, c'est lui sur la photo : on le reconnait.  4 amis seulement et aucune activité depuis 2021: pas terrible. Sa page Insta est plus fournie, mais il est de dos : pas sûre que ce soit lui ; peut-être qu'il s'agit d'un homonyme. J'ai  poussé jusqu'à élargir le cercle à des gens portant le même patronyme mais sans les contacter.  Malheureusement, mes tentatives de l'appeler sur Messenger échouent lamentablement car nous ne sommes pas accointés sur le réseau de Mark. Z. 

Bref, je passe les détails qui sont ma foi fort nombreux en l'occurrence et nous nous échouons enfin sur le magnifique canapé deux places bleu pétant que je viens de nouvellement acquérir via ce fameux ami suédois spécialiste des meubles en kit et des boulettes végan. 

Je déprime car j'aurais bien aimé réussir à le contacter mais, comme il y a bien un titre à ce post long comme mon bras sur une anecdote somme toute banale, j'envoie un message via Instagram sur le profil de dos. Mon bras qui n'est pas si long en fait.  Je tente ma chance. Je lance les dés. 

Quelle ne fut  ma surprise quelques minutes plus tard de recevoir un message : des remerciements et une confirmation qu'il a réussi a retrouver le chauffeur détenteur du porte-cartes, tout cela sans passer par la case dépôt de l'objet au service dédié de la STIB. Ce à quoi je lui ai répondu que j'étais très contente pour lui. 

Parce que c'était la vérité :  j'étais vraiment contente qu'il ait récupéré son bien aussi rapidement. 

De fait, j'aimerais que chacun en fasse de même car c'est la moindre des choses de s'aider les uns et les autres.

Tout est bien bien qui finit bien donc !

Comme quoi, les bons samaritains sont en chacun de nous. 

 

jeudi 14 mars 2024

A toi l'inconnue du métro

 Tu étais là, le visage triste. Peut-être étais tu juste fatiguée mais un instant j'ai cru que tu étais sur le point de pleurer. D'instinct, je me suis assise en face de toi puisque j'avais encore quelques arrêts. Tu semblais si vulnérable habillée de ta jupe printanière, les genoux fermés, sans doute pour ne pas prendre trop de place, ni certainement pour qu'un esprit malhonnête ne s'avise de te reluquer - la position des femmes quand elles sont dans l'espace public pour ne pas trop attirer l'attention. Oui, je me suis assise en face de toi, bloquant délibérément le passage de peur qu'un imbécile ne se mette à tes côtés et ne t'adresse des reproches comme cet homme, jeune,  qui l'a fait des semaines auparavant vis-à-vis d'une femme plus âgée parce qu'il la jugeait trop peu vêtue. Comme s'il fallait une validation de qui ce soit pour s'habiller comme bon nous semble quand on est une femme. 

La musique électro se déversait dans mon casque et malgré moi, j'essayais de deviner si tu étais triste ou tout simplement fatiguée, sans trop oser croiser ton regard, ce regard dans lequel j'ai cru pourtant poindre des larmes que tu tentais de contrôler. 

Je n'ai pas osé, pas osé te dire que je te comprenais. Je me suis assise face à toi, inconnue que je ne reverrai sans doute jamais, parce qu'il me semblait que c'était la chose à faire, que j'ai eu cet instinct irrépressible de m'assurer que tu allais bien. Même si je prenais cet air détachée pour ne pas te gêner, je restais tout de même attentive aux expressions qui succédaient sur ton visage. 

Puis nous sommes toutes les deux descendues au même arrêt. Je t'ai vu au loin dans la foule et nos chemins se sont séparés.
J'espère sincèrement que, où que tu te trouves ce soir, tu sois libérée de ce poids qui semblait te comprimer les épaules. 

jeudi 22 février 2024

Finalement, j'arrive... ou pas.

Je pensais laisser mes déboires en transports en commun de côté, depuis que je n'habite plus à Lille avec ses deux pauvres lignes de métro - toujours en panne, et ses deux lignes de tram (je ne compte pas les bus et la navette), c'est sans compter avec ma malchance coutumière tel le chat noir que je suis. La guigne me suit ici aussi à Bruxelles, depuis que j'ai changé de travail. Travail qui m'amène dans le centre ville. 

Ce matin donc, il ne fallait pas compter sur l'intelligence des gens qui, au lieu de descendre du tram, s'aplatissent comme des forcenés contre la rembarde, ne laissant que peu d'options afin de sortir de la rame tandis qu'une horde de zombies, pardon d'autres voyageurs attendent impatiemment de grimper à leur tour sur la ligne 8 - Rodebeek vers Louise. D'ailleurs certains ne connaissent pas la bienséance de laisser d'abord les gens sortir du tramway pour se ruer vers l'escalator, souvent en panne, qui mène dans la bouche de l'enfer... enfin le métro ligne 5. Il paraît que ce n'est pas la plus facile. Pourtant les règles de la civilité entre voyageurs sont bien indiquées, mais il faut croire que partout, comme ailleurs dans toutes les villes, la connerie conditionne la manière de se comporter dans les transports. Bref, je n'épiloguerai pas sur le manque de neurones de mes comparses. Ce n'est pas la première fois et ce ne sera hélas pas la dernière fois : c'est désespérant à force !

