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mardi 17 août 2021

Terriens

C'est en discutant avec une amie sur Instagram que j'ai eu l'idée de ce post. Celle-ci  avait mis sur sa story un truc sur le saumon en élevage ; ce à quoi j'ai répondu "faut-il manger du saumon, voire du poisson tout court ? Voire même des animaux ???". Je précise que cette personne est végétarienne et que nous avons déjà eu quelques discussionss IRL sur la question.

Elle m'expliquait qu'elle essayait d'éveiller les consciences petit à petit là où moi j'ai une furieuse envie de donner un gros coup de pied dans la fourmilière.

Entendons-nous bien : chaque méthode est valable tant qu'on amène certaines personnes à se poser des questions, surtout les gens moins réfractaires. Il y a d'autres pour qui c'est une cause perdue. Ceci-dit, au bout de dix années de végétarisme, suivi de véganisme imparfait, j'utilise des moyens un peu plus musclés on va dire. Même si je ne daigne pas apporter de la bouffe végane quand il le faut. Non parce que le cri de la carotte ou sucer des cailloux. Sérieusement il va falloir vous mettre dans la têtes, chers amis omnivores, que la cuisine végétale est loin d'être triste. Au contraire, c'est une explosion de saveurs et de texture, ainsi qu'une palette de couleurs dignes de l'arc-en-ciel. Va falloir vous réveiller les gars et admettre que vous êtes de mauvaise foi. Parce que moi, votre steak-frites basique, je vous les laisse. 

Recentrons le débat, même si pour ma part il n'y a aucun débat à avoir : éthique 1 - mauvaise conscience 0.

Il faut dire que j'ai été à la bonne école. 

Je dis que mon déclic a été le 7 avril 2012. Je ne me souviens plus de la date exacte. Je mets cette date de manière symbolique. Mais comme ça s'est passé en avril et que j'aime le chiffre 7 pour ce qu'il représente mystiquement parlant...

Donc mon électrochoc a été un documentaire par le biais de mon meilleur ami à l'époque L. Qui m'a littéralement "obligé" à regarder Earthlings. De Shawn Monson. texte récité par Joaquin Phoenix et musique signée par Moby.

Une vraie claque que je me suis prise dans la gueule ce jour-là. Une claque qui allait changer ma vie du tout ou tout. 

Je ne suis pas la seule pour qui ça a fait ça. Revoir son mode de pensée et remettre tout en question ; tout ce qu'on m'a appris depuis que j'étais gamine ; de ce que la société et les industriels de la bidoche voudraient nous bourrer dans le crâne pour oublier. Oublier ce qu'il y a dans notre assiette, et faire le lien. Ce lien entre l'animal et les morceaux de cadavres qu'on découpe comme le gigot du dimanche de papy. 

Croyez-moi, pour tout ceux qui sont devenus végétariens ou végétaliens par éthique il y a comme un déclic, comme si la lumière se fait et qu'on fait justement ce lien très important. La plupart des gens en ont conscience mais le mettent sous le tapis pour ne pas avoir à y penser, comme si c'était de la poussière et rien d'autre. Tous vous le diront : quand tu fais le lien, il est difficile de revenir en arrière.

J'appelle ça déconstruire. Et bien, ce jour là, j'ai déconstruit tout ce que l'on m'avait été enseigné, inculqué, pour réapprendre à voir différemment. Dès lors, il m'était impossible de faire l'impasse sur ce que je venais de découvrir.

Je sais bien que tout le monde ne peut pas devenir végane ; j'en ai conscience. Mais certains reçoivent le message et font en sorte que ce monde soit un peu moins dégueulasse. Nous sommes des grains de sable mais des millions de grains de sable, ça forme une plage. 

Je vous avoue qu'à compter de trois quarts d'heure de documentaire éprouvant, dite par la voix douce et inflexible de Joaquin Phoenix, cet acteur que j'admire tellement, je n'ai pas pu m'arrêter de pleurer jusqu'à la fin. 

Earthling a été pour moi ce coup de pied dont j'avais grandement besoin. 

Et comme beaucoup, l'un de mes regrets c'est de ne pas l'avoir eu, ce fichu déclic, plus tôt.


Par la suite, j'ai voulu chercher l'info. J'ai continué à me documenter, non pas pour ne pas faiblir, mais parce que c'est dans ma nature de savoir.

Aussi, cette petite liste non exhaustive de tous les livres que j'ai lu pour ma part. Il y a beaucoup d'autres disponibles, je vous laisse le soin de faire vos propres recherches si le sujet vous intéresse :

- "Faut-il manger des animaux ?" de Jonathan Safran Foer. Il s'agit du premier livre que j'ai lu traitant de ce sujet. Il explique le cheminement de la pensée de Safran Foer, comment il est arrivé à faire ce fameux lien dont je parlais plus haut. Écrit de manière agréable. On commence le livre et on ne s'arrête pas avant la fin. Il me semble que Natalie Portman voulait s'en inspirer pour réaliser une série de documentaire. Natalie Portman quoi !

