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dimanche 23 août 2026

Un pointillé

Je suis en deuil.

Mais personne n'est mort.

Une page se tourne. 

J'avais jusqu'ici du mal à refermer ce livre. Pour quelle raison, je l'ignore ? J'ai accordé ma confiance et mon amitié à une personne qui ne le méritait pas, plus vraiment. Je ne veux pas d'un fantôme qui croit pouvoir venir ici et là et me reprendre comme s'il ne s'était rien passé. Je ne veux pas d'un fantôme qui continue à me lire, à regarder ma vie comme si j'étais devenue une vague connaissance dont on éprouve parfois un peu de nostalgie. La nostalgie, je l'ai.

Mais moi, au moins, je l'assume.

Je suis déçue.

On parle toujours de rupture amoureuse. On en fait des livres, des films, des théories. Qu'en est-il de celle dont on parle si peu ? Faire le deuil de ce qui a existé, durant des années. Les confidences. Les rires. Les partages.

Se rendre compte qu'on a juste été un pointillé.

Tandis que de l'autre côté, on se morfond dans une histoire qui n'a jamais réellement existé. Poursuivre une chimère et garder ses œillères.

Il existe des personnes qui consacrent tellement d'énergie à poursuivre ce qu'elles ne peuvent pas avoir qu'elles finissent par ne plus voir la valeur de ce qu'elles avaient sous les yeux.

Une illusion peut-elle prendre tellement de place qu'elle finit par écraser un lien pourtant bien réel ? Il l'avait été.

En tout cas, pour moi.

Je suis déçue. Et en colère.

Je suis en deuil d'une amitié que je croyais avoir la même valeur pour nous deux.

Et si une main est tendue, de nouveau, je ne sais pas si j'accepterai cette fois. Un simple désolée ne suffira pas.

Je suis en deuil certes mais, paradoxalement, j'ai retrouvé une autre amitié, celle qui me lie à la femme qui partage ma vie maintenant.

Je tourne la page et j'ouvre un autre livre.

J'ai entrepris ce voyage il y a longtemps


samedi 25 juillet 2026

Ce qui revient , ce qui naît

Le chemin est encore long, je le sais. Je reconstruis tout petit à petit, briques par briques. Je ne suis pas seule. Je suis aidée. Je suis comprise. Je suis même écoutée. Mais le plus important : je ne suis pas jugée. 

Je ne semble pas malade, pourtant je le suis. Je l'étais sans doute déjà même si j'en refusais l'idée. Même si je repoussais mon propres corps dans ses  retranchements. 

Même si je me sentais coupable, au début. 

On se brûle.

On survit. 

On revit lentement, jour après jour. 

Ma thérapie, c'est la musique. Pas qu'écouter, non. Pas seulement. Plus maintenant. 

Créer, composer, modifier, réécouter. Donner des titres. Suivre le mouvement. 

Je ne suis pas une musicienne au sens strict. Je le suis devenue. À ma façon, imparfaite, mais c'est à moi. 

Certains marchent des heures. D'autres se perdent dans l'odeur du papier. D'autres encore disciplinent leurs corps dans la maîtrise du yoga. 

L'écriture était difficile. Je l'ai suspendue ces derniers mois. Trop d'énergie. Mais ça revient. Je l'écoute. Je m'écoute. 

Ce qui me guérit, définitivement, c'est la musique. Ne pas voir passer son temps en tournant un bouton. Un kick. Une nappe. Une ligne de basse. La joie d'un gosse, d'un Peter Pan qui découvre un nouveau continent sonore. Les rimes ne sont plus des mots mais des notes. Elles se répondent entre elles. 

Cela m'a appris l'humilité : mon corps n'est pas une machine. Je dois m'écouter, me préserver. J'ai dû admettre que je devais m'arrêter. Me réparer. 

Mais surtout, que savoir dire NON n'était pas signe d'arrogance ou de faiblesse. 


Ne pas s'excuser d'exister


mercredi 24 juin 2026

Les plus petites victoires sont les plus belles

Pour la première fois depuis trois mois, j'ai retrouvé le plaisir de l'écriture. Réécrire était alors jusque là la seule chose que l'on peut faire quand on est épuisée, aussi bien physiquement que mentalement. 

Un cerveau qui casse. Un corps qui se cabre pour ne pas tomber. 

Le burn out, doublé d'une dépression. Le combo gagnant. 

Je n'ai pas peur de le dire. Je ne suis pas coupable, pas redevable. C'est cette société malade qui prend l'être humain comme une simple variable. 

J'y reviendrais peut-être à ce qui m'a amenée là. 

Peut-être pas.