Cahin-caha, nous nous échouons mon amoureuse et moi sur les deux sièges libres de cette satanée ligne 5 et le voyage se déroule ma foi sans encombre malgré la foule qui se presse et augmente exponentiellement avant notre correspondance. Un Tetris humain. 

Art-Loi nous nous séparons sur le quai. Tandis qu'elle s'engouffre au dehors, je reprends un nouvel escalator pour prendre cette fois la ligne 6 (ou 2, c'est la même chose en fait) pour me rendre sur mon lieu de travail. 4 arrêts au total. 

J'aurais dû me douter que ce n'était pas normal. 

Pas normal en effet que le métro reste ainsi à quai durant 2 bonnes minutes. Je suis chanceuse, me dis-je en montant quand même. Cela arrive de temps en temps et je ne m'en fais pas plus que ça. J'ai ma musique électro dans les oreilles, la meilleure manière d'entamer ma journée. On entend vaguement un appel dans le microphone de la rame - en fait une conversation des plus banales entre deux techniciens de la STIB. Cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille pourtant.

Les portes se ferment et nous partons...

En effet, nous partons mais en marche arrière, comme c'est cocasse !

Tout cela pour nous arrêter un arrêt plus loin, et pas dans la bonne direction. Tout le monde se taille du métro, comprenant qu'il faut remonter et repartir sur le quai d'en face pour reprendre le métro suivant et nous remettre dans la bonne direction. Cela aurait été pourtant plus simple de nous sommer tout simplement de descendre tous ensemble du métro - qui partait en marche arrière, dois-je le rappeler, et d'attendre le suivant. Ah ah sacrés farceurs messieurs de la STIB. Quelle perte de temps.

Mais ce n'est pas fini. Il faut bien terminer sur une note encore plus ubuesque.

Nous nous déversons donc sur le quai pour reprendre la bonne direction. Nous sommes plutôt nombreux - nous sommes légion. Le signal de fermeture s'enclenche et le monsieur devant moi avec qui j'ai discuté et plaisanté, fait le forcing pour laisser les portes ouvertes. C'est sans compter la charmante dame derrière moi qui me pousse comme si c'était la chose la plus intelligente à faire ! Forcément, cette fois, j'ai piqué une saine colère, je me suis retournée et je lui ai demandé à quoi ça servait de me pousser puisque de toute façons il y a quelqu'un devant moi ? 

Non, mais des fois ? Ça va pas bien dans la tête, les gens ? 

Il y a vraiment des baffes qui se perdent et je suis sérieuse. Les neurones ne sont pas données cette année mais elle sont en solde à -100% : c'est la saison des cons et ce n'est pas prêt de finir.

J'ai quand même pris le bon métro dans la direction adéquate mais en maugréant sur l'attitude des primates habillées en costume cravate ou en tailleur*.

Je suis donc arrivée au travail un quart d'heure plus tard avec une  belle anecdote à raconter à mes collègues.

Franchement, je cherche pas les emmerdes mais ce sont les emmerdes qui me trouvent. 

N.B. J'aurais pu tout aussi bien raconter l'histoire d'"à la recherche du scotch perdu" d'hier qui nous a valu hier un bon gros fou rire des familles avec ma collègue A. Peut-être une autre fois qui sait ? N'empêche que je vais finir par monter un spectacle de standup avec toutes les tuiles qui me tombent sur la gueule. Les tuiles ou plutôt la toiture complète.


* des fois on a juste envie de dire aux gens "d'aller se faire cuire le cul" (j'avais juste envie de placer cette expression très imagée)



lundi 30 janvier 2023

La tête de l'emploi

Il faut croire que j'ai la tête de l'emploi. Une bonne tête bien sympathique qui ne peut jamais refuser quoi que ce soit, en l'occurrence donner une pièce. Cela m'arrive encore certes, de donner un euro, mais je le fais de moins en moins. Non pas par pure je m'en-foutisme de ma part, mais  c'est juste que j'en ai marre.

Marre d'être la cible privilégiée de tous ceux qui me demandent un peu d'argent sous prétexte que j'ai une bonne tête. Et c'est vrai que je suis plutôt quelqu'un de bienveillant. A croire qu'ils se refilent tous les bons tuyaux, les bonnes pommes telles que moi.