- "No steak" d'Aymeric Caron. Très bon ouvrage de vulgarisation. Je l'ai même prêté à ma mère. Ensuite, si on se sent d'attaque, on peut enchaîner sur "Antispéciste" du même auteur. Un poil plus dense et plus complexe.

- "Bidoche, l'industrie de la viande menace le monde" de Fabrice Nicolino. Ici nous sommes dans une enquête ultra détaillée de la filière de la viande. Beaucoup de chiffres mais passionnant de bout en bout.

- "Voir son steak comme un animal mort" et "les animaux ne sont pas des êtres comestibles" de Martin Gibert. Également de bon ouvrages de vulgarisation. Et surtout témoignage de quelqu'un qui est tombé du côté de la force lumineuse. 

- "Yes Vegan ! Un choix de vie" de Catherine Helayel. Juriste spécialisée dans le droit des animaux.

- "La planète Vegan" d'Ophélie Véron. Blogueuse plus connue sous son nom Antigone XXI. Il s'agit plus d'un manuel pratique avec beaucoup de réflexions éthiques (par ex. peut-on avoir des animaux quand on est vegan ? Moi je prends le parti d'adopter des lapins abandonnés)

- "Un éternel Treblinka" de Charles Patterson. Pour moi, il s'agit véritablement d'un livre fondateur sur le véganisme. Comment as t-on érigé la systématisation de la mort de millions d'animaux en une machine implacable ? Très controversé, mais s'appuyant sur des faits historiques. Pour la petite histoire, le titre du livre est tiré d'un ouvrage de Isaac Bashevis Singer, écrivain ayant connu les horreurs des camps de concentration. Et si je parle de ça, ce n'est pas un hasard. Définitivement le livre qui m'a fait basculer dans l'abolitionisme. Si vous préférez une étiquette, en voilà une : "je suis une végane, certes imparfaite, antispéciste et abolitionniste". C'est ma  Bible,  je  n'ai pas d'autre mot plus fort pour faire comprendre à quel point il est fondamental pour moi.




A côté, il y  a également pléthore de livres de recettes. Je cite par exemple la cuisine de Jean-Philippe, Marie Laforêt, Sébastien Kardinal et sa compagne Laura VeganPower. Sinon, je recommande chaudement le blog d'Insolente Veggie qui a commis plusieurs livres tirés de son blog. C'est très drôle, très grinçant et très bien vu.



Pour terminer, tout le monde a sa propre histoire à raconter. Comment s'est faite cette transition. Pour ma part, c'est le mot empathie qui prime sur tout. Il faut avoir un cœur bien accroché pour ouvrir son âme.

Comme l'a dit le Mahatma Gandhi "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !". 

Et je l'appliquerais à : soyez-le dans tous les domaines de votre vie. Le monde ne s'en portera que mieux. 

lundi 26 octobre 2015

Livre... ou liseuse ? C'est tout lu !

Les tablettes, liseuses et autres Smartphones ne remplaceront jamais le plaisir de tourner les pages jaunies, cornées d’un vieux bouquin qu’on a retiré du rayonnage de sa bibliothèque ; bouquin empli de poussière, que l’on vient à l’instant de réanimer en le sortant ainsi, de manière un peu cavalière parfois parce qu’on a juste été attiré(e) par la 4ème de couv’ ou encore la photo de l’auteur(e). 
 
De cela en suis-je persuadée.

Bien sûr, ces outils technologiques nous offrent un large éventail, des lectures aussi diverses que variées, de contrées pourquoi pas inexplorées ? Ils prennent également moins de place, dans sa valise ou son sac à dos. 
 
Mais le fait est que cela rendra de manière imparfaite le simple geste de lever la main et de tourner cette page entre le pouce et l’index, curieuse de ce que le conteur a à nous raconter. Parce que les pages se tournent à l’envi, on y revient si l’on n’a pas compris ou lu à la va-vite – trop vite sans être concentré(e) ; on peut le poser sur la banquette d’un train pour admirer le paysage – ou tout simplement réfléchir à cette vérité que l’auteur vient de nous asséner avec aplomb, ou en le posant sur la table d’un bar, afin de fumer une cigarette à la fraîche. Si l’on effectue le même procédé à l’aide de ces nouvelles technologies, la magie ne sera pas la même. Je gage aussi que ces liseuses et autres objets si modernes fassent justement l’objet de convoitises, bien plus qu’un simple livre. Et un livre est, en vérité, bien plus qu’un simple objet. Il est la part de mystère qui est en nous, la porte ouverte vers un monde nouveau. Une machine ne reste qu’une simple machine, et ne se prête pas. 
 
Quid des bibliothèques virtuelles ?

Comment emprunte t-on ces ouvrages ? Combien de temps pour les lire – s’effacent t-ils au bout de x jours de prêt ? Comment les restitue t-on ? Y aura-t-il un(e) bibliothécaire robotique qui nous donnera des amendes pour un oubli, un livre non rendu en temps et en heure ?