Ce soir donc, ou plutôt cette nuit, pour la première fois je ne suis pas repassée par ce que j'avais déjà écrit. Polir les phrases. Retirer le gras. Se satisfaire d'une scène. Apprécier le silence. 

Non.

J'ai senti un appel. Cela peut paraître absurde, mais pas pour ceux qui ont le besoin vital de raconter des histoires comme moi.

Comprenne qui sait. 

Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre, mais saches que je vais raconter ta vie depuis que tu as pris ce train. 

Quelques lignes jetées là, sur mon bloc note virtuel. 

Quelques lignes certes, mais qui ont le goût d'une grande victoire pour moi. 

Cela peut paraître peu mais c'est un pas énorme.

Je reviens à moi-même. 




lundi 16 mars 2026

Karma

 Tu seras un article de blog. Un point final à celle que j'étais il y a vingt ans.

Apaisée. Triste. En colère.

Ce lieu que je déserte parce que l'écriture me dévore ailleurs est l'endroit où je peux déposer les cendres de mon passé. Construire un univers, c'est accoucher d'une constellation. Toi n'es plus qu'une miette, une particule infime de ce que j'ai vécu, et que je vais transcrire ici à ma façon, pour fermer ce livre une bonne fois pour toutes.

Si j'avais eu encore des doutes, depuis ce week-end je n'ai ai plus aucun. J'avais un faisceau la première fois que j'avais lu cette note. Mais tu sais, des homonymes, il y en a légion.

Je n'étais donc pas certaine de la matérialité de ton existence.

Ou plutôt de ton inexistence, puisque tu es bel et bien mort.

Un commentaire qui me rappelle à quand j'habitais là-bas. Le nom d'une rue où j'y ai vécu l'enfer.

Tu n'étais plus une hypothèse abstraite. Ta mort est effective, actée.

Je t'ai décrit il y a longtemps dans une histoire que j'ai refermé depuis des années, et que je n'ai pas relu depuis. La dernière page était le point que j'ai essayé de mettre à ce qui s'est passé. Une façon d'exorciser tout le mal que tu m'avais fait.

Je suis donc partagée.

Apaisée, sans doute. Bien plus mûre, je l'espère. En témoigne ma chevelure qui se teinte de gris.

Triste. Puisque tu as compté. Ne te méprends pas : ce n'est pas une victoire. Je suis heureuse désormais. La personne qui m'accompagne maintenant me prouve tous les jours que l'amour peut être un long fleuve tranquille. Qu'aimer quelqu'un, et être aimée en retour, c'est surtout accepter l'autre entièrement, pleinement. D'être soi-même.

A cause de toi, pendant longtemps, je me suis méfiée. Je suis restée entre mes murs. Et si je devais finir seule et bien, ce n'était pas grave.

Mais je suis en colère aussi.

Tu es définitivement parti et il y a des conversations, des confrontations, que l'on ne pourra jamais aborder. Et aussi, oui, tes excuses et ta demande de pardon. Un jour, on se serait croisés par hasard, comme avant, et j'aurais pu te dire tout ce que j'avais sur le cœur.

Tu t'en es tiré à bon compte finalement.

Tant pis.

Un jour, je t'avais balancé que le karma existait, que ce qu'on fait de mal nous revient, comme un boomerang. Que des actes mauvais ne restent pas impunis.

Je ne sais pas si tu as pu t'en rendre compte, dans ta vie d'homme et de père. Après moi. Si ta vie a été chaotique ou délicatement simple. Si tu as retenu les leçons de tes erreurs.

J'ose croire que oui.

Alors.

Repose en paix.


Ma paix, ça fait longtemps que je l'ai reprise.



lundi 7 octobre 2024

16

Aujourd'hui cela fait 16 ans que j'ai ouvert ce blog. Facebook m'a rappelé à mon  bon souvenir et m'a mis un coup de pieds au derrière pour me faire revenir vers ces lieux hantés par ma plume paresseuse ; plume qui pourtant en a rempli des pages ces derniers mois,  sans poster quoi que ce soit, certes. 

C'est bien la première fois que je tiens un carnet de routes/journal extime aussi longtemps. Notez que l'expression extime n'est pas de moi mais je l'avais lu quelque part et j'avais trouvé cela judicieux parce qu'un blog est tout sauf un journal intime car à la vue de tou(s)tes pour peu que l'on sache quels mots-clés taper  sur le moteur de recherche.
 
Mais bref.

Je me demande si c'est encore utile de le continuer ; si ce que j'écris a un écho ; si simplement j'ai encore des choses à dire ou à partager. Pourtant en ce jour d'anniversaire qui ricoche malgré lui avec l'actualité mortifère, il me semble finalement que ce serait stupide et/ou  prématuré tout compte fait de refermer la porte de cette maison que j'ai construit brique à brique avec mes souvenirs, mes pensées parfois confuses et mes anecdotes ou plutôt mes innombrables mésaventures, sur lesquelles je m'arrête parfois pour rire de moi, me moquer de ma maladresse coutumière.