Oui mais voilà, depuis quelques années cela ne devient pas systématique. J'ai beau avoir le coeur sur la main, mon portefeuille lui n'est pas extensible. Et encore, à proprement parler ce n'est pas vraiment une question d'argent. Mais se faire solliciter de la sorte quasiment tous les jours au moins dix fois par jour ça fatigue. 

Je sais bien que ce n'est pas marrant mais à un moment je soupçonne ces "quêteurs" de choisir leurs "clients". Ainsi, ce weekend à Lille je ne compte plus les types qui se sont postés, voire incrustés trente secondes de plus en attendant je ne sais quoi comme si j'allais leur céder quoi que ce soit. Et je repense à ce type qui fumait dans la rame de métro, espace clos s'il en et qui insistait lourdement alors que je lui avais refusé poliment, tout en me balançant la fumée de sa clope dans la tronche. 

J'avoue : je vais finir par péter un plomb. Vous pouvez prendre dix pékins lambdas dans la rue ou sur un transport, devinez sur qui ça va tomber : sur moi bien sûr. J'ai le souvenir particulier d'un soir où j'étais chargée comme un baudet les deux mains prises alors que sur la place du serpent il y avait bien une demi-douzaine de gens tout autour de moi : BAM, c'est à moi qu'on a demandé de l'argent. Pour le coup je me suis énervée en demandant pourquoi il m'avait choisi moi, qui était pressée - vraiment, je courrais presque, et chargée surtout, et pourquoi pas les autres autour de moi ?

Si j'en parle ce soir, c'est que j'éprouve une certaine lassitude d'être celle qu'on harcèle pour ce genre de choses. Oui, le mot est fort et non comparable à ce que des jeunes filles ou femmes subissent avec des remarques graveleuses ou des insultes - j'en ai conscience. Mais quand quelqu'un vous pose trois fois la même question alors que vous faites mine de ne pas relever... j'apparente cela à une certaine forme de harcèlement, plus insidieux, moins grave ou méchant mais cela finit quand même par éprouver vos nerfs et votre capacité à ne pas gueuler une bonne fois pour toutes.

Ce soir donc, pour la énième fois, le type en face de moi n'a pas compris que je ne voulais pas répondre au fait que ma casquette était chouette ou mon écharpe blanche à cause du COVID (ce qui est faux puisque mon écharpe est grise) pour fatalement me demander si j'avais un euro à lui filer - comprendre me taxer avec ma bonne tête de l'emploi. Parce que j'ai beau être sur mon smartphone à essayer de passer le temps en attendant d'arriver à destination, rien n'y fait : c'est moi qu'on interpelle. Je devrais faire la gueule comme tout le monde ou adopter un visage aussi fermé qu'une porte de prison.

Notez que même avec mon casque sur les oreilles, la musique électro pulsant bien fort, on vient quand même vers moi pour me demander une petite pièce. A force d'être sollicitée, j'ai de moins en moins envie de donner. C'est con mais c'est comme ça. 



mardi 27 décembre 2022

Bus et tram : pas d'amalgame*

Cela faisait bien un moment que je n'avais pas narré mes nouvelles aventures dans les transports en commun, ce microcosme de la société, d'autant que depuis que j'occupe ce nouveau boulot - à vingt minutes à peine à pieds de mon chez moi, je n'ai pas souvent l'occasion d'aller en ville. Les seules occasions sont quand je rejoins mon amoureuse au cinéma - elle, les places ; moi le pop corn et toutes les sucreries inimaginables, ou bien encore quand je prends mon sac pour passer le week-end chez elle.

Bref, je n'ai donc pas souvent l'occasion de traîner du côté de la porte de Namur, là où se trouve le centre névralgique de la guerre commerciale que se livrent toutes les échoppes plus ou moins bon marché. Accessoirement, là où se trouve également mon nouvel opérateur téléphonique / Télé / internet : je ne suis pas encore domiciliée "bancairement" parlant, mais ça arrive bientôt. Vive les multiples démarches administratives. 

Je n'ai pas coutume de narrer mes observations dans le bus ou le tram, mais ce soir-là il y a eu une accumulation de scènes cocasses.

Plantons le décor : je cours donc porte de Namur afin de trouver le cadeau de Noël pour mon amoureuse. J'ai déjà ma petite idée. Subrepticement, j'avais photographié ce qui semblait l'intéresser particulièrement il y a deux semaines à la Fnac, pour ne pas la nommer. Ma douce étant partie en vacances dans sa famille, je me disais que cette semaine serait idéale avant que son avion n'atterrisse et que nous passions le cap de l'année ensemble. 

Manque de pot, mauvaise pioche : le cadeau que je convoitais n'étais plus disponible. Pour la petite histoire je l'ai trouvé dans une  boutique dans la galerie marchande. Ouf. Pas de catastrophe en vue, pour cette fois !