Comment se prête t-on de tels ouvrages entre gens passionnés par la littérature ?

Et au final, le livre n’est-il pas l’idéal pour entamer la conversation avec un(e) parfait(e) inconnu(e), la fameuse quatrième de couv’ étant plus incitative, non ? 
 
Pour ma part, elle m’a donné bien des occasions pour communiquer, échanger sur tout mais surtout sur rien…

dimanche 13 septembre 2009

Reader's delight

Sonnez trompettes et tocsins, voici les réponses au reader's digest spécial lecture.

1er extrait - "le petit prince" - Antoine de Saint Saint-Exupéry

Comme j'en ai déjà longuement parlé dans mes madeleines volume 2, je ne reviendrais pas là dessus. Beaucoup ont reconnu l'extrait. L'un des plus beaux livres qu'il m'est été donné de lire et je le recommande non seulement aux enfants mais aussi - et surtout - aux adultes. Certains ont oublié la magie de l'enfance et de l'innocence. C'est bien dommage.

2ème extrait - " Virgin suicide" de Jeffrey Eugenides.

Jamais livre n'a été aussi bien adapté sur grand écran. Il faut dire que derrière la caméra, c'est Sofia Coppola qui officie. Premier film ; un coup de maître. Eugenides écrit peu malheureusement – deux livres à ce jour, mais je reste néanmoins très sensible à son écriture et à son univers. Quoi de plus fascinant en effet que de passer du triste destin des filles Lisbon à celui de l'hermaphrodite Callie Stephanides dans Middlesex, en cours d'adaptation lui aussi ? Je me suis laissée dire qu'il y avait un troisième livre en préparation. Si c'est vrai, j'ai hâte de découvrir la nouvelle pépite que nous a recueilli Jeffrey Eugenides dans les rivières de son imaginaire.

L'extrait que j'ai choisi pour le reader's digest est sans conteste mon passage préféré. Il est admirable au point de vue de la retranscription des sentiments et de l'écriture fluide. J'en suis jalouse au point de rêver d'en avoir été l'auteur, c'est dire !

3ème extrait - "au bonheur des dames" d'Emile Zola.

Autant Zola décrit des scènes à la limite du misérabilisme, autant celui-ci est tout l'inverse, voire quasiment un roman à l'au de rose... j'exagère ? A peine, ne dites pas le contraire. J'ai lu le bonheur des dames au moins cinq ou six fois sans que l'on m'oblige à le faire. J'aime assez la peinture qui est faite de la naissance balbutiante des grands magasins à la fin du siècle dernier.

Certes, son "Bonheur des dames" est fictif, mais il s'inspire largement de vrais modèles tels que le Bon Marché par exemple. L'étude sociologique, notamment les personnages secondaires – les commis et les seconds qui se bouffent littéralement le nez pour obtenir un meilleur salaire, est des plus passionnantes car ce grand magasin est un véritable microcosme de la société. L'histoire d'amour entre la vertueuse Denise et Octave Mouret passe au second plan selon moi.

4ème extrait "le K" de Dino Buzatti

S'il est un écrivain que je révère, tout autant qu'Oscar Wilde ou Philip K. Dick, c'est bien Dino Buzatti, sa triste fin, ses interrogations subtiles sur la vie, Dieu, l'amour et la mort qui transpirent dans chaque page de son oeuvre. Le K représente cette peur de vivre pleinement, cette fuite éperdue qui s'avère au final absurde, infondée... enfin, telle est mon interprétation.

Buzatti excelle dans l'art de la nouvelle. Son roman « le désert des Tartares » est difficile d'accès. Si vous avez l'occasion de lire le bouquin au complet, le K donc, arrêtez vous un moment sur cette drolatique nouvelle qu'est "le petit garçon".

5ème extrait - " Dracula" de Bram Stoker

Je suis fan d'histoires de vampires. J'en ai déjà parlé brièvement ici et là et je voulais éviter la chronique vampirique de Anne Rice – ce qui n'enlève rien à la qualité du Dracula de Stoker, qui est d'ailleurs un véritable chef d'œuvre de la littérature d'épouvante.

Le point fort de cet ouvrage est que tout tourne autour d'un personnage qui n'intervient jamais directement, sauf une fois, mais dont tous les personnages parlent et autour de qui gravitent le nœud de l'intrigue.

Le deuxième point fort est que le livre se présente sous forme de lettres ; ce n'est pas un roman narratif dans le sens premier du terme.

Le trait de génie de Stoker est de s'être inspiré d'un personnage historique, Vlad Tsepesch dit "Drakul", prince de Valachie au 15ème siècle, ennemi avoué de l'empire Ottoman. En Roumanie, il est considéré comme un héros national. A la base, Dracula devait s'appeler le comte Vampyr ce qui, avouez, aurait éventé rapidement la trame.

