mercredi 16 octobre 2024
Tout est bien qui finit bien
jeudi 14 mars 2024
A toi l'inconnue du métro
Tu étais là, le visage triste. Peut-être étais tu juste fatiguée mais un instant j'ai cru que tu étais sur le point de pleurer. D'instinct, je me suis assise en face de toi puisque j'avais encore quelques arrêts. Tu semblais si vulnérable habillée de ta jupe printanière, les genoux fermés, sans doute pour ne pas prendre trop de place, ni certainement pour qu'un esprit malhonnête ne s'avise de te reluquer - la position des femmes quand elles sont dans l'espace public pour ne pas trop attirer l'attention. Oui, je me suis assise en face de toi, bloquant délibérément le passage de peur qu'un imbécile ne se mette à tes côtés et ne t'adresse des reproches comme cet homme, jeune, qui l'a fait des semaines auparavant vis-à-vis d'une femme plus âgée parce qu'il la jugeait trop peu vêtue. Comme s'il fallait une validation de qui ce soit pour s'habiller comme bon nous semble quand on est une femme.
La musique électro se déversait dans mon casque et malgré moi, j'essayais de deviner si tu étais triste ou tout simplement fatiguée, sans trop oser croiser ton regard, ce regard dans lequel j'ai cru pourtant poindre des larmes que tu tentais de contrôler.
Je n'ai pas osé, pas osé te dire que je te comprenais. Je me suis assise face à toi, inconnue que je ne reverrai sans doute jamais, parce qu'il me semblait que c'était la chose à faire, que j'ai eu cet instinct irrépressible de m'assurer que tu allais bien. Même si je prenais cet air détachée pour ne pas te gêner, je restais tout de même attentive aux expressions qui succédaient sur ton visage.
Puis nous sommes toutes les deux descendues au même arrêt. Je t'ai vu au loin dans la foule et nos chemins se sont séparés.
J'espère sincèrement que, où que tu te trouves ce soir, tu sois libérée de ce poids qui semblait te comprimer les épaules.
jeudi 22 février 2024
Finalement, j'arrive... ou pas.
Je pensais laisser mes
déboires en transports en commun de côté, depuis que je n'habite
plus à Lille avec ses deux pauvres lignes de métro - toujours en
panne, et ses deux lignes de tram (je ne compte pas les bus et la
navette), c'est sans compter avec ma malchance coutumière tel le
chat noir que je suis. La guigne me suit ici aussi à Bruxelles,
depuis que j'ai changé de travail. Travail qui m'amène dans le
centre ville.
Ce matin donc, il ne
fallait pas compter sur l'intelligence des gens qui, au lieu de
descendre du tram, s'aplatissent comme des forcenés contre la
rembarde, ne laissant que peu d'options afin de sortir de la rame
tandis qu'une horde de zombies, pardon d'autres voyageurs attendent
impatiemment de grimper à leur tour sur la ligne 8 - Rodebeek vers
Louise. D'ailleurs certains ne connaissent pas la bienséance de
laisser d'abord les gens sortir du tramway pour se ruer vers
l'escalator, souvent en panne, qui mène dans la bouche de l'enfer...
enfin le métro ligne 5. Il paraît que ce n'est pas la plus facile.
Pourtant les règles de la civilité entre voyageurs sont bien
indiquées, mais il faut croire que partout, comme ailleurs dans
toutes les villes, la connerie conditionne la manière de se
comporter dans les transports. Bref, je n'épiloguerai pas sur le
manque de neurones de mes comparses. Ce n'est pas la première fois
et ce ne sera hélas pas la dernière fois : c'est désespérant à
force !
Cahin-caha, nous nous
échouons mon amoureuse et moi sur les deux sièges libres de cette
satanée ligne 5 et le voyage se déroule ma foi sans encombre malgré
la foule qui se presse et augmente exponentiellement avant notre
correspondance. Un Tetris humain.
