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dimanche 19 septembre 2021

Out of control

J’ai eu une adolescence à rebours. Et très longue à vrai dire.

Je considère en effet en être sortie depuis peu ; depuis deux ans en fait. 

A l’âge ingrat, celui où chacun de nous teste un peu tout, un peu n’importe quoi, j’étais même le prototype de la bonne élève du premier rang, celle sur qui on ne s’arrête jamais, ou juste pour lui lancer l’insulte suprême : « T’es la chouchou du prof ! ». Parce qu'il y avait plusieurs clans : les cools, fringués des pieds à la tête avec les marques les plus tendances - de vrais porte-manteaux ambulants ; les rebelles, qui s'en foutaient de la mode avec leur clous et leur cuirs, arborant des croix autour de leur cous pour certains - les new wave auxquels j'appartiendrai plus tard ; et tous les autres, ceux dont on se moquait allégrement dans la cour de l'école parce que vêtus de fringues informes, de celles qu'on hérite des aînés.

Avant de me montrer moi aussi comme le mouton noir que je resterai encore longtemps - à vrai dire, je n'en suis pas vraiment sortie et ça me joue des tours, j'appartenais donc à ce dernier clan des sans styles. J’avais la panoplie intégrale d’ailleurs : lunettes aux verres « culs de bouteilles » et montures signées par ce cher styliste très en vogue des années 80 – j’ai nommé la Sécurité Sociale ; une jolie constellation de boutons d’acné sur le front et l’arrête du nez ; vêtue la plupart du temps de sweat shirts informes et de jeans velours côtelé. Je ne dramatise pas : c’était ma dégaine en ce temps là. Bref une vraie Ugly Betty pas trop mal lotie niveau cerveau mais totalement à la ramasse question sociabilité. Depuis j’ose croire que les choses ont changé, même si je n’aurais jamais la plastique de rêve d’Adriana Karembeu ou tout autre top model. Je suis tout de même à l’aise dans mes baskets. Je ne suis pas et je ne serais jamais de ces filles sur lesquelles on se retourne mais je m'en fous à vrai dire. 

La plupart du temps.

J’étais donc une ado qui ne comprenait pas les us et coutumes de ses congénères, pas plus que je ne comprenais quelle mouche les piquait à s’agiter ainsi tous les week-end en beuveries et autres saines occupations lycéennes. J’étais une extra-terrestre venue d’une planète monochrome dédiée aux bonnes notes et la vie studieuse. Bien sûr, un peu plus tard, je me rendis moi aussi dans ces hauts temples de la culture et du BPM (beat per minut) avec une joyeuse bande d’amis, d’amis d’amis et de cousins ; bien sûr nous décimions nous aussi quelques bouteilles mais jamais pour ma part au point d’être out of control.

Toutefois, à l'instar d'un bon millier de jeunes gens bien avant moi, ce n'est pas une nouveauté ni très original : nous nous cotisions pour acheter plusieurs de ces bouteilles de vin mousseux, pas chers mais dégueulasses, puis nous nous garions dans les champs, non loin de la boîte de nuit sur lesquelles nous allions furieusement nous balancer au rythme de ce qui allait devenir la techno, et nous nous passions ce vin mousseux que nous buvions au goulot.

Bref, l'objectif était clair : arriver déjà ivres en boîte. 

A 30 ans, je connus ce que l’on appelle communément une adolescence à retardement. Moi qui n’avait tiré que 2 ou 3 taffes de toute ma vie, je commençais à prendre la fâcheuse habitude de m’acheter un paquet de cigarettes ici et là. Je pratiquais alors une sorte de « fumer c’est cool » - la cigarette mondaine. Comme d'autres pratiquent l'alcoolisme mondain. Puis j'eus une véritable épiphanie lors d'une soirée très arrosée et très fumeuse . Vous est-il jamais arrivés de comprendre l'univers en un instant ? Un de ces instants rarissimes qui vous plient en un éclair de lucidité, que vous ne retrouverez sans doute jamais mais qui vous terrifient tout en vous attirant ?

Cela n'arrive que quelques fois dans toute une vie, pour ceux qui ont constaté cet étrange tutoiement avec les anges. Il n'y a pas si longtemps, alors que je suis une adulte  bien ancrée dans ma vie maintenant, de celle qui paie ses impôts et suit les règles, plus ou moins, je me suis retrouvée la tête dans la stratosphère ; parmi les étoiles. Ne me demandez pas ce que j'ai consommé ce jour là, mais il s'agissait de quelque chose d'illégal bien évidemment. 

Durant vingt années, je devenais donc une de ces adolescentes out of control qui ne se met pas de barrière pour tester jusqu'où elle peut aller. Mais pas out of limits : il y a certaines choses que je refuse de franchir. J'ai mon propre Rubicon.

Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que parfois, lors de ce type de soirées, vous vous retrouvez à quatre heures du matin à recevoir plein d'appels parce que vous avez insisté que l'on vous texte pour vous informer que vos invités sont bien rentrés. Tandis que vous dormez d'un profond sommeil, celui de l'alcoolique de la soirée. Circonstance atténuante, ou non, je fêtai ce soir-là mon anniversaire. 

Quand, comme moi, on a toujours été considérée comme l'intello de la famille, de la classe, de la pièce, avoir autant de liberté d'un coup - vous découvrez la vie, ça fait tourner la tête assurément. Qui sait comment ma vie aurait évolué, si j'avais eu une adolescence normale ? Mais je n'ai jamais fonctionné selon les schémas plus ou moins dictés par la société.

Mais revenons à nos moutons, cette fameuse soirée de mon épiphanie. La première. 

J'habitais alors à Douai. Je faisais mes premières armes en tant que libraire. Je découvrais ce que ça faisait d'être enfin une adulte qui travaille pour assurer sa subsistance. 

Je m'intégrais dans un petit cercle d'amis. Je rentrais rarement chez mes parents. Pensez, j'avais enfin mon propre lave-linge et n'étais donc plus obligée de ramener mon barda du temps où j'étais étudiante. 

J'avais donc convié mes amis à un couscous. Nous étions quatre. En ce temps-là j'étais omnivore, encore, et mon meilleur ami deviendrait végétalien en partant sur Lille quelques années plus tard, m'entraînant dans sa chute avec lui - mais qu'elle est drôle, cette intrépide !

J'aime recevoir. J'aime nourrir les gens. C'est un de mes défauts de fabrication. 

Je n'avais pas lésiné sur les quantités qu'elles soient solides ou liquides. Autrement dit, il y avait à manger pour un régiment et à boire pour un escadron de soiffards. Plein d'alcools divers et variés. J'aimerais bien retrouver cette bière canadienne que l'on doit mettre au congélateur au moins vingt minutes avant de la déguster. 

A trop mélanger, le cerveau là-haut, fait des cabrioles. Bugue ou pète un fusible. A vous de choisir le terme qui convient.

C'est en tirant sur un cigare non pas cubain mais américain, tout en buvant mon bourbon de huit ans d'âge - en essayant de refaire le monde, que la musique de Moby m'a cueilli. Bien avant que l'artiste ne soit connu mondialement, il était punk. J'ai un drôle d'attachement à cet album "Animal rights". 

J'ai débloqué. Littéralement. 

J'ai regardé mes amis complètement hagarde, je suppose, leur indiquant que je comprenais tout. Que l'univers ne m'était plus une sombre inconnue de mon équation mais que j'étais en osmose. Pour celui qui n'a pas vécu ce type d'expérience, il est difficile d'en transcrire les émotions. Je résumerais donc à ceci : une expérience chamanique.

La suite fut nébuleuse : la redescente est bien plus abrupte. 

Le lendemain, je me réveillais sur le lit, toute habillée. 

Mes amis me confirmèrent que j'étais partie dans des théories fumeuses, la veille, qu'il m'avaient mis au lit tant bien que mal une fois que la chape de plomb s'était abattue sur moi ; qu'ils avaient fait  la vaisselle en devisant tranquillement ; et qu'ils étaient partis en claquant la porte, tout simplement, sur le coup de trois heures du matin, parce qu'il n'avaient pas les clés. Et moi, je dormais comme une bienheureuse, comme un bébé, après ces élucubrations. 

Cette nuit là, je fus donc vraiment out of control. 

 

vendredi 11 mai 2018

Le poids des mots



Je crois en la signification des mots. Ils ont un sens, une variable infime qui nuance chaque propos, chaque sentiment et émotion que peut ressentir tout être humain. Je suis persuadée que la langue française est la plus belle du monde. C’est un avis subjectif bien sûr, mais sa richesse ne peut être prise en défaut.

Mon amour pour cette langue a commencé avec mon amour des livres. Ou bien  était-il là un peu avant ? C’était une langue étrangère pour moi ; moi la fille d’étrangers sur  ce sol français. La petite fille rachitique de quatre ans qui,  par la force des choses, a appris cette langue puisque c’était la condition sine-qua-non afin de s’intégrer lors de ses premiers pas dans les petites classes. Et, je le confesse, je parle bien mieux ma langue adoptive que ma langue maternelle. C’est un fait. C’est presque inexcusable.