Le dernier point de ce livre réside dans le fait qu'à partir de lui, toute la mythologie moderne vampirique s'est mise en place car Stoker a doté des pouvoirs à ces créatures surnaturelles (transformation en brouillard ou en loup) et des faiblesses (crainte de la lumière du soleil, peur de la croix, indisposition à l'ail). Avant Dracula, le vampire n'était qu'un simple mort vivant "cul terreux" décérébré. Le roman lui a donné ses lettres de noblesse.

6ème extrait "le maître des illusions" - Donna Tartt

Je me suis prise à deux fois avant de lire de bout en bout ce pavé de près de mille pages, non pas que le propos ne soit pas intéressant, mais à l'époque j'avais tout simplement eu du mal à entrer dans l'histoire de plain pied. Je n'étais sans doute pas encore prête à le lire.

Donna Tartt l'a écrit en 9 ans. Ce thriller a la particularité de mélanger la mythologie antique par le biais des bacchanales, un mystère quasi ésotérique – tout cela est-il vrai ? - et la peinture du milieu universitaire américain entre désœuvrement et turpitudes. Un excellent thriller, haletant, où les apparences sont largement trompeuses et où l'on se fait balader avec grand plaisir. Quand on pense avoir trouvé la clé, la serrure change de forme. Bref, je recommande la lecture du maître des illusions.

7ème et dernier extrait "les liaisons dangereuses" - Choderlos de Laclos

Un classique de la littérature du 18ème siècle. Un magnifique classique sous la forme de missives que s'adressent plusieurs personnages principaux ou secondaires. Une machination machiavélique afin de dévoyer deux êtres vertueux, Madame de Tourvel et Cécile de Vollange. Deux méchants charismatiques, Valmont et Mme de Merteuil, qui jouent un curieux jeu - mais on se demande toujours qui manipule qui en définitive ?

Ce roman épistolaire est régulièrement au programme de bac français et je connais bien des lycéens qui rechignent à le lire. Pourtant ce sont quelques unes des plus belles pages que j'ai découverte. La langue française peut être des plus merveilleuses quand elle sait y faire... Ce passage en particulier est un vrai régal.

Voilà le petit tour d'horizon du reader's delight. Comme dirait AMF, une fois de plus, je ne me suis pas contentée de mettre les réponses puisque je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter mes commentaires. J'ai d'autres idées de quizz (toujours ce fameux "spécial années 80") et pour ceux qui adorent le cinéma comme moi, j'ai commencé à bricoler un petit truc.

Sur les 4 participants, Feenix, AMF, Fab' et Marine, les scores ont été relativement serrés. Mais Marine l'emporte d'une courte tête avec 6 bonnes réponses. Si tu passes dans le coin, entre la sortie du prochain opus de Muse et ta rentrée qui rapproche, tu peux me demander par mail un sujet de ton choix ou un dessin de ma petite patte... La balle est dans ton camps. Et comme dirait la voix : "c'est tout, pour le moment" :).

mercredi 19 août 2009

Reader's digest

Aujourd'hui un blind test un peu particulier, enfin devrais-je plutôt l'appeler un read test ? Le principe est simple en lui même. Comme vous le savez, je suis une grande lectrice - je suis pas myope pour rien, et je vais vous défier aujourd'hui à un nouveau jeu : saurez vous reconnaître le passage ? 1 point pour le titre du livre et 1 autre point pour le nom de l'auteur. Ce ne sont pas forcément les livres dont je vous ai parlé ici... sinon ce serait trop facile. Pour vous faciliter la tâche, ce seront les premières pages de livres (sauf un extrait). A tous ceux qui aiment les quizz, envoyez-moi vos réponses sur ma boîte mail : ma.vie.intrepide@gmail.com. Et jouez le jeu sans vous servir de notre ami Google hein ! (si vous séchez je vous donnerais des indices). Je vous laisse, mettons jusqu'à la fin du mois.

1er extrait (Un truc facile pour commencer) :

Lorsque j'avais six ans j'ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la forêt vierge qui s'appelait histoires vécues. Ca représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin. On disait dans le livre 'Les serpents boas avalent leur proie toute entière, sans la mâcher. Ensuite ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion'.

2ème extrait :

Nous comprîmes l’emprisonnement que c’est d’être une fille qui vous oblige à réfléchir et à rêver et finit par vous apprendre à marier les couleurs.

Nous apprîmes que les filles sont des femmes déguisées, qu’elles comprennent l’amour et même la mort et que notre tâche est de faire le bruit qui semble les fasciner.Nous apprîmes qu’elles savent tout de nous alors qu’elles nous demeurent insaisissables.

3eme extrait :

Denise était venue à pied de la gare Saint-Lazare, où un train de Cherbourg l'avait débarquée avec ses deux frères, après une nuit passée sur la dure banquette d'un wagon de troisième classe.

4ème extrait :

Quand Stéfano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

5ème extrait :

Bistritz, le 3 mai.