Parce que même si je n'écris plus grand chose, je n'arrête pas.

Je n'arrête pas de parler autour de moi. De commenter l'actualité, d'exposer mes théories, de fulminer sur la montée des extrêmes qui, je n'ai jamais compris pourquoi,  complote ; attise la haine ; suscite l'ignorance face à des communautés qui ne demandent qu'à vivre sereinement sans avoir à justifier quoi que ce soit. 

Les prisons mentales sont créées par les gens qui rejettent tout ce qui diffère d'eux. C'est dommage de fracturer son crâne à l'impossibilité de s'ouvrir sur les autres parce qu'ils sont étrangers dans tous les sens du terme.  Mais ne nous leurrons pas : tout le monde n'a pas la faculté de se mettre à la place de l'autre, de faire preuve d'empathie. Non, certains sont bornés et refusent d'accorder les mêmes droits comme si cela allait impacter les leurs, de droits, eux qui ont tout déjà. 

Mais de quoi ont-ils peur en fait ? 

Je n'arrête pas. 

Je n'arrête pas de maudire l'Humain dans tout ce qu'il a de plus déplorable, vil, dégueulasse - n'ayons pas peur des mots et, au final, in-Humain dans ce qu'il s'évertue à détruire ici-bas. 

Drôle d'anniversaire, drôle de billet pour souffler sur mes 16 bougies  - ce blog adolescent qui n'est plus un enfant mais pas encore un adulte ; ce billet qui me semble morose ce soir. Il est vrai que je n'ai jamais été quelqu'un d'optimiste même si l'humour et moi ont est foncièrement compatibles depuis que j'ai compris que c'était la meilleure façon de ne pas prêter le flanc aux critiques et aux méchancetés  qui vous tombent sur la gueule. 

Malgré tous les moyens qui sont à notre disposition, jamais l'avenir ne m'a semblé aussi désespérant et déprimant. 

Promis. 

J'essaierai de revenir avec une humeur un plus primesautière, guillerette.

Mais pas ce soir. 

Ce soir j'ai encore du mal à comprendre ce qui pousse les uns et les autres à se comporter comme des hyènes.

Je souffle sur les bougies mais le cœur n'y est pas autant qu'il devrait l'être.


jeudi 14 mars 2024

A toi l'inconnue du métro

 Tu étais là, le visage triste. Peut-être étais tu juste fatiguée mais un instant j'ai cru que tu étais sur le point de pleurer. D'instinct, je me suis assise en face de toi puisque j'avais encore quelques arrêts. Tu semblais si vulnérable habillée de ta jupe printanière, les genoux fermés, sans doute pour ne pas prendre trop de place, ni certainement pour qu'un esprit malhonnête ne s'avise de te reluquer - la position des femmes quand elles sont dans l'espace public pour ne pas trop attirer l'attention. Oui, je me suis assise en face de toi, bloquant délibérément le passage de peur qu'un imbécile ne se mette à tes côtés et ne t'adresse des reproches comme cet homme, jeune,  qui l'a fait des semaines auparavant vis-à-vis d'une femme plus âgée parce qu'il la jugeait trop peu vêtue. Comme s'il fallait une validation de qui ce soit pour s'habiller comme bon nous semble quand on est une femme. 

La musique électro se déversait dans mon casque et malgré moi, j'essayais de deviner si tu étais triste ou tout simplement fatiguée, sans trop oser croiser ton regard, ce regard dans lequel j'ai cru pourtant poindre des larmes que tu tentais de contrôler. 

Je n'ai pas osé, pas osé te dire que je te comprenais. Je me suis assise face à toi, inconnue que je ne reverrai sans doute jamais, parce qu'il me semblait que c'était la chose à faire, que j'ai eu cet instinct irrépressible de m'assurer que tu allais bien. Même si je prenais cet air détachée pour ne pas te gêner, je restais tout de même attentive aux expressions qui succédaient sur ton visage. 

Puis nous sommes toutes les deux descendues au même arrêt. Je t'ai vu au loin dans la foule et nos chemins se sont séparés.
J'espère sincèrement que, où que tu te trouves ce soir, tu sois libérée de ce poids qui semblait te comprimer les épaules. 

mardi 17 octobre 2023

Les temps sombrent...

Cela me dépasse. 