Pour moi, donc, et tout aussi subjectivement je redonde : je décrète que la langue français est l’une des plus belles langues du monde, si ce n’est la plus belle. Certes l’italien chante, l’espagnol roule ses « r » à n’en plus finir, le portugais met des « che » partout mais a une très jolie façon de dire que quelqu’un nous plait, l’anglais s’adonne à la concision – un chat est un chat et l’allemand… non pas l’allemand. Même si je l’ai pratiqué durant 5 années, l’allemand est guttural, mais bien pratique pour donner des ordres. 

Revenons à la langue de Molière.

J’en aime ses subtilités et j’essaie tant bien que mal de la manier comme l’épée chez un escrimeur ou, si l’analogie est trop belliqueuse, comme le peintre avec son pinceau – qu’il soit  un artiste ou (re)peigne juste un mur. 

Un simple mot se décline subtilement : ainsi un pote n’est pas un copain et un copain n’est pas un ami. Toute la nuance est dans la gradation, ce que je j’admire par-dessus tout. Aimer et être amoureu(x)se sont deux choses bien distinctes. Maigre ce n’est pas être mince. 

On peut décliner les exemples à l’infini. Et l’infini c’est loin…

Aussi, je trouve bien dommage que SMS et autres tweets en dénaturent la beauté.

Non pas qu’il faille rejeter toute novlangue, mais l’usage de l’orthographe et de la grammaire est devenu un véritable champ de bataille où bien des mots anciens sont morts aux champs de déshonneur. Et si, au moins, on orthographiait correctement ceux qui nous restaient…

Faites un effort, que Diantre !

Séduisez avec votre langue maternelle - ou maternante, mais usez-la de manière belle et noble. 

Reconquérez votre langue. Faites en votre amie, votre amante, votre amoureuse pour la vie.

lundi 11 avril 2016

Je peux léguer à la science...


Mon cerveau qui, malgré les quelques bugs, est toujours en état de marche. Beaucoup d’imagination, un peu trop diront certains ; avec une tonne de mots à l’intérieur, des mots oubliés, peu usités à qui rendre les honneurs. Des mots que je tais parfois pour panser les maux car sans pensées nous ne sommes que des pantins sans cervelle.

Mes reins. Tout va bien de ce côté-là. Vu la quantité d'eau que je bois en continu. Tout va donc très bien, Madame la Marquise. Je ne te donnerais pas ma chemise. Je l’ai fait par le passé, pour ce que cela m’a rapporté. Qui dit reins dit vessie, cela va sans dire. Elle fonctionne, elle fonctionne en bon petit soldat.

Mon foie qui, bien qu’amateur de houblon et de jus de raisin fermenté, va bien lui aussi - touchons du bois, et qui n’est pas attaqué par la foi qui nous divise tous ici bas.

Mon sang, puisque je suis donneuse universelle. Ça peut toujours servir. Donner je sais, recevoir : un peu moins – c’est me faire violence.

Et, tant qu’à faire, si j’en avais le courage, une fois au moins, un peu de moelle osseuse. Parce qu’on n’en parle pas assez, hélas.

Mes pieds qui ne sont ni plats, ni égyptiens ou encore romains. Ces pieds qui ont tant et tant marché et marchent encore fort bien. Ne se lassent pas. Ni dans la foule, ni entre les bruits des klaxons de ces automobilistes rageurs à la veille du weekend. Mes pieds donc, même si je doute que les greffes de pieds deviennent tendance. 
 
Mon index pour lancer une dernière fois un doigt rageur à tous ceux qui se pensent supérieurs, dans leurs droits et vainqueurs. Cherchez l’erreur, chers offenseurs !

Ce que je ne peux ni veux :

Mes yeux. Des yeux de vieille chouette fatiguée. Plus myope que moi tu meurs. Comme ce n’est pas un cadeau, je préfère les garder jusqu’au bout, quitte à laisser mes binocles les trois quart de mon temps... je ne dors tout de même pas avec ces maudites lunettes, encore que, bien fatiguée, sur le canapé...

Ma taille de mini moy qui m’a bien valu des tracas. Du plus trivial au plus existentiel : faire appel à quelqu’un pour attraper quelque chose sur le rayon du haut ; savoir quoi dire à quelqu’un qui vous blesse de toute sa supposée hauteur en pensant que vous ne valez pas tripette parce que petite.

Mon cœur. Même s’il bat régulièrement et constamment. Qui parfois se décroche dans ma poitrine comme des cymbales au Carnaval. Mon cœur a peu servi certes, mais mal. Les mauvaises personnes. Les mauvais endroits. Les mauvais moments. Je ne l’ai guère épargné, pas plus qu’il ne l’a fait le salaud. Alors je construis. Je construis un mur infranchissable. 
 
Mes oreilles. Mes petites oreilles de lutin malicieux. Par que je les aime bien, tout simplement.