Quitté Munich à 8h35 le 1er mai avec l'intention d'arriver à Vienne le lendemain de bonne heure. En principe, je devais y être à 6h46, mais le train avait une heure de retard. Si j'en crois de ce que j'ai entrevu de mon wagon et la petite flânerie que j'ai pu me permettre dans ses rues, Budapest est un endroit merveilleux.

6ème extrait :

La neige fondait dans la montagne et Bunny était mort depuis plusieurs semaines quand nous avons fini par comprendre la gravité de notre situation. Il était mort depuis dix heures quand on l'a trouvé, vous savez. Ce fut l'une des plus grandes chasses à l'homme dans l'histoire du Vermont - la police fédérale, le FBI, même un hélicoptère de l'armée : l'université a fermé l'usine de teinture de Hampden et s'est arrêté, des gens sont venus du New Hampshire, du nord de l'état de New York et même de Boston.

7ème et dernier extrait :

On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute. Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute. Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute. Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute. Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute. Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute. Crois-moi, choisis un autre amant, comme j’ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute. Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute. »

Edit : tout ces extraits me sont familiers puisque j'ai lu, voir relu les livres dont je vous parle.

dimanche 26 avril 2009

Mes madeleines volume 2

Oui, parce qu'en titrant "mes madeleines volume 1" sur un billet précédent, fatalement il y aurait une suite (ou alors je profite d'un instant d'inattention de votre part, hop le tour est joué, ni vu ni connu j't'embrouille). Attention ce qui va suivre est trépidant, mieux que 24 h chrono à la télé, et en plus je vous offre le pop corn.

Comme pour les films, j'ai des livres pas forcément de chevet (ben non ils sont tous rangés dans ma bibliothèque), mais des madeleines en matière de lecture. J'ai beau les avoir lu un nombre incalculable de fois, je ne peux m'empêcher de temps à autre de m'y replonger avec délices comme si je les redécouvrais à nouveau. Faut être maso tout de même... Mais bon, j'assume.

Vous verrez, y a en a pour tous les goûts. Et si c'est pas le votre, de goût, et bien je m'en excuse par avance.

On commence donc le listing de la mort qui tue.

"Voyage au centre de la terre" de Jules Verne, le p'tit père Jules comme je l'appelle. Pourquoi lui ? Honnêtement quand vous demandez à un fan de SF quel est l'auteur qui l'a plongé dans le bain SF (non j'ai pas le gabarit d'Obélix mais je parle de la marmite estampillée Science Fiction), dans 80 % des cas (selon les chiffres d'intrépide, 40% selon la police), les amateurs de ce genre vous citeront le p'tit père Jules. Ce nantais à l'imagination débordante et visionnaire m'a toujours mené vers des pays que je connaissais pas et que je découvrais sous la plume talentueuse de cet écrivain longtemps méprisé, ou tout au moins considéré comme mineur (maintenant une édition originale Hetzel coûte la peau des fesses). Ce titre est mon préféré. J'ai souvent accompagné le professeur Lindenbrock et son neveu Axel dans les entrailles de la terre. Ce magnifique récit d'aventure initiatique est un must have read. J'ai l'édition en poche mais aussi une édition introuvable. Après réflexions, je me demande si ma passion pour l'Islande ne vient pas de là...

"1984" de George Orwell. J'entamerais sa 5ème lecture dans pas longtemps je pense. Adapté (mal) à lécran sous le film éponyme mais plus séduisant sous sa forme "brazilesque" de Terry Gilliam, ce livre me terrifie. 1984 est une inversion de 1948 (il paraît). Orwell a dépeint son futur, mais notre présent car il n'est pas rare qu'on cite Big Brother à tout bout de champs (d'ailleurs une émission de télé réalité s'intitule ainsi... on a les références qu'on peut). Ce monde totalitaire, aseptisé, cruel, sans possibilité de révolte sous peine d'être renvoyé à la chambre 101 est tout simplement admirablement décrit. Le pire réside tout de même dans l'acceptation finale de cet état autoritaire par le héros Winston. Accepter l'inacceptable. Là on se dit que les carottes sont cuites ; tout est pourri au royaume de Danemark.

Dans la série "chronique des vampires" de Anne Rice, je demande "Lestat". D'accord, "entretien avec un vampire" est somptueux (j'avais l'impression véritable de me retrouver en Louisiane), mais j'ai un faible pour le deuxième livre de la série. Autant, dans "entretien", Lestat est dépeint comme un plouc prétentieux ; autant son personnage apparaît finalement bien plus attachant que prévu dans le deuxième volume de la série. Et son côté rock star mégalo est un poil réjouissant aussi. Par contre je n'adhère pas du tout à la seconde chronique des vampires qui me semble une resucée (normal pour des vampires) de ce qui a fait le succès de Anne Rice.