Le monde de violent, est devenu barbare. Enfin pas le monde, mais les humains qui l'habitent et qui se combattent comme si c'était la première et la dernière chose à faire avant de mourir. Toute cette haine  déversée au nom d'une hypothétique entité invisible qui nous regarderait d'en haut. Un vieillard à la barbe blanche, omnipotent, qui joue aux dés avec les vies humaines, des fourmis qui sont incapables de construire quoi que ce soit. 

Et pas un pour rattraper l'autre. 


Quel Dieu a dit qu'on devait prendre des armes et tuer au hasard en Son Nom ? Qui croit vraiment que c'est ce qu'Il veut ? Et d'abord pourquoi se réfugier derrière une religion pour abreuver les autres de sa haine constante, indéfendable, illogique ? 


Je suis déiste et parfois je flirte avec l'agnosticisme. Je crois certes en quelque chose mais qui n'est pas forcément ce Dieu vorace dont se réclament les terroristes de tous bords quels qu'ils soient. La foi est personnelle. Et la foi est tellement subjective aussi. Les livres saints ne sont après tout que des récits, des contes de fées transmis de générations en générations, parfois déformés au fil des temps, pour se convaincre que nous ne sommes pas là par hasard et qu'une force nous gouverne, gouverne nos vies, et nous demandera des comptes au jour du jugement dernier.


Alors dis-moi camarade humain pense-tu vraiment que le paradis t'attend en massacrant celui qui ne pense pas comme toi ? Qui veut juste vivre en paix avec son voisin pourtant si différent de lui ? 


Non, je ne comprends décidément pas. L'humain plus que tout me fait peur. Je crois de moins en moins en l'humanité.


L'humanité est un parasite qui s'inocule lui-même les pires des maladies : l'intolérance, la violence. 


Je déteste ce que je vois. 



jeudi 13 juillet 2023

Résilience

 Je n'ai pas pour habitude d'exploser. Cela m'arrive de grogner comme un ours mal léché mais je tempête la plupart du temps contre les objets ou contre moi-même ; je m'énerve et ça retombe ou il faut me laisser dans mon coin jusqu'à ce que le ruminant arrête de remâcher les mêmes choses. Mais aujourd'hui pour la première fois, depuis longtemps, je ne crois pas l'avoir fait par le passé, j'ai perdu mon calme face à quelqu'un qui pourtant me paie pour faire un travail quotidien. Jamais au grand jamais je n'ai été aussi frontale, aussi brutale comme peut l'être la vérité quand on a en face quelqu'un de soi quelqu'un qui déverse son stress sur votre anxiété en vous malmenant au prétexte que c'est bientôt les vacances et que vous serez seule à voguer sur le navire.

La vérité fait mal à entendre il est vrai mais j'ai décidé il y a très longtemps, quand j'étais le bouc émissaire de toute une classe, que plus  jamais je ne me laisserais faire. Je ne suis ni le paillasson sur lequel on essuie ses pieds crottés, ni un punching-ball qu'on valdingue à l'autre bout de la pièce pour passer ses nerfs. Je ne suis pas un robot mais un être humain, de chair, de sang et d'os et je ne sais pas si j'y ferai de vieux os.

J'en suis sûre même.

J'ai des épaules larges  certes, celles du taureau rassurant mais à force d'encaisser, le taureau a fini par charger et cela peut s'avérer sanglant. Pour une fois, ce n'est pas le toréro qui mate l'animal avec ses banderilles mais bien l'animal qui met à terre son bourreau. L'image est forte, certes, mais ce  harcèlement continuel, ces piques, ces réflexions pour des broutilles, ne peuvent pas perdurer éternellement. 

J'ai fait acte de résilience à de nombreuses reprises dans ma vie et elle ne m'a pas épargnée cette sacrée garce ; ce n'est pas pour que les névroses de quelqu'un d'autre essaient de percuter cet équilibre que j'ai fait enfin réussi à bâtir.

Et il y en aurait à dire sur la résilience et la capacité de résistance que j'ai eu  à éprouver durant ces longues années. 

C'est bien dommage d'en arriver là après avoir plusieurs fois pointé du doigt ce qui n'allait pas. Je me souviens de ces mots assénés comme une vérité intangible ce matin  : "on est tous dans le même train et je viens de déclencher l'alarme, et maintenant on fait quoi ?"

Maintenant on fait quoi ?

Moi je suis sûre de de ce que je ne veux pas, ne veux plus.

La vie est trop courte pour s'infliger ça.


dimanche 9 juillet 2023

En toute impunité

La France est le pays où j'ai grandi et fait mes armes en tant que citoyenne. Il faisait bon vivre dans les les années 80, même si, il ne faut pas être dupe, il y avait des inégalités, des injustices et des choses pas franchement belles à voir. Mais il y avait tout de même une forme de solidarité entre les classes. 