Prendre le  71 est une épreuve des plus intenses surtout à 19h. Je pense que ce bus doit être le plus rempli de la capitale. C'est donc fichu pour le respect des distances sociales. Le petit jeune homme me laisse s'asseoir à mes côtés : ça tombe bien, nous descendons tous les deux à Buyl. 

Tout d'abord, ce sont les cris du bébé qui strident nos tympans. Ce n'est pas grave. C'est certes désagréable mais nous avons tous criés de cette façon quand nous étions petits, dis-je aux deux enfants qui se moquent gentiment du nourrisson, soulignant les propos de leur mère trente secondes plus tôt. Tout cela dans une bonne humeur enfantine, oserais-je. 

Puis mère et enfants se glissent sur les fauteuils derrière moi et je ne peux m'empêcher d'intervenir dans leurs jeux : trouver un nom d'animal qui commence par... alors je me lance dans EL (éphant) avec un sourire complice. 

Arrivés à Flagey, un drame se noue : la jeune fille qui vient juste de descendre tape de nouveau à la porte du chauffeur pour grimper dans le bus et ce n'était pas prévu. Hélas, elle vient de se rendre compte qu'on lui a dérobé son portable. C'est la deuxième fois. Elle tente d'appeler son numéro, grâce à un smartphone que quelqu'un lui a gentiment prêté, mais rien n'y fait. Certains passagers essaient de l'aider comme ils peuvent en leur suggérant des solutions. Puis le chauffeur intervient et lance un appel à la centrale pour résumer ce qu'il vient de se passer, au cas ou l'objet soit juste perdu. Enfin c'est ce que je devine car je ne parle pas, encore, néerlandais. 

Je sais que ce n'est pas drôle ce genre de mésaventure, qu'il m'est arrivé la même chose mais avec plus de violence. J'en ai déjà parlé ici. C'est surtout tout ce qu'il y a dedans que l'on perd, bien plus qu'un téléphone, aussi élégant ou dernier cri soit-il.

Au moment de sortir à Buyl, ma correspondance pour le tram 8, je n'ai pas pu m'empêcher de rebondir sur le jeu des enfants, celui de toute à l'heure, où j'entends distinctement le garçon demander à sa sœur un nom d'animal commençant par M. Alors je balance mon prénom, qui commence par M. justement.  

Je crois que je les ai bien fait rire. 

Mais ce n'est pas tout. En tentant de trouver une place assise dans le tram, le monsieur devant moi avec ses grandes jambes se fait tout petit pour que je puisse me glisser moi aussi dans le siège d'en face, tout en déposant mes sachets pour les caler. Son attitude très polie me donne le sourire, alors je lui répond par mimétisme "que ce n'est pas grave, que le tout c'est de s'adapter" : lui avec ses grandes jambes, moi avec mes paquets. 

Le bémol de ce trajet animée s'il en fut : cette mère et son fils qui n'arrêtaient pas de regarder derrière moi comme s'ils se moquaient de la personne sur la banquette - ou de moi, qui sait ? Je ne saurais affirmer ou infirmer car ils parlaient en russe.

C'est cela aussi, prendre les transports : regarder, observer, sourire, partager des instants de fous rires ou de conversations.

Rien à voir avec les mésaventures avec Bla Bla Car de vendredi dernier en tout les cas !



* On dirait un slogan pour la STIB. Ce titre ne veut rien mais je trouvais que ça sonnait bien. 

vendredi 18 novembre 2022

Comme dans une comédie romantique...

En fait, le titre est trompeur et indique tout le contraire.

La vie, ce n'est pas comme dans un de ces innombrables téléfilms de noël dégoulinants de bons sentiments jusqu'à l'écoeurement. Non, moi dès que j'ai une idée un peu romantique, ce n'est certainement pas cette perfection que l'on voit dans ces romances à l'eau de rose. On est chez l'intrépide pas dans Love Actually, même si j'adore ce film. 

Mettons du contexte pour comprendre la chose et souligner mon côté Gaston Lagaffe.

Mon amoureuse étant partie pour une semaine au loin pour son travail, le temps me semblait long. Très long. Même si les moyens de communication permettent de garder ce lien. Comme on dit, un seul être vous manque... Son avion atterrissant en fin d'après-midi, j'ai eu l'idée de la surprendre et de l'attendre dans le hall de l'aéroport.

Dans l'absolu c'était une très belle idée. Le film parfait, moi une rose entre les dents ; elle, sous le coup de l'émotion en voyant que je suis là.  Mais je m'emballe.

A chaque fois pourtant c'est imparable : la surprise que je pense parfaite dans ma tête prend un coup dans l'aile, sans mauvais jeux de mots. Sans doute la loi de Murphy ; celle où étrangement il pleut juste au moment où l'on sort. Techniquement, j'étais dans les temps. Son avion avait pris du retard et j'étais pile à l'heure selon mon planning pensé dans les moindres détails. 