"L'écume des jours" De Boris Vian. Je suis l'heureuse détentrice d'une édition complètement introuvable, car épuisée, en 10/18. De la poésie du 20ème siècle. Un style bien à part et des trouvailles comme le piano à cocktail (si c'est breveté un jour, j'achète tout de suite !) et les contrepèteries comme Jean-Sol Partre. Et enfin l'histoire d'amour entre Chloé et Colin. Je ne vais pas m'étendre là-dessus mais Boris Vian, ou son alter ego Vernon Sullivan, est un auteur majeur à mes yeux. C'est le genre de livre que j'aimerais réellement redécouvrir comme si je ne l'avais jamais lu.

"La nuit des temps" de Barjavel. Bon ça c'est pour mon côté fleur bleue, romantique à mort (ce qui est le cas tout compte fait, l'amour à mort). Il y a Roméo et Juliette chez les britons ; il y a Elea et Païkan chez nous. Et ma fascination pour la mythique Atlantide qui a titillé tant et tant d'écrivains. La société idéale qui n'existera jamais sur terre sans doute.

"Les chroniques de San Francisco". Même pas peur : du volume 1 au dernier, je les ai tous lu. J'adore ces petites scènes et ces personnages qui s'entrecroisent à Barbary Lane. J'aurais bien aimé que Madame Madrigal m'accueille avec son joint de bienvenue. Ces chroniques ont beaucoup de charme, ça ne s'explique pas. Avec l'apparition des années sida, les chroniques prennent une tournure plus amère, plus triste. J'ai apprécié récemment retrouver ces habitants dans le dernier en date "Michaël Tolliver", inégal certes, mais comme ces cousins que l'on revoit après des années.

"Le portrait de Dorian Gray" et "la ballade de la geôle de Reading" de Oscar Wilde. Mon maître à penser. Je ne peux dire mieux. Dorian est cet être angoissé de perdre sa beauté et sa jeunesse, prêt à tout pour les garder, y compris au moyen d'un pacte sordide qui montre la vacuité et la superficialité de la société londonienne du 19ème siècle. "la ballade de la geôle de Reading" est à conseiller à tous ceux qui apprécient la poésie. Ici on parle de la trahison dans ce qu'elle a de plus terrible : "car chacun tue ce qu'il aime le plus au monde. Que ceci en nous se grave : le lâche le tue d'un baiser, le brave le tue d'une épée". J'adore me servir de cette citation qui fait toujours son effet (oui je me la pète un peu c'est vrai).

La série des "Hannibal Lecter" pour mon côté gore. Le plus grand méchant de l'histoire fictionnelle à égalité avec Darth Vador (oui j'y tiens à cette orthographe). Hannibal Lecter est brillant, il a une classe folle et c'est un gourmet raffiné qui s'y connaît aussi en vins (ça me parle ça). Hum mais je n'ai pas envie que mon foie serve à une quelconque recette. Dans le 4ème volume, "les origines du mal", on en arrive presque à avoir de la peine pour lui.. ou tout au moins comprendre les motivations qui l'ont fait basculer du côté obscur (Luke, je suis ton père... euh non c'est un autre disque celui là).

Last but not least : "Le petit prince" de Saint Exupéry. Je n'ai jamais pensé qu'il n'était qu'une historiette uniquement destinée aux les enfants. J'y vois plutôt une parabole nous demandant à nous, adultes, de garder notre âme d'enfant. A chaque fois, je m'empresse de citer l'histoire de l'alcoolique qui boit pour oublier qu'il boit, souvent pour montrer justement que sous ses dehors naïfs, ce livre a une très grande profondeur. Ces pages se lisent et se relisent avec plaisir ou avec nostalgie. Les êtres que rencontrent le petit prince ont tous leurs fêlures, leur humaine faiblesse. Je retiens surtout celle entre le renard et le protagoniste de l'histoire. En refermant ce livre, la dernière scène me hante durablement.