Cela fait maintenant pratiquement un an que j'ai quitté mon pays adoptif et je constate tristement que je ne reconnais plus ce pays qui m'a vu grandir. La fracture est aussi définitive et aussi nette que la faille de San Andrea le jour où la Californie se détachera des USA, j'en ai bien peur. Je suis triste mais surtout en colère. 

La haine prévaut ces temps-ci, attisée en cela par des gens qui ne respectent rien, et quand je parle des gens qui ne respectent rien ce n'est pas de la "racaille" des cités mais bien celle des cols blancs au gouvernement. Sous couvert de rassembler il ne fait qu'aggraver cette fameuse fracture en portant des œillères sur le mal-être et le mal-vivre des petites gens,  les méprisent  ; agitent l'épouvantail  d'extrême droite pour passer encore et toujours, ne donnant d'autre choix que celui de la peste et du choléra. Mais il ne faut pas se leurrer : gauche ou droite, la lente corrosion existe depuis une vingtaine d'année. 

Je suis écœurée.

Ecœurée de constater qu'on peut tuer en toute impunité. Certains  s'en font une joie de la mort de quelqu'un. Que ce quelqu'un soit un délinquant ou non, il ne méritait certainement pas qu'on applique sur lui la justice zéro, celle des déclassés par leur couleur de peau. A ce que je sache, la peine de mort a pourtant été abolie en France, non ? Sans honte bue, les gens se félicitent. Pour qui donc sonne le glas de l'insensibilité ?  

L'empathie n'est pourtant ni un défaut ni un gros mot. 

Je suis écœurée de la noirceur de mes concitoyens.

Fatiguée de voir que les classes dirigeantes, mais pas qu'elles, le blanc privilégié surtout, continue à se comporter comme au bon vieux temps des colonies, niant avec toute la mauvaise fois du monde qu'il y ait  un vrai problème de racisme à tous les stades de la société. Il ne tire aucune conséquence du marasme dans lequel on survit. La mauvaise foi à tous les étalages. Fais donc ce que je te dis mais pas ce que je fais. La révolution est passée par là mais pas les privilèges. Jusqu'au jour où cela pétera dans un grand feu d'artifice du 14 juillet.

Encore un peu et ce pays se transforme en chasse du comte Zaroff ou seul le plus riche pourra tirer sur le plus pauvre comme un lapin hors de son terrier.

Je suis ulcérée que quoi qu'il en coûte on ne remette jamais en cause cette institution qu'est la police : quand donc il y a-t-il eu de véritables peines exemplaires pour le dépositaire de la loi, qui justement n'est pas au dessus de la loi et à qui on donne un permis de tuer comme un 007 de pacotille ? 

Le racisme tue. Messieurs les censeurs anti tabac : apposez le sur les paquets de cigarettes : le racisme tue. Et la bêtise également. 

Chaque jour l'homme se comporte de manière inhumaine. Comme si c'était la fin des temps. Mais un jour viendra où le karma remettra l'équilibre dans la balance. 

Du moins je l'espère du fonds de mon cœur.

Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé, défendons-nous de la tyrannie...
 


jeudi 22 décembre 2022

Lettre à ceux-là

Je ne suis pas malade. Je ne suis pas une impie. Je ne serai pas vouée aux gémonies malgré tout ce que peuvent scander les Eglises et toutes les Saintes Ecritures. 

J'aime un être, de toute mon âme.

J'aime un être  qui s'avère être une femme.

Profondément. Pour la vie qu'elle partage avec moi. Cette femme que je veux chérir, choyer, protéger jusqu'à l'infini et la fin des temps. Si elle veut bien de moi. 

Et si ça vous gêne, vous choque ou vous fait froncer le nez à chaque fois que l'on se donne la main en public, ce n'est pas grave. Ce n'est pas un problème pour moi mais c'est le votre, de problème, et j'ai fort à faire avec mes névroses.

 Alors...

 Passez votre chemin. 

 Je vous emmerde. 

 Amicalement.

 M.



NB : A Bruxelles  les gens sont plus ouverts d'esprits dans l'ensemble. Il n'y à qu'à voir le jour de Gay Pride. Je n'ai donc pas vécu ce type de regard insistant, méprisant ou  dans le jugement comme on peut le rencontrer en France ou ailleurs. Ce soir c'était un cri du coeur. J'avais envie de tacler tous ces culs-bénis qui, au nom d'une religion ou d'une fausse croyance (le fameux : c'est contre-nature) se permettent de se mêler de ce qui ne les regarde pas. L'amour n'a pas de couleur, ni de sexe, ni de frontières. Alors allez-bien vous faire... ce que vous voulez : ça peut vous ouvrir des perspectives à défaut de vos chakras. Fuck You. Sincerely.

samedi 13 novembre 2021

Novembre

Il y a un terme en psychiatrie qu'on appelle sidération. Et je  pense sincèrement que c'est ce sentiment que nous avons tous vécu cette nuit là, il y a six ans ;  dans cet étrange fragment de temps, nous nous sommes tous sentis Parisiens. 