Ma langue, bien pendue il est vrai. Parfois à mes dépends mais surtout à celui des autres. Ma langue qui est un bien meilleur outil pour communiquer avec les autres, bien mieux que les Smartphones et autres réseaux sociaux.

Et puis ma curiosité, qui est en est le moteur et qui me nourrit chaque jour. Ma curiosité qui n’est jamais maladive, intrusive ou méchante. Je ne vous la laisse pas. Cultivez là. Faites-en un vaccin pour l’inoculer à tous ces humains qui restent enfermés sur eux-mêmes. 
 
De cela et de toutes ces choses, à la science ou à qui veut bien, je lègue. 
 
Ou je garde.

jeudi 24 décembre 2015

Un peu plus de questions existentielles... ou pas !

Parce qu'il y aura toujours de la matière, et que les questions arrivent au fur et à mesure....


-  Pourquoi le vent est toujours de face quand on est vélo et jamais de dos ? Non, mais c’est vrai quoi, à raison de 5 jours pas semaine, les jours de grand vent c’est juste râlant et fatiguant de pédaler pour arriver jusqu’à la gare. Tiens, pas plus tard qu'en début de semaine...
 
-  Pourquoi les enfants se lèvent toujours plus tôt pendant les vacances et, surtout, pourquoi il faudrait presque un treuil pour les faire se bouger quand  sonne l'heure pour dire qu’il est temps d’aller à l’école ? Je crois que c’est une vérité universelle et générationnelle. Je n’ai toujours pas la réponse. Mais de grâce arrêtez de hurler sur vos gamins quand j’essaie de (re)trouver le sommeil durant mes vacances, décalées certes. Ce message s’adressant essentiellement à mes charmants voisins de droite aux goûts musicaux discutables.

-  Pourquoi, quand on entre dans le supermarché, les caisses sont invariablement désertées et, pourquoi, tout aussi invariablement, c’est la queue jusque dans les rayons quand il s’agit de payer ses courses ? Corollaire : pourquoi je tombe toujours sur le petit vieux qui bloque tout le monde parce : cherche sa monnaie/discute de la pluie et du beau temps/ demande à vérifier combien il lui reste de points sur sa carte fidélité/conteste un prix ou la promo du jour (entourer la mention adéquate) ? D’ailleurs on ne m’y prendra plus à l’Intermarché de la rue Nationale….

-  Peux-t-on utiliser des expressions impliquant des animaux lorsqu’on est soi-même végéta.ien/vegan ? Prenez vos plumes et vos cahiers et faites moi la liste de celles-ci. Ce sera tout pour vos devoirs de vacances.

Et Joyeux Noël à tous !

jeudi 9 avril 2015

Pastorale animalière...

... ou devrais-je plutôt dire symphonie du coin coin ?

C'est en effet une petite scène charmante et amusante, à laquelle j'ai assisté sur mon trajet de travail de ce matin, tandis que je longeais le canal.

Les canards cancanaient à qui mieux mieux, nullement impressionnés par mon vélo - ils attendaient juste que je passe pour reprendre leur marche. Et moi, justement, j'ai posé mon deux roues pour prendre ces quelques photos, en souriant de toutes mes dents. Et moi, ensuite, qui essayait tant bien que mal de les diriger vers l'eau car la route, c'est pas fait pour eux et c'est plutôt dangereux. "Allez allez, par sur la route, restez sur l'eau, vous y serez sains et saufs !".

Mes canards cancanaient à qui mieux mieux, derrière leur chef, sagement et obéissants.

Je me suis donc arrêtée, afin de profiter de joli spectacle...

C'est quand même plus agréable que les bipèdes mal dégrossis, non ?









lundi 23 mars 2015

D'un simple calcul...

A raison de 10 kilomètres par jour multipliés pour 5 jours dans la semaine.

A raison de 4 semaines par mois sur 11 mois pour compter une année - en réalité un an moins 5 semaines, soit la durée exacte des congés légaux que chacun(e) de nous a le droit.

Mélangez toutes les variables - les trajets jusque chez les amis qui habitent en périphérie ; les déplacements du week end pour se rendre par exemple dans un magasin de cycle - comme c'est étrange, et vous obtiendrez ? Additionnez, soustrayez, ajoutez un zeste de cela, une pincée de ceci et...

Et vous obtiendrez quoi  à la fin ?

2000 kilomètres par an d'efforts sous le froid, le vent, la  pluie mais aussi le soleil ; en baskets, bottines, bottes ou sandalettes ; avec plusieurs pelures de vêtements ou bien voyager léger, et vous obtiendrez l'aller retour du Nord jusqu'aux Pyrénées. Ou, si on voyage plus loin, de Lille jusqu'à Porto sans vol d'oiseau, mais en ligne droite.