jeudi 19 mars 2009

Fiche de lecture


J'ai été tagguée par Madame PlumeVive pour répondre à un questionnaire sur mes comportements de lecture et les livres en général. Comme promis je m'y colle volontiers (hum ça fait 10 jours que je le lui ai dit, pô bien) et je désigne par avance deux "victimes" : Bouclette et PerdreUnePlume.
Plutôt corne ou marque-page ?
Un marque page. Je rechigne à corner un livre. J'utilise souvent un ticket de métro et quand je n'en ai pas, je fais fonctionner ma mémoire.
Lis tu dans ton bain ?
Oui, ça m'arrivait souvent avant. Maintenant moins, voire rarement. Même pas honte. Parfois c'était périlleux car le livre menaçait de tomber dans l'eau moussante (ahem).
As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
J'écris depuis toujours ou presque. J'ai entamé une trilogie qui est rédigée aux 2/3. Par ci par là, j'écris des nouvelles plus ou moins longues. Je note des mots ou des phrases qui me viennent à l'esprit (d'où l'importance de mon petit carnet !).
Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Tout dépend du style. Si c'est de la fantasy hormis "le seigneur des anneaux ", je ne lis pas. J'ai une faiblesse pour la série des Hannibal Lecter. J'apprécie beaucoup qu'un auteur installe son univers et nous y entraîne.
As-tu un livre culte ?
1984 de George Orwell
Lestat le vampire de Anne Rice
L'Ecume des jours de Boris Vian
Tout Oscar Wilde
Aimes-tu relire ?
C'est mon pêché mignon. J'ai tendance à relire un livre plusieurs années après. 1984 est celui que je relis régulièrement et à chaque fois j'en découvre un nouvel aspect. A ce jour je l'ai lu 5 fois. Relire ne me dérange pas.
Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ?
J'aurais aimé rencontré Dino Buzatti, Oscar Wilde, Richard Matheson et Philip K. Dick mais ils sont morts. Je ne cracherais pas sur une rencontre avec Stephen King et/ou Anne Rice.
Aimes-tu parler de tes lectures ?
Évidemment puisque c'est mon métier:). Tout comme j'aime faire découvrir un film, un musicien/groupe ou une série.
Comment choisis-tu tes livres ?
Je lis d'abord la quatrième de couv' pour voir si le sujet m'inspire. Ensuite je lis les premières lignes pour l'accroche. Si ça marche, si j'aime l'écriture et le style, je prends.
Une lecture inavouable ?
Pas que je sache. Il m'arrivait de lire des revues de la presse people mais ça m'est passé.
Des endroits préférés pour lire?
Le métro et le bus. J'y passe 1h30 par jour. C'est l'idéal.
Un livre idéal pour toi serait ?
Un livre qu'on ne peut refermer tant on pris par l'histoire. Un livre qui surprend sans cesse, c'est une histoire qui finalement n'est pas si linéaire et prévisible qu'on le pensait au premier abord.
Télé, jeux vidéos ou livre ?
Livres et télé (je suis accro aux bonnes séries et je regarde énormément de films)
Lire et manger ?
Ça m'est arrivé régulièrement quand j'étais étudiante et surtout au petit déjeuner mais rarement maintenant.
Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Peu importe. Tout dépend de mon humeur.
Lire un livre électronique ?
J'ai des doutes. Ça me gonflerait vite je crois. J'aime bien les livres qui ont vécus. Je serais frustrée avec un livre électronique.
Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?
S'il me tombe vraiment des mains, j'abandonne. Je n'ai jamais pu terminer "Notre Dame des petites Fleurs". Souvent j'insiste et je me rends compte que la suite est prenante, alors je termine le plus souvent. Il y a également le cas des livres non terminés que je reprends plusieurs années après et que je lis alors d'une traite (comme "le Maître des illusions" de Donna Tartt). Je pense que certains livres sont écrits pour être cueillis à un moment donné : trop jeunes, vous ne les savourez pas à leur juste mesure.

vendredi 13 mars 2009

Eureka Street

Il est des livres surprises dont on défait l'emballage sans même se rendre compte que les lire est un véritable cadeau.

J'ai terminé il y a peu "Eureka Street" de Robert Mac Liam Wilson. On m'en avait déjà dit beaucoup de bien auparavant ; et beaucoup de bien plus quelques mois à végéter entre les allées d'une bibliothèque silencieuse, fatalement un jour on finit par succomber après avoir longuement hésité (so many books so litte time, what can I do ?).

Pourtant j'étais sceptique aux premières pages et je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, je suis tombée amoureuse des personnages et des histoires, oui parce que histoires il y a. Je ne crois pas aux coups de foudre. Je crois plus aux histoires d'amour qui s'installent durablement, subrepticement, des petits riens mis à bout qui font qu'un jour on se découvre en nous ce sentiment presque tout neuf mais certainement toujours aussi beau. En l'occurrence je suis "en amour" de cet auteur irlandais. J'avais éprouvé les mêmes symptômes en découvrant Jonathan Coe.

On suit le destin pitoyable de deux anti héros. Jake avec cette interrogation récurrente : "mais pourquoi aucune femme n'est capable de s'attacher à moi ?", suivie de son corollaire "pourquoi je m'attache à celles qui ne sont pas pour moi ?". Charlie alias Chuck, plus que bedonnant trentenaire motivé par l'argent et qui va comprendre que le bonheur n'est pas là où il le croit. Ce roman serait un livre comme les autres s'il n'était inscrit dans une région à la fois sinistrée économiquement et civilement tant la lutte opposant catholiques et protestants imprime chacune des pages - Belfast en tant que cruel symbole du "bloody sunday". D'ailleurs, le chapitre le plus dur relate en quelque traits seulement toute l'ironie et l'absurdité d'une guerre séculaire. En quelques mots, quelques scènes, l'attentat de Fountain Street y est dépeint de manière quasi clinique pour mieux souligner l'horreur d'un tel acte de barbarie sournoise.