Sauf que...

Au lieu de prendre le bon bus, je me suis plantée, une nouvelle fois. Entendons-nous bien, le bus était le bon - je m'en étais assurée. Mais pas dans le sens qui convenait, hélas. En effet : au lieu de m'amener vers l'aéroport je faisais demi-tour. Je revenais à mon point de départ donc. C'est ballot ça ! Si je ne suis pas la reine des truffes, je m'approche dangereusement du titre.

Maladroite un jour : maladroite toujours.

Bref, il fallait que je rattrape ma boulette.

Mais les dieux ne l'entendent pas de cette oreille. Ce saligaud d'Eros faisait la grève en me laissant me démener et courir comme si je m'apprêtais à faire le marathon de New York. 

Loi de Murphy bis : quand on tente de reprendre la correspondance, les portes se referment sous votre nez et vous êtes bons pour prendre le prochain, prévu dans quatre minutes. Ce qui normalement devrait le faire.

Oui, mais c'est que vous ne connaissez pas les aléas des transports en commun à Bruxelles et les joies du trafic de 17 heures 30, un vendredi soir. Tout le monde se barre.

Bref, je vais faire la faire courte : le bus suivant jouait avec nos nerfs en affichant une attente complètement anarchique. Et ça n'en finit pas d'afficher une minute, puis trois, puis deux, une et de nouveau trois, et ainsi de suite. Il était bloqué dans les bouchons ou coincé dans la quatrième dimension : nul ne le saura jamais ! Le temps défile et mon coeur fait la samba dans la poitrine à force de s'énerver, de tempêter.

Comme je ne suis pas folle - enfin, un petit peu quand même,  j'ai tenté par tous les moyens de prévenir ma dulcinée que j'étais en route et qu'il fallait qu'elle ne bouge pas. Je sais : point de surprise au bout du compte. Mais la dernière fois que j'ai sauté dans mes baskets pour la chercher en gare de Bruxelles Nord, j'ai loupé le coche : la surprise étant totale, on s'est ratées, de peu. Ce qui m'a valu par la suite un drôle de voyage retour dans le fameux tram 25 de la mort, celui que tu évites tard le soir,  à côté d'un type qui clairement  n'avait pas la lumière à tous les étages et avec qui je me suis crue dans street fighter. Le genre d'abruti qui s'en prend à tout le monde. Peut-être l'objet d'un autre billet. Parce que c'était plutôt cocasse avec le recul. Je suis petite mais je sais ouvrir ma gueule.

Donc, point de surprise c'est vrai. 

N'empêche que le geste n'en était pas moins romantique. La suite je la garde pour moi, comme un souvenir dans ma boîte à bonbons. 

Hey, vous les scénaristes ! Oui, vous : prenez en de la graine et mettez en scène un truc enfin réaliste !


lundi 25 avril 2022

Typologie des usagers dans les transports en commun

Cette note tourne dans ma tête depuis plusieurs jours, puisque désormais je suis amenée à prendre les transports à raison d'au moins trois fois par semaine depuis que le présentiel est redevenu la norme presque courante. 

Je pense qu'observer la façon dont les usagers se comportent dans le métro est un bon aperçu de ce qu'ils sont dans la vie de tous les jours. 

Je m'explique :

Il y a ceux qui n'attendent pas que tout le monde soit descendu de la rame pour forcer le passage afin de trouver une place assise si possible. J'appelle ça les égoïstes forcenés. Comme cette brave dame avec son caddie qui voyait bien que j'avais une valise - donc en partance certainement, mais qui m'a coupé la priorité juste pour pouvoir asseoir son fessier sur les chaises inconfortables du métro. Et sachez que durant les vacances le temps d'attente entre les rames est plus long... On peut y mettre dans le même panier ceux qui, une fois qu'ils ont grimpé dedans, ne se bougent pas tandis que les usagers derrière tentent de se faufiler alors qu'il y a beaucoup de place. Ce sont les même qui vont vous claquer la porte au nez ; qui vont klaxonner parce que vous n'allez pas assez vite. Les Moi Je, moi je. 

Insupportable comportement de plus en plus répandu. 

Les autres ne sont pas tous comme ça. Parfois c'est juste de la distraction, ça se voit. Ils rougissent et s'excusent quand  ils se rendent compte de leur bévue. J'en ai été la spectatrice neutre pas plus tard que la semaine dernière.

Puis il y a ceux qui ne connaissent pas la géographie de leur visage, ne sachant pas situer exactement leur nez. La façon de porter leur masque est laissé au gré de leur envie, quand ils ne l'oublient tout simplement pas dans leur poche. Oui car, nous, pauvres disciplinés, nous continuons à porter ce bout de tissu disgracieux.