C'est le calcul auquel je me suis amusée un jour, où je m'ennuyais certainement, pour me faire une idée du nombre de kilomètres que ma petite personne accomplit depuis qu'un certain mois de février j'ai dit oui à ce poste ; à cette ville à 40 kilomètres de moi.

Et, pour couronner le tout : multipliez 2000 kilomètres x trois ans et vous obtiendrez ????

Vous obtiendrez quelle distance pour quelle destination au fait ?

Allez, à votre tour : quelle distance et quelle destination ?

A vos calculettes et à vos cartes de géographies.


mardi 27 janvier 2015

Solde out

Non mais j'vous jure... j'ai subi l'assaut en règle de mes collègues qui veulent à tout prix me caser et me caser à tous prix, du prix bas au plus élevée... quoi que je suis pas certaine d'être encore cotée à l'argus. Et sur le Bon Coin, en prime !

Non mais j'vous jure.

Le Bon Coin ?!!!

Et de lister tous les sites de rencontre en ic ou en hoc disponibles sur le net ; de me balancer un questionnaire, non pas à la Proust, mais sur mes marottes et mes hobbies, vu que je fais du vélo par exemple. Comme si j'étais prête à faire le tour de France, pfff ; et de vouloir m'inscrire chez les hommes et les femmes pour ouvrir le champs des possibles.

Non mais j'vous jure....

Allez approchez. A vot'bon coeur. 

C'est les soldes ; la troisième démarque.





dimanche 6 novembre 2011

Questions existentielles... ou pas !

... Entre un peu de futilité et un peu plus de gravité :

Doit-on laisser un pourboire à la coiffeuse, même si elle nous a raté ? (non pas que ce fut le cas pour moi il y a 15 jours)

Qui a dit que la musique adoucit les moeurs, si ce n'est pour entendre toujours la même rengaine qui finit par nous taper sur le système ?

D'où vient l'inspiration ? Où nous mène t-elle (en ce moment, nulle part) ? Pourquoi s'en va t-elle sans revenir, comme si elle n'était qu'une simple ligne d'horizon ?

Pourquoi avoir envie d'écrire – l'envie reste là, intacte – si ce n'est pour ne pas/plus avoir le temps, en être incapable car trop fatiguée/surmenée par les heures qui filent trop vite ?

Par quel hasard le métro est toujours en panne lorsqu'on est pressé, pour un rendez vous - un ciné et, que pour enfoncer le clou, il y a en moins pour cause de jour férié ? (Induisant également : pourquoi il y a toujours un(e) crétin(e) qui s'amuse à bloquer les portes ?)

Qui a décrété qu'une femme ne pouvait pas être un jour présidente de la République (parce que moi, si j'étais présidente...*) ? Vox Populi ; Vox Dei (et mon c**, c'est du poulet ?)

Pourquoi passer à l'heure d'hiver (pour faire des économies, rappelons le) si c'est pour allumer les lumières une heure plus tôt ? Parce moi, mes soirées de veille ne changent pas, bien au contraire.

Peux t'on vraiment donner un prix à une vie humaine, si justement la vie n'a pas de prix ?

Et vous, quelles sont vos interrogations existentielles... et autres ?

* Dans cette phrase se cache à une allusion à une chanson de Gérard Lenormand. Amis quadras, si vous passez par là....

vendredi 10 septembre 2010

Les semelles au vent*

Au siècle dernier, celui d'avant, j'aurais été un de ces va-nu-pieds traînant de ruelles en rues malfamées de Montmartre ou d'ailleurs ; refoulé d'une guinguette à l'autre car ivre mort, les rêves pourtant plein d'espoir et enfiévrés par l'alcool. L'absinthe aurait chanté dans mon verre à l'instant où le sucre se dissout dans la cuillère. Pour quelques sous,  j'aurais tapé des pieds, comme tous ces poivrots, pour que cette fille mal fagotée et trop fardée pousse la goualante sur les planches de ce petit cabaret. Puis je me serais frayé un passage parmi la foule, avant d'atteindre  les Enfants du Paradis, le temps que l'expo universelle ouvre ses portes, surmontée de cette étrange tour de métal.
Je m'en serais allé moi aussi les poches trouées, les semelles au vent et sifflotant un air comme un vrai titi parisien ; un vrai de vrai, gouailleur, casquette vissée sur la tête, écharpe crasseuse nouée autour de mon cou. Je n'aurais pas eu assez de talent pour déclamer ma prose mais j'aurais écouté les mots de Verlaine et de Rimbaud, ces amants maudits, ces amants non-dits. Ou encore Baudelaire m'invitant au voyage en attendant que vienne l'heure du serpent qui danse.
Peut être que j'aurais repris mes carnets de croquis, tentant de percer les mystères de l'être humain par un trait de fusain. Tous ces visages, ces mélancolies, toutes ces histoires. Au pied de Notre Dame. Sur les bords des quais de Seine. Chapardant ici ou là.
Mais la modernité est passée par là. Je ne serais jamais un de ces bohèmes, un de ces traînes savates. Je ne suis qu'un intrépide voyageuse qui remonte les siècles et m'octroie, le temps d'une soirée, un voyage virtuel, un retour vers le passé, une fantaisie sur la route qui me mène au Sacré-Coeur.