Art-Loi nous nous
séparons sur le quai. Tandis qu'elle s'engouffre au dehors, je
reprends un nouvel escalator pour prendre cette fois la ligne 6 (ou
2, c'est la même chose en fait) pour me rendre sur mon lieu de
travail. 4 arrêts au total.
J'aurais dû me douter
que ce n'était pas normal.
Pas normal en effet que
le métro reste ainsi à quai durant 2 bonnes minutes. Je suis
chanceuse, me dis-je en montant quand même. Cela arrive de temps en
temps et je ne m'en fais pas plus que ça. J'ai ma musique électro
dans les oreilles, la meilleure manière d'entamer ma journée. On
entend vaguement un appel dans le microphone de la rame - en fait une
conversation des plus banales entre deux techniciens de la STIB. Cela
aurait dû nous mettre la puce à l'oreille pourtant.
Les portes se ferment et
nous partons...
En effet, nous partons
mais en marche arrière, comme c'est cocasse !
Tout cela pour nous
arrêter un arrêt plus loin, et pas dans la bonne direction. Tout le
monde se taille du métro, comprenant qu'il faut remonter et repartir
sur le quai d'en face pour reprendre le métro suivant et nous
remettre dans la bonne direction. Cela aurait été pourtant plus
simple de nous sommer tout simplement de descendre tous ensemble du
métro - qui partait en marche arrière, dois-je le rappeler, et
d'attendre le suivant. Ah ah sacrés farceurs messieurs de la STIB.
Quelle perte de temps.
Mais ce n'est pas fini.
Il faut bien terminer sur une note encore plus ubuesque.
Nous nous déversons donc
sur le quai pour reprendre la bonne direction. Nous sommes plutôt
nombreux - nous sommes légion. Le signal de fermeture s'enclenche et
le monsieur devant moi avec qui j'ai discuté et plaisanté, fait le
forcing pour laisser les portes ouvertes. C'est sans compter la
charmante dame derrière moi qui me pousse comme si c'était la chose
la plus intelligente à faire ! Forcément, cette fois, j'ai piqué
une saine colère, je me suis retournée et je lui ai demandé à
quoi ça servait de me pousser puisque de toute façons il y a
quelqu'un devant moi ?
Non, mais des fois
? Ça va pas bien dans la tête, les gens ?
Il y a vraiment des
baffes qui se perdent et je suis sérieuse. Les neurones ne sont pas
données cette année mais elle sont en solde à -100% : c'est la
saison des cons et ce n'est pas prêt de finir.
J'ai quand même pris le
bon métro dans la direction adéquate mais en maugréant sur
l'attitude des primates habillées en costume cravate ou en
tailleur*.
Je suis donc arrivée au
travail un quart d'heure plus tard avec une belle anecdote à
raconter à mes collègues.
Franchement, je cherche
pas les emmerdes mais ce sont les emmerdes qui me trouvent.
N.B. J'aurais pu tout
aussi bien raconter l'histoire d'"à la recherche du scotch
perdu" d'hier qui nous a valu hier un bon gros fou rire des
familles avec ma collègue A. Peut-être une autre fois qui sait ?
N'empêche que je vais finir par monter un spectacle de standup avec
toutes les tuiles qui me tombent sur la gueule. Les tuiles ou plutôt
la toiture complète.
Je pensais laisser mes déboires en transports en commun de côté, depuis que je n'habite plus à Lille avec ses deux pauvres lignes de métro - toujours en panne, et ses deux lignes de tram (je ne compte pas les bus et la navette), c'est sans compter avec ma malchance coutumière tel le chat noir que je suis. La guigne me suit ici aussi à Bruxelles, depuis que j'ai changé de travail. Travail qui m'amène dans le centre ville.