De tous les attentats que le monde a  vécu, et aura encore à subir, hélas, ce qui s'est passé au Bataclan est pour moi celui qui me traumatise le plus. Et pourtant, en cette triste début d'année 2015, on avait déjà vécu l'horreur, l'indicible - je suis Charlie. Le mot est fort sans doute, traumatisme, mais je ne vois pas quel autre terme utiliser. Je ressens ce qui s'est passé comme un évènement qui me hante encore maintenant, et pourtant je n'y étais pas. Mais c'était à une heure de train de là où j'habite. C'était loin et si proche à la fois. J'étais juste la spectatrice impuissante, zappant frénétiquement entre toutes les chaînes, tentant de comprendre ce qu'on nous montrait sur l'écran ; presque minute par minute.

Il est inconcevable qu'on puisse faire un carnage parmi des terrasses, tandis que les gens sont ensemble afin de boire un verre ; ou encore qu'on massacre, délibérément, impunément,   une foule venue là pour s'amuser et écouter son groupe favori. Moi qui aime tant la musique, et le rock.

C'était un vendredi soir. Je m'en souviendrais à jamais. Je travaillais encore à l'époque à Saint Amand. Vélo train, train vélo, et il me semblait tout naturel de souffler ce vendredi là, allongée sur mon vieux canapé, dans ma position préférée. Je crois même avoir reçu un SMS me demandant si j'avais vu ce qui se passait à l'instant.

C'est à ce moment là que j'ai pris ma télécommande et que je suis passée d'une chaîne à l'autre, ayant du mal à croire que l'incroyable se produisait sous mes yeux, impuissante. Voilà, c'est le maître mot de cette funeste soirée : l'impuissance.

Et la sidération.

Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots mais ne sombre pas), telle est la devise de Paris. Tel est également le nom du documentaire en trois parties que vient d'être diffusé sur la TNT et qui m'a insufflée ce besoin viscéral de parler du 13 novembre 2015.

Malgré moi, encore aujourd'hui, en regardant les témoignages, je n'ai pas pu empêcher les larmes de couler à flots comme cette nuit-là où, lui aussi sidéré sans doute, mon ancien voisin et ami, est venu toquer à ma porte pour savoir comment j'allais. Parce que lui aussi n'allait pas mieux que moi. Et que nous pleurions tous les deux dans les bras dans de l'autre. 

Cette image reste gravée. Deux êtres qui se consolent comme ils peuvent de la douleur du monde ; de la cruauté des êtres qui peuplent cette planète.

Et de l'incompréhension.

J'y pense encore.  J'y pense tellement que j'en écris une histoire. Je ne sais pas si je la terminerais. En tout cas, et comme à chaque fois que ma plume se fait impérieuse, cela me sert de catharsis.

Novembre est un mois où la tristesse se mêle à la mélancolie, pour bien des raisons. L'une en tout cas est cette perte de foi en l'humanité toute entière.

A la fin du visionnage de ce documentaire, pourtant, je ne retiendrais qu'une chose de l'une de ces survivantes : l'amour triomphe toujours à la fin. 

Et parce que j'écoute cette chanson en boucle ; que les paroles me parlent et me ramènent à cette soirée - chacun l'interprète comme il le veut bien sûr mais pour moi c'est ce qui s'est passé ce soir-là, et les jours d'après quand les gens viennent se recueillir sur le béton froid ensanglanté. Cette soirée qui fait si mal à notre propre humanité.





Hier, j'ai déposé des fleurs
Des roses blanches sur le béton
Ou le silence sur le désert
Où nos cœurs pleurent à l'unisson

Hier, j'ai déposé des fleurs
C'est la paix que j'venais courtiser
Des fleurs de toutes les couleurs
Des bleues, des blanches, des rouges séchées

Novembre à froid, c'est le brouillard sur la ville lumière
Nos cœurs dans l'coma, se remettent d'hier

Hier, j'ai déposé des fleurs
Chez la vieille dame sous ses grands airs 
Elle est courbée mais n'a pas peur
Qu'est-ce qu'elle est belle, la dame de fer

Hier, j'ai déposé des fleurs
Désarmés, la peur et ses guerriers
L'amour comme seul anti-douleur
Mon bouquet d'fleurs comme bouclier