Notons également le nombre de voyageurs collés le nez sur l'écran de leur smartphone comme s'ils allaient perdre l'information ultime s'ils décollaient leur rétine de là. Personne ne se parle d'ailleurs sauf si l'on tombe sur un collègue de manière fortuite. Heureusement, le nombre de lecteurs  semble augmenter. Cela me comble de félicité, pour l'ancienne libraire telle que moi. 

Mais les gens  se parlent très peu au final, sauf au moment des grèves où tout le monde est dans la même galère parce que les rames passent au compte goutte, quand elles ne passent pas à vide, comme pour nous narguer. 

Et enfin, il y a les autres, tels que moi, qui restent le casque blutooth vissé sur les oreilles dès le matin, pour donner le La, le ton de la journée, et qui observent les autres usagers des transports en commun.


mercredi 28 juillet 2021

Les transports sont d'un commun

Cet après-midi, j'ai fait un bref aller-retour à l'Hôtel de Ville de Villeneuve d'Ascq pour déposer, cette fois, un dossier pour un passeport. Oui, je sais, il n'est jamais trop tard pour avoir une telle pièce d'identité surtout quand ça fait vingt-cinq ans qu'on est naturalisée. Parfois, je ne suis pas une fille très rapide sur certains points^^

Mais il ne s'agit pas cette fois de  narrer mes nouveaux exploits administratifs. Un passeport diantre : comme si j'allais faire le tour du monde d'ici une semaine. Plutôt à la Saint Glin Glin oui.

J. si tu passes par là, et je sais que tu le feras, je m'en vais te raconter mon envie de trucider quelques un de mes congénères qu'on nomme les humains, ces bipèdes trop fiers de l'être, les cons. Je te rassure, ce n'est qu'en pensée même si l'envie me démange car je n'ai pas particulièrement envie de passer ce qu'il me reste de vie derrière les barreaux. A moins que tu me ramènes des oranges ;)

Si je déteste prendre le métro, c'est qu'il y a toute une faune qui gravite dans les rames. Le matin ça passe encore. Les habitués, les forçats mal réveillés qui petit-déjeunent dans le métro ;  ceux qui lisent les journaux gratuits ; qui finissent leurs nuits en somnolant sur l'épaule du voisin ou qui, comme moi, préfèrent se retrancher derrière un mur sonore - comprendre casque bluetooth vissé sur le crâne. Le soir c'est à peu près la même tambouille,  sauf peut-être un peu plus de gens qui reviennent des courses.

L'après-midi, comment dire.... 

C'est là qu'on entre de plain-pied dans la quatrième dimension avec tous ses corollaires.

Déjà, question distanciation sociale, ce n'est pas ça. Le 1 mètre est réduit à la portion congrue, c'est-à-dire plutôt 10 centimètres, et encore je suis gentille. Le pire en vérité, c'est ce type qui garde son masque sur le menton tandis que nous, pauvres couillons disciplinés, nous le mettons correctement. Bref ce type s'assoit à côté de moi, sur la banquette, et écluse consciencieusement sa 8.6 tout en voulant me parler. Je ne sais pas si tu connais cette bière, J. mais ici on la vend  dans les petits épiciers arabes pour moins d'un euro.  Heureusement, Les Chemical Brothers sont une meilleure compagnie et une barrière anti-con assez efficace. 

Le retour ne fut pas mieux avec cette bande de jeunes morpions qui s'amusaient à descendre de la rame pour courir vers l'autre porte, au risque de nous bloquer le métro. Eux aussi ne connaissaient pas l'usage du masque dans les lieux clos.

Je préfère pour ma part, les transports amoureux (oui elle était facile celle-là) ou les transports musicaux comme ce morceau qui m'a accompagné sur mon trajet, J. 



PS : Je connais Manimal bien sûr ! Avec le recul, les effets spéciaux étaient cheap - trois ou quatre pauvres transformations, pour un métamorphe : peut mieux faire. Je n'ai jamais accroché à K. 2000 et Supercopter. Par contre je valide l'île Fantastique. 

PS 2 : je vois que tu cites Murakami. Je ne saurais trop te conseiller 1Q84 du même auteur. Une dystopie. Dommage qu'on habite pas la même ville : je te l'aurais prêté bien volontiers. 3 tomes, si tu te sens d'attaque :p




vendredi 17 mai 2019

Métro, heure de pointe

Comme tous les jours, ce spectacle ne cesse de m'amuser, m'interloquer, m'interroger sur la nature humaine.

Parfois, j'aimerai être une petite souris dotée d'un mini appareil photo pour figer l'instant, cet instant que tout le monde connaît et constate sans y faire quoi que ce soit, moi y compris. Je reste dans le rôle de témoin, et cependant, actrice de ses propres défauts ; de sa schizophrénie.