Ce matin donc, il ne fallait pas compter sur l'intelligence des gens qui, au lieu de descendre du tram, s'aplatissent comme des forcenés contre la rembarde, ne laissant que peu d'options afin de sortir de la rame tandis qu'une horde de zombies, pardon d'autres voyageurs attendent impatiemment de grimper à leur tour sur la ligne 8 - Rodebeek vers Louise. D'ailleurs certains ne connaissent pas la bienséance de laisser d'abord les gens sortir du tramway pour se ruer vers l'escalator, souvent en panne, qui mène dans la bouche de l'enfer... enfin le métro ligne 5. Il paraît que ce n'est pas la plus facile. Pourtant les règles de la civilité entre voyageurs sont bien indiquées, mais il faut croire que partout, comme ailleurs dans toutes les villes, la connerie conditionne la manière de se comporter dans les transports. Bref, je n'épiloguerai pas sur le manque de neurones de mes comparses. Ce n'est pas la première fois et ce ne sera hélas pas la dernière fois : c'est désespérant à force !
Cahin-caha, nous nous échouons mon amoureuse et moi sur les deux sièges libres de cette satanée ligne 5 et le voyage se déroule ma foi sans encombre malgré la foule qui se presse et augmente exponentiellement avant notre correspondance. Un Tetris humain.
Art-Loi nous nous séparons sur le quai. Tandis qu'elle s'engouffre au dehors, je reprends un nouvel escalator pour prendre cette fois la ligne 6 (ou 2, c'est la même chose en fait) pour me rendre sur mon lieu de travail. 4 arrêts au total.
J'aurais dû me douter que ce n'était pas normal.
Pas normal en effet que le métro reste ainsi à quai durant 2 bonnes minutes. Je suis chanceuse, me dis-je en montant quand même. Cela arrive de temps en temps et je ne m'en fais pas plus que ça. J'ai ma musique électro dans les oreilles, la meilleure manière d'entamer ma journée. On entend vaguement un appel dans le microphone de la rame - en fait une conversation des plus banales entre deux techniciens de la STIB. Cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille pourtant.
Les portes se ferment et nous partons...
En effet, nous partons mais en marche arrière, comme c'est cocasse !
Tout cela pour nous arrêter un arrêt plus loin, et pas dans la bonne direction. Tout le monde se taille du métro, comprenant qu'il faut remonter et repartir sur le quai d'en face pour reprendre le métro suivant et nous remettre dans la bonne direction. Cela aurait été pourtant plus simple de nous sommer tout simplement de descendre tous ensemble du métro - qui partait en marche arrière, dois-je le rappeler, et d'attendre le suivant. Ah ah sacrés farceurs messieurs de la STIB. Quelle perte de temps.
Mais ce n'est pas fini. Il faut bien terminer sur une note encore plus ubuesque.
Nous nous déversons donc sur le quai pour reprendre la bonne direction. Nous sommes plutôt nombreux - nous sommes légion. Le signal de fermeture s'enclenche et le monsieur devant moi avec qui j'ai discuté et plaisanté, fait le forcing pour laisser les portes ouvertes. C'est sans compter la charmante dame derrière moi qui me pousse comme si c'était la chose la plus intelligente à faire ! Forcément, cette fois, j'ai piqué une saine colère, je me suis retournée et je lui ai demandé à quoi ça servait de me pousser puisque de toute façons il y a quelqu'un devant moi ?
Non, mais des fois ? Ça va pas bien dans la tête, les gens ?
Il y a vraiment des baffes qui se perdent et je suis sérieuse. Les neurones ne sont pas données cette année mais elle sont en solde à -100% : c'est la saison des cons et ce n'est pas prêt de finir.
J'ai quand même pris le bon métro dans la direction adéquate mais en maugréant sur l'attitude des primates habillées en costume cravate ou en tailleur*.
Je suis donc arrivée au travail un quart d'heure plus tard avec une belle anecdote à raconter à mes collègues.
Franchement, je cherche pas les emmerdes mais ce sont les emmerdes qui me trouvent.
N.B. J'aurais pu tout aussi bien raconter l'histoire d'"à la recherche du scotch perdu" d'hier qui nous a valu hier un bon gros fou rire des familles avec ma collègue A. Peut-être une autre fois qui sait ? N'empêche que je vais finir par monter un spectacle de standup avec toutes les tuiles qui me tombent sur la gueule. Les tuiles ou plutôt la toiture complète.