* Petite fantaisie. Petit arrêt où tou(t)s s'entrecroisent au delà de la vérité historique.

vendredi 30 juillet 2010

Compte habilité



41 : c'est l'âge que j'ai depuis le 14 mai. On peut dire que je suis sur la pente descendante !
0 : C'est le nombre de personnes qui partagent ma vie (ni blonde ni chum). On ne compte pas une coloc, cela va de soi. Encore heureux que je n'ai pas mis 3, 6 ou 12 :) sinon ça en ferait du monde pour la Saint Valentin... Et je vous raconte pas d'autres scènes qui me viennent innocemment à l'esprit
2 : c'est le nombre de lapins qui squattent mi casa. Oui, vous avez bien lu : 2. Faudra que je vous raconte comment la famille s'est agrandie.
3 : c'est le nombre de fois où j'ai vraiment aimé.
1 : C'est le nombre de concerts auxquels j'ai assisté... et payé. Je sais, je sais, pour une fana de musique comme moi, c'est trop peu mais je compte bien me rattraper.
7 : c'est le nombre de mes neveux et nièce (oui sans « s », car une seule : on a perdu le mode d'emploi pour la fabrication des filles, il faut croire)
133 : il paraît que c'est mon niveau de Q.I... mais ça reste à vérifier, car parfois je fais de grosses bêtises... quand t'es pas là.
8 : c'est le nombre de boîtes mails dont je dispose... euh, ça fait un peu beaucoup trop, non ?
3, 14, 7 : ce sont mes nombres fétiches. Mais jusqu'à présent je ne les ai pas joué au casino, ni au loto. Vous pouvez toujours essayer si le coeur vous en dit.
4 : c'est le nombre de manifs étudiantes  auxquelles j'ai participé crié montré mon mécontentement en chantant « Devaquet, si tu savais... ».
3 : c'est le nombre de tickets de cinéma que j'ai  dépensé pour voir  le Dracula de Coppola sur grand écran, dont 2 en VF et une en VO (Garyyyyy !!). Titanic le suit de près. Et je  ne compte pas certains films que j'ai vu  en DVD : là je pète tous mes scores. Je vous fais grâce du nombre de films que je possède.
5 : c'est le nombre de mes déménagements volontaires depuis que je suis partie de chez mes parents. Bien sûr, je ne compte pas notre arrivée en France. Tiens il faudrait que je vous parle de mon goût pour le nomadisme un ces quatre - oui si on fait le calcul, ça fait un déménagement tous les deux ans. D'ailleurs je commence à avoir des fourmis dans les pieds.
On peut continuer la liste ad vitam – dans l'ordre ou le désordre, sans préférence aucune,  avec sérieux ou légèreté : c'est vous qui voyez. On peut s'amuser à se définir de cette manière avec des chiffres.
Alors et vous, c'est quoi votre compte habilité ?

lundi 28 juin 2010

My apologies


Je viens ici pour te demander pardon. Je l'avoue, je n'ai pas été très présente ces temps-ci et pourtant tu es une maîtresse exigeante qui réclame chaque jour ses lignes à compter. Et moi, que fais-je donc, au lieu de t'honorer comme il se doit ; toi qui depuis 27 années me suit et m'accompagne, me permet de m'évader, m'oublier ou rassembler mes idées ? Je te délaisse comme à chaque fois que je me décourage, parce que trop paresseuse. Je me réfugie dans les remises au lendemain. Oui, mes les lendemains finissent en aujourd'hui et je n'ai toujours rien écrit. Alors je suis ici pour te dire, une fois encore, une fois de trop peut-être, que je vais faire des efforts parce que, au fond, tu es sans doute la seule chose qui ne m'a jamais fait défaut.





 

mardi 22 décembre 2009

Cher Monsieur Noël...

.... je sais que je suis bien trop grande et trop vieille pour t'écrire cette lettre, mais comme je ne t'en ai jamais adressé et que je voudrais que l'année à venir change vraiment - pas comme 2009, je me suis prise, moi aussi, au jeu du : "pourquoi pas moi ?".