J'en avait fait la même constatation amusée lorsque je prenais le train pour me rendre sur mon lieu de travail - 6 ans. Mais ce constat était atténué car les gens se parlaient un tant soit peu, communiquant entre eux un minimum sans vouloir sortir à tout bout de champs ce qui est semble être le prolongement naturel de l'humain du 21ème siècle : j'ai nommé le Smartphone, qui est tout sauf un outil de communication mais en vérité une façon de se replier sur soi même et de contempler son nombril. Je le répète une fois de plus : je ne suis pas moi même à l'abri de ces errements. 

Toujours est-il qu'il est curieux de comptabiliser le nombre de personnes qui, dans une rame, sont hypnotisés par leur écran, à tapoter frénétiquement, qui sur un jeu - le 2048 par exemple dont je fus très friande, ou consulter mails, textos et  notifications. Certains, moins nombreux, comme moi  mettent  à jour leurs publications Instagram ou écoutent tout simplement de la musique... quand la carte SD veut bien se donner la peine de me livrer la playlist. Le jeu est amusant. A tous les coups on gagne : il suffit de relever la tête et de dresser en portrait le nombre de participants à ce nouveau jeu qui consiste en "ne parle pas à ton voisin". Parfois, le jeu se retrouve ailleurs, au travail, quand trois collègues se parlent à peine, chacun consultant son écran.

Heureusement, il y a encore certains réfractaires, Astérix des temps modernes, qui plongent leur nez dans leur bouquin.


Tiens, ça me fait penser que je n'ai pas lu grand chose récemment à part un manga...

mardi 10 avril 2018

Le hasard fait bien les choses

On dit souvent que le hasard fait bien les choses. Je pense que cet adage, comme tous les dictons issus de la sagesse populaire, se vérifie, une fois de plus dans cette petite histoire que je vais vous narrer.

Aussi, parlons des rencontres fortuites qui se transforment en amitiés durables, pérennes.

Prenez par exemple celle qui est devenue ma meilleure amie. M. , photographe de talent, sculpteur émérite, dessinatrice, douée de poésie surréaliste à introduire dans le réel.  J'ai entendu quelques textes qu'elle m'a lu et elle a bien une jolie plume. 

C'est elle qui, au détour d'une de nos conversations m'a rafraîchi la mémoire sur le pourquoi du comment. Pourquoi est t-on devenue amies ? Comment tout cela a commencé ? La couleur orange en a été l'élément déterminant, perturbateur. Orange is always the new Black tandis que je divaguais dans mes discussions enflammées lors de mes trajets en train, cycliste forcenée par volonté de ne pas vouloir passer le permis. 

Toujours pas d'actualité d'ailleurs. 

Je prenais donc le train tous les jours. Je n'avais pas encore changé de voie pour la 9 3/4 et je continuais mon petit bonhomme de chemin jusque Saint Amand. Je remarquais bien les sourires récurrents et communicatifs de cette demoiselle. Un sourire franc et solaire sous ses lunettes d'aviateur. Les gens qui me sourient comme ça, moi j'ai tendance à m'approcher. Comme le renard dans le Petit Prince, c'est de cette façon qu'on m'apprivoise. Car sous mes dehors de hérissons, l'un de mes nombreux surnoms, je suis quelqu'un de tendre au fond et finalement plus sociable que ma timidité parfois insurmontable. Tiens il va falloir que je vous raconte un peu l'histoire de Sébastien le Hérisson un de ces jours. Envoyez moi une note si jamais je radote. 

J'engageais donc la conversation ce jour là. Nous fîmes la route de retour, perchées sur nos vélos - puisque nous habitions non loin de l'une et l'autre. Puis le soir suivant, et tous les autres, nous découvrant des affinités. Notre amitié devint évidente au fil des conversations, de nos humeurs et de celles du temps.

Vous voyez que le hasard fait bien les choses.

Mais le pourquoi du comment, je ne m'en souvenais plus. Elle me souffla le fin de mot de l'histoire en me déclarant que, ce jour là, ce fameux jour, je narrais mes exploits culinaires en expliquant ma recette de soupe de lentilles corail que j'avais préparé la veille au soir.

Vous voyez à quoi ça tient une histoire d'amitié ?!

Je laisse désormais le hasard faire les choses car, quand il s'y met, il peut s'en produire des étincelles... 

Et vous, quelle est votre plus beau hasard de la vie ?


mardi 21 février 2017

Chasse aux cyclistes ouverte




Bilan de ces dernières semaines :
2 queues de poisson dont une assez méchante sur un couloir de bus par un immatriculé 75 qui pile juste en face de moi. Pour le coup, je pile aussi méchamment pour éviter la collision inévitable : vélo contre pare-choc de grosse cylindrée : le match est inégal. Tout cela pour que le chauffard chauffeur puisse récupérer une femme qui fait les cent pas sur le trottoir. C’eut été trop lui demander d’attendre que je passe le feu vert pourtant si proche – zone hors de danger pour moi. Pensez : attendre 15 secondes ! Notons au passage, que les couloirs de bus sont devenues, in fine, des zones de non droit ici comme ailleurs.