*
des fois on a juste envie de dire aux gens "d'aller se faire
cuire le cul" (j'avais juste envie de placer cette expression très
imagée)
lundi 30 janvier 2023
La tête de l'emploi
Il faut croire que j'ai la tête de l'emploi. Une bonne tête bien sympathique qui ne peut jamais refuser quoi que ce soit, en l'occurrence donner une pièce. Cela m'arrive encore certes, de donner un euro, mais je le fais de moins en moins. Non pas par pure je m'en-foutisme de ma part, mais c'est juste que j'en ai marre.
Marre d'être la cible privilégiée de tous ceux qui me demandent un peu d'argent sous prétexte que j'ai une bonne tête. Et c'est vrai que je suis plutôt quelqu'un de bienveillant. A croire qu'ils se refilent tous les bons tuyaux, les bonnes pommes telles que moi.
Oui mais voilà, depuis quelques années cela ne devient pas systématique. J'ai beau avoir le coeur sur la main, mon portefeuille lui n'est pas extensible. Et encore, à proprement parler ce n'est pas vraiment une question d'argent. Mais se faire solliciter de la sorte quasiment tous les jours au moins dix fois par jour ça fatigue.
Je sais bien que ce n'est pas marrant mais à un moment je soupçonne ces "quêteurs" de choisir leurs "clients". Ainsi, ce weekend à Lille je ne compte plus les types qui se sont postés, voire incrustés trente secondes de plus en attendant je ne sais quoi comme si j'allais leur céder quoi que ce soit. Et je repense à ce type qui fumait dans la rame de métro, espace clos s'il en et qui insistait lourdement alors que je lui avais refusé poliment, tout en me balançant la fumée de sa clope dans la tronche.
J'avoue : je vais finir par péter un plomb. Vous pouvez prendre dix pékins lambdas dans la rue ou sur un transport, devinez sur qui ça va tomber : sur moi bien sûr. J'ai le souvenir particulier d'un soir où j'étais chargée comme un baudet les deux mains prises alors que sur la place du serpent il y avait bien une demi-douzaine de gens tout autour de moi : BAM, c'est à moi qu'on a demandé de l'argent. Pour le coup je me suis énervée en demandant pourquoi il m'avait choisi moi, qui était pressée - vraiment, je courrais presque, et chargée surtout, et pourquoi pas les autres autour de moi ?
Si j'en parle ce soir, c'est que j'éprouve une certaine lassitude d'être celle qu'on harcèle pour ce genre de choses. Oui, le mot est fort et non comparable à ce que des jeunes filles ou femmes subissent avec des remarques graveleuses ou des insultes - j'en ai conscience. Mais quand quelqu'un vous pose trois fois la même question alors que vous faites mine de ne pas relever... j'apparente cela à une certaine forme de harcèlement, plus insidieux, moins grave ou méchant mais cela finit quand même par éprouver vos nerfs et votre capacité à ne pas gueuler une bonne fois pour toutes.
Ce soir donc, pour la énième fois, le type en face de moi n'a pas compris que je ne voulais pas répondre au fait que ma casquette était chouette ou mon écharpe blanche à cause du COVID (ce qui est faux puisque mon écharpe est grise) pour fatalement me demander si j'avais un euro à lui filer - comprendre me taxer avec ma bonne tête de l'emploi. Parce que j'ai beau être sur mon smartphone à essayer de passer le temps en attendant d'arriver à destination, rien n'y fait : c'est moi qu'on interpelle. Je devrais faire la gueule comme tout le monde ou adopter un visage aussi fermé qu'une porte de prison.