Novembre à froid, c'est le brouillard sur la ville lumière
Nos cœurs dans l'coma, se remettent d'hier

Hier, j'ai déposé des fleurs
J'ai aussi fait crier la musique
Ses plus beaux airs, les grands classiques
Pour que se taise la terreur

mardi 19 octobre 2021

History of violence

C'est en cliquant sur un lien de mon fil Facebook que j'ai eu envie de raconter mon expérience et mon ressenti. Sur ce lien en effet, on parlait du traitement réservé aux femmes qui osaient passer les portes du poste de police pour déposer plainte pour viol. Et ce qui m'a choqué le plus c'est cette question : "avez vous joui pendant l'acte ?" d'une violence inouïe, particulièrement choquante quand on songe que la personne traumatisée vient déposer plainte. Parce ce que non, porter plainte contre quelqu'un n'est jamais chose facile. Et j'en sais quelque chose.

En ces jours sombres, où l'on parle sans arrêt des violences faites aux femmes, on constate cependant que la situation évolue très lentement. En vérité rien ne bouge.

On parle de double peine dans ces conditions. Celle de se faire violence malgré son trauma et de se sentir jugé(e) car pas écouté(e) et c'est ce que je reproche essentiellement à certains de nos amis de la maison Police. Un manque cruel de formation et une absence totale de psychologie ou d'empathie. 

Je parlerais du sombre connard une autre fois. Celui qui m'a détruit ; détruit ma confiance envers les autres encore aujourd'hui. Je doute souvent malgré mes dehors de caractère fort. Je suis quelqu'un d'anxieux qui  a besoin qu'on la rassure. Et je charme à tour de bras pour me convaincre que j'en vaux la peine.

Notre histoire s'est terminé de la manière la plus glauque qui soit. J'ai écrit cette histoire, que j'ai fait lire à peu de monde, pour exorciser tout ce mal. Et même encore maintenant, je suis sure que tout cela a été un beau gâchis. De celui où je me suis refermée,  méfiée de tout le monde.

La violence verbale quand elle est suivie de violence physique est une autre double peine. 

Quelqu'un force la porte de chez votre chez vous, là où vous êtes censés vous sentir le plus à l'abri, et vous frappe au plexus pour récupérer le dernier objet qui vous lie à lui. Vous avez beau vous défendre, vous ne faite pas le poids. Vous perdez, même si vous luttez de toutes vos forces. On vous frappe si fort que la douleur vous plie en deux instantanément.

Même encore maintenant, j'ai du mal à dire "il".

Avoir une côte froissée et le souffle coupé, sans compter la violence de ce qui vient de se passer, restera gravé en vous jusqu'à la fin de vos jours. C'est une scène que vous ne pouvez pas occulter.

Le pire dans tout ça ?

C'est ce qui arrive après, parce que ce n'est que le début de l'enfer, alors que vous ne voulez pas rester une statistique incapable de se défendre avec les moyens légaux qui vous sont données.

 Vous agissez. A chaud. Et personne n'est là pour vous accompagner...

Vous essayez de rassembler vos esprits, malgré la douleur qui vous vrille, pour prendre les transports sous les regards indifférents et vous passez la porte de ce commissariat central  ; ce que vous regrettez après coup parce que vous êtes brisée et dans l'affect le plus total. 

Oui, parce qu'en plus, il faut vous détacher de toute émotion afin de livrer un témoignage le plus complet qui soit. 

Celui qui prend votre déposition semble contrarié de ne pouvoir regarder le match de foot qui est diffusé ce jour là ; qui semble douter de vos paroles ; qui vous reproche carrément de vous être défendue parce que vous avez serré vos mains sur le cou de la personne qui vous agresse CHEZ VOUS ! Après coup, vous vous dites que vous auriez bien voulu lui balancer à ce flic si peu empathique : "pourquoi, il aurait fallu que je me fasse tuer pour être crédible, entendue et crue ?"

Oui, j'aurais sans doute du venir porter plainte le lendemain. Peut-être que je serais tombée sur quelqu'un de plus à l'écoute où je n'aurais pas été jugée. Mais on ne peut pas changer l'histoire. C'est celle-là qui m'a fait devenir le personne que je suis maintenant. Certainement plus dure qu'elle ne le voudrait l'être en vérité mais c'est mon système de défense, cette attaque, cette méfiance naturelle, parfois cette agressivité que je peux avoir. 

Au moins, je ne me suis plus considérée comme une victime. J'ai agi. J'ai fait quelque chose même si ce quelque chose a échoué. La plainte a été instruite et envoyée mais, faute à un mauvais adressage, cela n'a jamais abouti. Je sais pourtant de source sûre que le sombre connard a eu un électrochoc quand ce courrier a été remis en mains propres par son ancien meilleur ami quand il est repassé relever le courrier. C'est une bien maigre consolation.  