Le lendemain, on prend les mêmes (ou presque) et on recommence (ou presque) puisque cette fois mon chauffeur me double brutalement au virage, tout cela pour piler face à deux piétons qui traversent tranquillement, tandis que j’avais bien annoncé ma volonté de tourner à droite. Dieu merci, les réflexes sont là, ainsi que les freins. Ne jamais lésiner sur la qualité des freins.

2 portières qui s’ouvrent brutalement au moment où j’arrive à hauteur sur la piste cyclable – réflexes de survie : je donne un coup sur le guidon pour éviter la collision fatale, malgré mon casque. Aucune excuse attendue ; aucune excuse reçue, bien entendu. On me lance  un regard du style « qu’est-ce que je fous là ? ».  Pourtant je suis bel et bien sur cette maudite piste dédiée aux vélos (ou pas…).

Sans compter le nombre incalculables de piétons qui :

-          Traversent sans regarder comme si la rue était une gigantesque zone piétonnière, y compris, et surtout quand le petit bonhomme est rouge. On n’est pas à Berlin, ni à Amsterdam ; c’est sûr !

-          Traversent en regardant constamment leur smartphone, cette plaie des temps modernes. La vie réelle est devenue virtuelle. Ils en oublient que le choc peut être fatal.

-          Traversent de manière aléatoire, en zigzag ou en diagonale : c’est bien plus marrant ! Bien plus déconcertant pour analyser la trajectoire.

-          Qui fait exprès de traverser quand le vélo arrive à vivre allure – les pervers du quotidien qui s’ennuient tellement qu’ils s’amusent à mettre en danger leur propre vie, mais aussi  celle des autres.

N’oublions pas non plus les bagnoles garées sur les pistes vélos et jure par  « j’en ai pour 2 minutes ». Ceux qui vous grillent la priorité sous prétexte que vous êtes sur deux roues, ou qui vous frôlent à 10 centimètres en pensant qu’elles ont largement le temps tandis que la voiture de face ne semble pas vouloir céder du terrain.

Note finale, nos amis de la maréchaussée vous font la morale pendant les vacances de Noël – rues désertes, pas un chien, un chat, nada, wallou en vous prêtant des intentions à la « Minority Report » : parce que oui, vous dépassez les voitures à l’angle Sébastopol puis attendez que le feu soit vert pour démarrer au quart de tour tandis que les quelques conducteurs derrière vous ont peu de patience. Alors OUI AUSSI, vous grillez le feu à droite, parce que, bien que vous indiquiez votre intention du bras pour tourner, la voiture à côté vous serre contre la bordure du trottoir comme s’il avait le feu au cul, ou le diable aux trousses. Alors NON, TANT PIS, vous n’attendez plus le feu vert pour déboîter. Il en va de votre sécurité et vous n’avez aucunement envie de tester les rebords du trottoir.

Bref, voilà la recette idéale du cycliste en milieu urbain, jungle de bitume et d’asphalte. Et, n’en déplaise à Martine Aubry, Lille n’est certainement pas une ville de vélo. D’ailleurs, pourquoi on ne fait pas plus appel aux cyclistes du quotidien pour conseiller sur des trajets, hein ?

Sans compter la pollution des pots d’échappement… Par exemple, le bus qui démarre et vous envoie des particules pas élémentaires.

Je râle certes. Il y a bien sûr des automobilistes au civisme poli qui vous remercient ou qui vous cèdent la priorité ; des piétons qui vous sourient lorsque vous freinez pour les laisser passer – freins qui crissent. Mais je défie le citoyen lambda d’enfourcher un cycle durant un mois, voire deux pour comprendre ce qu’est d’être entre le marteau et l’enclume : trop lent pour les 4 roues ; trop rapide pour les bipèdes. Ni piétons, ni automobilistes, nous sommes les « bâtards de la route », un être hybride entre centaure et tortue ninja fluo casquée.

Merci donc à ce monsieur ce matin-là qui a ouvert la portière de manière barbare, en me regardant comme si j’étais la fautive. Sans compter la charmante dame qui sort du parking du supermarché en m’assénant un « la route c’est la route », m’obligeant à me faire toute petite sur ma pauvre piste peinturlurée.

A croire que le nouveau plan de circulation rend les gens dingues… Et qu'on a décidé que la chasse aux cyclistes était ouverte !

Ci-dessous une petite vidéo ma foi révélatrices des us et coutumes. Nous ne sommes décidément pas chez nos amis bataves et teutons.


Et dire aussi qu’à la base je voulais vous parler de notre nouveau pensionnaire. Une petite furie, une vraie pile électrique dont le nom est celui d’un héros de comic book : saurez-vous le retrouver ?