Notez que même avec mon casque sur les oreilles, la musique électro pulsant bien fort, on vient quand même vers moi pour me demander une petite pièce. A force d'être sollicitée, j'ai de moins en moins envie de donner. C'est con mais c'est comme ça.
mardi 27 décembre 2022
Bus et tram : pas d'amalgame*
Cela faisait bien un moment que je n'avais pas narré mes nouvelles aventures dans les transports en commun, ce microcosme de la société, d'autant que depuis que j'occupe ce nouveau boulot - à vingt minutes à peine à pieds de mon chez moi, je n'ai pas souvent l'occasion d'aller en ville. Les seules occasions sont quand je rejoins mon amoureuse au cinéma - elle, les places ; moi le pop corn et toutes les sucreries inimaginables, ou bien encore quand je prends mon sac pour passer le week-end chez elle.
Bref, je n'ai donc pas souvent l'occasion de traîner du côté de la porte de Namur, là où se trouve le centre névralgique de la guerre commerciale que se livrent toutes les échoppes plus ou moins bon marché. Accessoirement, là où se trouve également mon nouvel opérateur téléphonique / Télé / internet : je ne suis pas encore domiciliée "bancairement" parlant, mais ça arrive bientôt. Vive les multiples démarches administratives.
Je n'ai pas coutume de narrer mes observations dans le bus ou le tram, mais ce soir-là il y a eu une accumulation de scènes cocasses.
Plantons le décor : je cours donc porte de Namur afin de trouver le cadeau de Noël pour mon amoureuse. J'ai déjà ma petite idée. Subrepticement, j'avais photographié ce qui semblait l'intéresser particulièrement il y a deux semaines à la Fnac, pour ne pas la nommer. Ma douce étant partie en vacances dans sa famille, je me disais que cette semaine serait idéale avant que son avion n'atterrisse et que nous passions le cap de l'année ensemble.
Manque de pot, mauvaise pioche : le cadeau que je convoitais n'étais plus disponible. Pour la petite histoire je l'ai trouvé dans une boutique dans la galerie marchande. Ouf. Pas de catastrophe en vue, pour cette fois !
Prendre le 71 est une épreuve des plus intenses surtout à 19h. Je pense que ce bus doit être le plus rempli de la capitale. C'est donc fichu pour le respect des distances sociales. Le petit jeune homme me laisse s'asseoir à mes côtés : ça tombe bien, nous descendons tous les deux à Buyl.
Tout d'abord, ce sont les cris du bébé qui strident nos tympans. Ce n'est pas grave. C'est certes désagréable mais nous avons tous criés de cette façon quand nous étions petits, dis-je aux deux enfants qui se moquent gentiment du nourrisson, soulignant les propos de leur mère trente secondes plus tôt. Tout cela dans une bonne humeur enfantine, oserais-je.
Puis mère et enfants se glissent sur les fauteuils derrière moi et je ne peux m'empêcher d'intervenir dans leurs jeux : trouver un nom d'animal qui commence par... alors je me lance dans EL (éphant) avec un sourire complice.
Arrivés à Flagey, un drame se noue : la jeune fille qui vient juste de descendre tape de nouveau à la porte du chauffeur pour grimper dans le bus et ce n'était pas prévu. Hélas, elle vient de se rendre compte qu'on lui a dérobé son portable. C'est la deuxième fois. Elle tente d'appeler son numéro, grâce à un smartphone que quelqu'un lui a gentiment prêté, mais rien n'y fait. Certains passagers essaient de l'aider comme ils peuvent en leur suggérant des solutions. Puis le chauffeur intervient et lance un appel à la centrale pour résumer ce qu'il vient de se passer, au cas ou l'objet soit juste perdu. Enfin c'est ce que je devine car je ne parle pas, encore, néerlandais.
Je sais que ce n'est pas drôle ce genre de mésaventure, qu'il m'est arrivé la même chose mais avec plus de violence. J'en ai déjà parlé ici. C'est surtout tout ce qu'il y a dedans que l'on perd, bien plus qu'un téléphone, aussi élégant ou dernier cri soit-il.
Au moment de sortir à Buyl, ma correspondance pour le tram 8, je n'ai pas pu m'empêcher de rebondir sur le jeu des enfants, celui de toute à l'heure, où j'entends distinctement le garçon demander à sa sœur un nom d'animal commençant par M. Alors je balance mon prénom, qui commence par M. justement.