Dans ce quotidien oppressant des bombes qui éclatent régulièrement, ces petites combines pour survivre, cette bande de copains qui se retrouve régulièrement dans le même pub, on s'attache inexorablement : on les regarde vivre tout simplement. La truculence du style y est sans doute pour quelque chose, mais certainement aussi l'affection que Mc Liam Wilson voue à ses personnages de loosers.

Les dernières pages, une conclusion qu'on devine nettement, sont parmi les plus belles que j'ai lu récemment. Pas grand chose pourtant, juste le premier matin après la première nuit. Et pourtant elles sont porteuses d'un espoir. Vous l'aurez compris, je suis prête à succomber également à "Ripley Bogle" du même auteur.

vendredi 20 février 2009

Identification des schémas (si le cyberpunk m'était conté)

Bien que fan de SF et de fantastique depuis que je sais lire (c'est dire), je n'ai pourtant jamais adhéré au Cyberpunk et encore moins à l'un de ses plus illustres représentants, j'ai nommé William Gibson. Pourtant, j'avais tenté (je dis bien tenté) de lire "Neuromancien", mais ce livre m'étais tombé des mains et si vous saviez à quel point j'aime lire, vous comprendriez ma frustration de ne pas être capable de lire un bouquin jusqu'au bout (le pire sans doute a été "Notre dame des fleurs" de Jean Genet : 50 pages, pas plus). Je ne sais donc pas quelle mouche m'a piqué quand j'ai retiré le livre du rayon de la médiathèque mais le fait est là : il était entre des mains curieuses, les miennes, et je lisais la 4ème de couv', comme happée par la voix de l'auteur. Le sujet m'intéressait à vrai dire alors j'ai lu les quelques lignes de début afin de voir si j'allais adhérer ou non au style. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les premières lignes d'un ouvrage sont déterminantes, après on peut avoir de mauvais surprises et être déçu(e), mais ceci est une autre histoire.

"Identification des schémas" allie deux de mes passions : le cinéma et Internet. Je vous la fais courte : Cayce Pollard navigue en solitaire dans le monde du marketing. Son domaine ? Prévoir ce qui sera tendance d'ici quelques mois. Or un film particulier circule sur Internet de manière très fragmentaire et une communauté se crée afin de gloser sur ces fragments, de connaître l'identité du mystérieux réalisateur, d'en savoir un peu plus : bref de couper les cheveux en quatre comme tout forum qui se respecte (je sais de quoi je parle). L'employeur de Cayce, persuadé que ceci est un coup de génie marketing, lui donne pour mission de remonter jusqu'à la source.

Sans le comparer à la brillante "Conspiration des ténèbres" de Théodore Roszak, qui traitait également d'un film, et que je vous recommande fortement, ce livre m'a agréablement surpris bien que parfois technique quand il parle du filigrane d'un film. Ce qui m'a plu ? Des questions avec des réponses qui finalement ne sont si importantes que ça. Une observation de la société telle que nous la vivons, avec tous ses gadgets et ce nouveau mode de communiquer. Une héroïne avec ses phobies étranges (Cayce, par exemple, a une réaction violente envers le bibendum Michelin et elle récite un mantra pour se calmer). Des personnages secondaires hauts en couleur. Un rappel récurrent à la tragédie du 11 septembre ("Identification des schémas" est en effet sorti en 2003). Tout cela mis bout à bout est finalement très convaincant. En définitive on ne sait pas qui tire les ficelles et pourquoi. La réponse n'est pas primordiale : seul le chemin pour y arriver importe. Moi qui n'aime pas deviner l'intrigue, je me suis régalée. Cette quête, puisque c'est est bien une, m'a réconcilié avec un style que je pensais pourtant détester et qui est bien le moindre compliment que je puisse faire au cyberpunk. Tenez, j'ai vais sans doute relire "Neuromancien" : je ne vois pas là de meilleur argument.

vendredi 6 février 2009

Ballade Irlandaise

Ce jour là, "une femme sans importance" vint se recueillir sur la tombe de ce "mari idéal" qui avait été victime d'une malédiction en accrochant dans son salon le portrait d'un certain "Dorian Gray". Depuis lors il hante les allées du Père Lachaise tel "le fantôme des Canterville" en déclamant à qui pouvait l'entendre que "l'important est d'être Constant".
Ce jour là surtout, par un bel après midi de février, il y a deux ans, je pestais contre la malchance. L'appareil portable numérique de mon frère était en effet tombé en panne. J'ai quand même déposé une rose sur la tombe de celui que je considère comme l'un des plus grands auteurs de la littérature irlandaise et qui est mort dans la misère la plus complète : Oscar Wilde. Cette rose et mes souvenirs. Il m'a donné le goût des mots et des livres. Pour cela je l'en remercie.
Et comme il le dit si bien : "la vie est trop importante pour être prise au sérieux" Si vous avez l'occasion de lire "la ballade de la geôle de Reading" ou "les contes du prince heureux", plongez-y ; n'hésitez pas.