Cette année j'ai été très sage, sage comme une image, une image et dix bons points. Alors voilà la liste de tous mes souhaits, en priant que tu puisses les exaucer ou tout au moins me donner une ou deux cartes à jouer.

Tout d'abord, je te remercie pour ce magnifique Caviar Bleu que cette fois j'essaierais de ne pas cramer. Plus sérieusement, je te remercie pour ce que tu sais ; ce qui me permet de souffler – un peu.

J'aimerais donc :

Passer un Noël plus long, pas un Noël de pacotille où on a juste le temps de poser la valise, mais un vrai qui rime avec quelques jours de farniente en famille. Ça fait du bien au bout de 10 ans.

Plus de neige. Qu'elle tombe un tout petit peu le soir du réveillon, pour mes neveux, pour le bonhomme de neige du lendemain, qui sait ?

Promets moi de protéger tous ceux que j'aime tout au long de cette nouvelle année. Je sais que je te demande trop... mais tu sais aussi que c'est important pour moi. Seule, je n'y arriverais pas.

Retrouver l'espoir en l'amour et l'amitié. Je me suis perdue. Je suis perdue ; je n'y crois plus.

Tant qu'on y est, retrouver également le goût de l'écriture que j'ai perdu ces temps ci. Ça va ça vient. Si tu pouvais en toucher un mot à mon ami Pierrot, ça m'arrangerait.

D'avoir un nouveau boulot tout beau tout chaud. Pas gagner des mille et des cents, juste assez ; ni trop, ni trop peu.

Plus trivialement, et pour le clin d'œil, j'aimerais bien aussi que la France gagne enfin l'Eurovision cette année car il faudrait sérieusement passer à autre chose que "l'oiseau et l'enfant ". Quant aux chances à la coupe du monde, j'ai quelques doutes...

Voilà, ma liste est terminée, dans l'ordre que tu veux, et j'espère ne pas avoir été trop gourmande.

Il n'y a pas de cheminée chez moi mais je laisserais la fenêtre entrouverte et je mettrais quelques carottes dans une assiette pour récompenser les rennes de leur effort. C'est sûr que faire le tour du monde en aussi peu de temps, ça ne doit pas être à la porté de tout le monde :)

samedi 17 octobre 2009

A l'essai


Je te propose de me prendre à l'essai un mois ou deux renouvelables, plus si affinités. Je te promets de t'être loyale et de ne rien te cacher. Pas besoin de signer de  contrat sur un bout de papier pour te notifier noir sur blanc ce que je ressens à l'instant. Je veux juste être avec toi ; savoir que tu es à côté de moi dans mon lit ou moi dans le tien. Juste ça, toi et moi.
Te faire rire, ça je sais. T'écouter je peux aussi. Me lever pour t'accompagner dès que tu pars, dans le froid, le vent, la grêle, la tempête ou l'orage... je sais faire aussi. Je veux être ton soleil après la pluie, ta nuit et tes jours. Ton réconfort, ton tourbillon de la vie. Je te dirais les mots au moment où il le faut. Mais peut-être que tout cela n'est qu'un rêve, alors, si c'est le cas, laisse moi me rendormir ; laisse moi me plonger dans le songe d'une nuit d'été. Laisse moi me dire que ces tous ces regards qui se croisent, le tien et le mien, ne sont que pour moi, ainsi que ces sourires coquins. Tu es la charmeuse, celle par qui mon coeur fait des siennes en battant de manière arythmique.
Prends moi à l'essai, une nuit ou quarante jours. Un moment ou à plein temps. A demeure ou de loin en loin, pour nous retrouver sur le quai d'une gare ou dans ce bar ; dans mes bras ou dans les tiens, Madame, puisque tu préfères le Madame au Mademoiselle. Sois ma dame ; mets moi échec et mat, car déjà je suis pat.

mardi 5 mai 2009

Exercice de style

Ce qui suit est un exercice de style. Un texte ancien que j’ai retravaillé (et apporté pas mal de modifications) pour le plaisir. Saurez-vous deviner de quoi je parle ?

Adieu,

Oui ce n'est pas un au revoir mais bel et bien un adieu. J'ai bien réfléchi depuis une semaine et c'est inutile de tourner autour du pot. Tu m'as perdu, Je ne serais plus à toi. Notre amitié ne reste que ce qu'elle a été : un moment fugace, de quelques années certes, mais dont je me dédie puisque tu me rends ma liberté afin que je passe à un autre stade.

L'ironie du sort veut sans doute que sans moi tu serais toujours livré à ton sort, car j'ai été ton catalyseur, ton révélateur et savoir que j'ai été utilisée, car oui c'est le mot, ne me fait pas plaisir. Certes moi aussi j’ai pris ma part de bulles, d’insouciance et de complaisance avec mon propre destin mais tu m’as menti sur bien des points, et ce corps que tu as utilisé me fait faux bond désormais. Inutile de rire de moi en faisant ton "tic tac" : je connais tes tours.