Je crois que je les ai bien fait rire.
Mais ce n'est pas tout. En tentant de trouver une place assise dans le tram, le monsieur devant moi avec ses grandes jambes se fait tout petit pour que je puisse me glisser moi aussi dans le siège d'en face, tout en déposant mes sachets pour les caler. Son attitude très polie me donne le sourire, alors je lui répond par mimétisme "que ce n'est pas grave, que le tout c'est de s'adapter" : lui avec ses grandes jambes, moi avec mes paquets.
Le bémol de ce trajet animée s'il en fut : cette mère et son fils qui n'arrêtaient pas de regarder derrière moi comme s'ils se moquaient de la personne sur la banquette - ou de moi, qui sait ? Je ne saurais affirmer ou infirmer car ils parlaient en russe.
C'est cela aussi, prendre les transports : regarder, observer, sourire, partager des instants de fous rires ou de conversations.
Rien à voir avec les mésaventures avec Bla Bla Car de vendredi dernier en tout les cas !
* On dirait un slogan pour la STIB. Ce titre ne veut rien mais je trouvais que ça sonnait bien.
vendredi 18 novembre 2022
Comme dans une comédie romantique...
Mon amoureuse étant partie pour une semaine au loin pour son travail, le temps me semblait long. Très long. Même si les moyens de communication permettent de garder ce lien. Comme on dit, un seul être vous manque... Son avion atterrissant en fin d'après-midi, j'ai eu l'idée de la surprendre et de l'attendre dans le hall de l'aéroport.
Dans l'absolu c'était une très belle idée. Le film parfait, moi une rose entre les dents ; elle, sous le coup de l'émotion en voyant que je suis là. Mais je m'emballe.
A chaque fois pourtant c'est imparable : la surprise que je pense parfaite dans ma tête prend un coup dans l'aile, sans mauvais jeux de mots. Sans doute la loi de Murphy ; celle où étrangement il pleut juste au moment où l'on sort. Techniquement, j'étais dans les temps. Son avion avait pris du retard et j'étais pile à l'heure selon mon planning pensé dans les moindres détails.
Sauf que...
Au lieu de prendre le bon bus, je me suis plantée, une nouvelle fois. Entendons-nous bien, le bus était le bon - je m'en étais assurée. Mais pas dans le sens qui convenait, hélas. En effet : au lieu de m'amener vers l'aéroport je faisais demi-tour. Je revenais à mon point de départ donc. C'est ballot ça ! Si je ne suis pas la reine des truffes, je m'approche dangereusement du titre.
Maladroite un jour : maladroite toujours.
Bref, il fallait que je rattrape ma boulette.
Mais les dieux ne l'entendent pas de cette oreille. Ce saligaud d'Eros faisait la grève en me laissant me démener et courir comme si je m'apprêtais à faire le marathon de New York.
Loi de Murphy bis : quand on tente de reprendre la correspondance, les portes se referment sous votre nez et vous êtes bons pour prendre le prochain, prévu dans quatre minutes. Ce qui normalement devrait le faire.
Oui, mais c'est que vous ne connaissez pas les aléas des transports en commun à Bruxelles et les joies du trafic de 17 heures 30, un vendredi soir. Tout le monde se barre.
Bref, je vais faire la faire courte : le bus suivant jouait avec nos nerfs en affichant une attente complètement anarchique. Et ça n'en finit pas d'afficher une minute, puis trois, puis deux, une et de nouveau trois, et ainsi de suite. Il était bloqué dans les bouchons ou coincé dans la quatrième dimension : nul ne le saura jamais ! Le temps défile et mon coeur fait la samba dans la poitrine à force de s'énerver, de tempêter.
