Le chemin est encore long, je le sais. Je reconstruis tout petit à petit, briques par briques. Je ne suis pas seule. Je suis aidée. Je suis comprise. Je suis même écoutée. Mais le plus important : je ne suis pas jugée.
Je ne semble pas malade, pourtant je le suis. Je l'étais sans doute déjà même si j'en refusais l'idée. Même si je repoussais mon propres corps dans ses retranchements.
Même si je me sentais coupable, au début.
On se brûle.
On survit.
On revit lentement, jour après jour.
Ma thérapie, c'est la musique. Pas qu'écouter, non. Pas seulement. Plus maintenant.
Créer, composer, modifier, réécouter. Donner des titres. Suivre le mouvement.
Je ne suis pas une musicienne au sens strict. Je le suis devenue. À ma façon, imparfaite, mais c'est à moi.
Certains marchent des heures. D'autres se perdent dans l'odeur du papier. D'autres encore disciplinent leurs corps dans la maîtrise du yoga.
L'écriture était difficile. Je l'ai suspendue ces derniers mois. Trop d'énergie. Mais ça revient. Je l'écoute. Je m'écoute.
Ce qui me guérit, définitivement, c'est la musique. Ne pas voir passer son temps en tournant un bouton. Un kick. Une nappe. Une ligne de basse. La joie d'un gosse, d'un Peter Pan qui découvre un nouveau continent sonore. Les rimes ne sont plus des mots mais des notes. Elles se répondent entre elles.
Cela m'a appris l'humilité : mon corps n'est pas une machine. Je dois m'écouter, me préserver. J'ai dû admettre que je devais m'arrêter. Me réparer.
Mais surtout, que savoir dire NON n'était pas signe d'arrogance ou de faiblesse.
Ne pas s'excuser d'exister