J'ai repensé à nos escapades du temps jadis pour me rendre compte à quel point j'ai été ton jouet, même si tu trouves l'image injuste. Le fait est là : pendant longtemps tu n'as pas su ce que tu voulais et tu m'as laissé, volontairement ou, non, dans l'ignorance de tes errements avec tous ces doutes qui te caractérisent sans cesse. Je suis mortifiée de comprendre que j'ai été abusée par un nombre aussi ridicule. La recherche du temps perdu, c'est bon au cinéma, dans la littérature, pas dans la vraie vie ; je n’y crois plus à mon âge. Tu en reviendras crois moi mais il sera trop tard quand tu comprendras et je ne serais plus là pour toi. J'ai peut être une part de responsabilité (mon impulsivité sans doute) mais ouvre les yeux et admets que tu y es pour beaucoup toi aussi. T'effacer de ma vie ? Laisse-moi rire : je m'y emploie avec force. Tu m’as confondu avec un autre de tes joueurs. Bien sûr tu va me trouver méprisante et méprisable par cette lettre, mais pas plus que ton comportement ces derniers temps à mon égard. Tu fais illusion... et puis ça s'en va, mais ça ne revient pas, puisque ce n’est pas une chanson populaire.

Aujourd’hui, je ne suis plus aveuglée. Mon tort est de t'avoir surestimé, le tien de m'avoir sous estimé. Ta prétention me laisse pantoise. Ta "folle jeunesse" également. Ton refus de me dévoiler tes secrets comme si je n'étais rien à tes yeux.

Que rajouter d'autre à tout ceci ? Que je me suis pliée en quatre pour te faire plaisir. Visiblement tout cela t'importunait. J'en tire une leçon désormais : inutile de s’entêter, on passe au suivant, comme aurait dit ce bon vieux Jacques.

Je te dis bon vent à tout jamais.

J'ai envie de vivre, de savoir que je plais, de laisser mon coeur s'émouvoir sous d’autres latitudes, là où la vie ne compliquera pas tout.

Le vent me portera. Ne crois pas que nous ne verrons un jour, seule la science fiction peut s‘en s'en mêler, mais saches qu'à mes yeux tu ne seras plus qu'un étranger, un désastreux souvenir. Ah toi ma dernière année de la trentaine. Oui toi, le curieux temps de ma trentaine. Profites en ; profites en bien car c’est ta dernière semaine.

Adieu, je m’en vais retrouver mon nouveau prétendant, celui qui joue avec les fils blancs de la quarantaine.

Adieu donc et bon débarras.

dimanche 19 avril 2009

Supplique satanique

Le bien ne va pas sans le mal comme le yin sans le yang. J'ai essayé de me mettre à la place de cet être énigmatique et je me suis demandée si j'accepterais ce rôle qu'on aurait voulu me donner. Personnellement c'est le texte que je préfère de ce diptyque.

Je suis un être anachronique, énigmatique, antipathique

celui que l'on ne nomme pas de peur de venir dans vos cauchemars

je suis la tentation

mes noms sont multiples

ainsi que mes visages

jadis j'étais porteur de lumière

je errais dans les hautes sphères

mais parce que j'ai osé contesté notre père

mes ailes furent brisées et ici bas on me renvoya

sur cette planète bleue qu'on nomme la terre

On me taxe de tous les maux

certains me vouent un culte

tout cela me rend perplexe

empli de doutes, de vieux réflexe

je ne comprends pas vos insultes

et parfois je tombe de haut

Si faible est votre sexe

qui vous domine, vous ruine

vous consume, vous dissous

vous cloue, vous abîme

et je suis pourtant le seul coupable que vous désignez

c'est si facile en effet de me nommer

meurtrier, scélérat

voleur, manipulateur

enjôleur, blasphémateur

vous me dites le dépossesseur

de vos âmes que vous brûlez de votre plein gré

non en enfer mais déjà sur cette terre

Qui suis-je donc pour mériter tant d'opprobre ?

ma faute fut seulement de désobéir à un ordre

je suis le blasphème

le vivant anathème

le mécréant

le méchant

celui qui vous susurre à l'oreille

dans le plus profond de votre sommeil

vos turpitudes à venir

vos bassesses à tenir

Je ne suis qu'un ange brisé

de ses ailes destitués

de son angélisme dépossédé

par son errance condamné

J'ai de multiples visages

de multiples noms

quelle que soit l'incantation

quel que soit le message

celui qu'on nomme Lucifer

le porteur de lumière