Comme je ne suis pas folle - enfin, un petit peu quand même, j'ai tenté par tous les moyens de prévenir ma dulcinée que j'étais en route et qu'il fallait qu'elle ne bouge pas. Je sais : point de surprise au bout du compte. Mais la dernière fois que j'ai sauté dans mes baskets pour la chercher en gare de Bruxelles Nord, j'ai loupé le coche : la surprise étant totale, on s'est ratées, de peu. Ce qui m'a valu par la suite un drôle de voyage retour dans le fameux tram 25 de la mort, celui que tu évites tard le soir, à côté d'un type qui clairement n'avait pas la lumière à tous les étages et avec qui je me suis crue dans street fighter. Le genre d'abruti qui s'en prend à tout le monde. Peut-être l'objet d'un autre billet. Parce que c'était plutôt cocasse avec le recul. Je suis petite mais je sais ouvrir ma gueule.
Donc, point de surprise c'est vrai.
Hey, vous les scénaristes ! Oui, vous : prenez en de la graine et mettez en scène un truc enfin réaliste !
lundi 25 avril 2022
Typologie des usagers dans les transports en commun
Cette note tourne dans ma tête depuis plusieurs jours, puisque désormais je suis amenée à prendre les transports à raison d'au moins trois fois par semaine depuis que le présentiel est redevenu la norme presque courante.
Je pense qu'observer la façon dont les usagers se comportent dans le métro est un bon aperçu de ce qu'ils sont dans la vie de tous les jours.
Je m'explique :
Il y a ceux qui n'attendent pas que tout le monde soit descendu de la rame pour forcer le passage afin de trouver une place assise si possible. J'appelle ça les égoïstes forcenés. Comme cette brave dame avec son caddie qui voyait bien que j'avais une valise - donc en partance certainement, mais qui m'a coupé la priorité juste pour pouvoir asseoir son fessier sur les chaises inconfortables du métro. Et sachez que durant les vacances le temps d'attente entre les rames est plus long... On peut y mettre dans le même panier ceux qui, une fois qu'ils ont grimpé dedans, ne se bougent pas tandis que les usagers derrière tentent de se faufiler alors qu'il y a beaucoup de place. Ce sont les même qui vont vous claquer la porte au nez ; qui vont klaxonner parce que vous n'allez pas assez vite. Les Moi Je, moi je.
Insupportable comportement de plus en plus répandu.
Les autres ne sont pas tous comme ça. Parfois c'est juste de la distraction, ça se voit. Ils rougissent et s'excusent quand ils se rendent compte de leur bévue. J'en ai été la spectatrice neutre pas plus tard que la semaine dernière.
Puis il y a ceux qui ne connaissent pas la géographie de leur visage, ne sachant pas situer exactement leur nez. La façon de porter leur masque est laissé au gré de leur envie, quand ils ne l'oublient tout simplement pas dans leur poche. Oui car, nous, pauvres disciplinés, nous continuons à porter ce bout de tissu disgracieux.
Notons également le nombre de voyageurs collés le nez sur l'écran de leur smartphone comme s'ils allaient perdre l'information ultime s'ils décollaient leur rétine de là. Personne ne se parle d'ailleurs sauf si l'on tombe sur un collègue de manière fortuite. Heureusement, le nombre de lecteurs semble augmenter. Cela me comble de félicité, pour l'ancienne libraire telle que moi.
Mais les gens se parlent très peu au final, sauf au moment des grèves où tout le monde est dans la même galère parce que les rames passent au compte goutte, quand elles ne passent pas à vide, comme pour nous narguer.
Et enfin, il y a les autres, tels que moi, qui restent le casque blutooth vissé sur les oreilles dès le matin, pour donner le La, le ton de la journée, et qui observent les autres usagers des transports en commun.
mercredi 28 juillet 2021
Les transports sont d'un commun
vendredi 17 mai 2019
Métro, heure de pointe
mardi 10 avril 2018
Le hasard fait bien les choses
mardi 21 février 2017
Chasse aux cyclistes ouverte
Ci-dessous une petite vidéo ma foi révélatrices des us et coutumes. Nous ne sommes décidément pas chez nos amis bataves et teutons.