C'est ce qui vous permet de vous affranchir de cette histoire de violence.

Ça et l'écriture.

Toujours. Qui a agi comme une véritable catharsis...

lundi 19 juillet 2021

Collapse and collide*

Combien de temps faut-il pour admettre la vérité ? Une vérité que l’on tronque ; que l’on élude, parfois ; que l’on ignore, délibérément ?

Y a-t-il un déclic à un moment donné ? Une phrase qu’un ami prononce, en toute innocence ?

J’ai besoin d’aide, c’est indéniable. Je suis bancale, comme toute cette foutue planète. Mais moi j’en suis parfaitement consciente. Je suis consciente qu’une petite roue de hamster tourne jour et nuit dans ma tête, pompant toute mon énergie. A faire semblant.

Faire semblant que tout va bien. Je suis solide à l’extérieur. Mais à l’intérieur, c’est le Big Bang ; un magma indescriptible  - de la lave en fusion ; la collision des planètes ; la tectonique des plaques. Et la vie me fait la nique, sans cesse. J’ai beau me dire que demain cela ira mieux, mantra ô combien consolant, mais à un moment cela ne suffit pas. Cela ne suffit plus à me persuader du contraire. Qu’il me manque une pièce à mon puzzle mental ; mon échiquier où les noirs semblent décidément l’emporter sur les blancs.

Je suis drôle à les entendre, comme si c’était tout ce que l’on attendait de moi. Sérieuse et serviable. 

Je ne suis pas ça ; pas que ça. Détrompez-vous. Mon âme est grise. Je suis sans cesse attirée vers le côté sombre.

Je me retrouve démunie depuis un bon moment.  Je ne sais plus quoi faire...

Je ne sais qu'écrire... Et encore, il y a tant de choses que je tais aussi...

 

 * Archive toujours.

 

dimanche 4 juillet 2021

Sad mood



 

Quand certaines chansons te foutent par terre à chaque fois. T'as beau les avoir écouté un million de fois...  Par moment, elles te percutent plus que d'autres...

samedi 3 juillet 2021

Je suis....

 Je suis ce genre de personnes qui ne prend pas de décision à la légère, même si parfois je sais me rendre légère.

Je suis de celles qui s'arrêtent afin de ramasser un escargot ou une limace échoués sur le trottoir pour les redéposer sur le bas-côté, de peur qu'un piéton ou un cycliste ne les écrasent malencontreusement. 

Je suis aussi ce genre d'humaine qui fait demi-tour quand quelque chose la chagrine, juste pour m'assurer que tout va bien ; que cette vieille SDF qui git sur le pavé est encore vivante et s'arrête pour appeler le 18 pour savoir quoi faire, tout cela sous le regard indifférent des passants que rien ne choque, visiblement. Comment-voulez vous alors que l'humanité change ? Et je suis de celles qui laisse tomber ses affaires afin d'aider la dame à se relever, ou a traverser le passage piéton parce que trop vulnérable, trop inquiète de constater le flux ininterrompu des automobilistes peu soucieux car protégés par leur tonne de métal. 

Je suis également celle qui engueule le vieux con qui insulte des jeunes filles courts vêtus qui n'ont qu'une seule envie : qu'on leur foute la paix, juste par ce qu'elles veulent s'habiller comme elles l'entendent, car elles en ont le droit... Je gronde plus fort que ce vieux dégueulasse qui croit que la rue est son territoire.

Je suis de celles qui accorde une deuxième chance ; un pardon sincère. Au risque de me perdre et d'écorner un bout de mon âme. Oui, je suis de celles-là. A mon grand désarroi. Mais c'est plus fort que moi. Et parfois, j'accorde ma confiance pour une raison que j'ignore. Jusqu'à me perdre...

Je suis de celle qui, malgré l'âge avançant, est de tous les combats qui lui semblent justes. Je déteste les forts qui veulent à tout prix écraser les plus faibles ; parce qu'ayant plus de pouvoir ou plus d'argent et que les autres n'osent pas rétorquer. J'arrive à un âge où quand je veux dire merde à quelqu'un, je le dis, et tant pis si c'est mal perçu ; déformé ; ou qu'on me fasse passer pour une révolutionnaire à la petite semaine. J'aurais sans doute descellé le pavés pendant mai 68. Mais je ne suis née un an plus tard ; un an trop tard.

Je suis de celles qui ne renient pas ses convictions sous prétexte qu'il faut rester dans la norme. Mais je n'aime pas la norme. Je déteste la norme. Cette prison où l'on s'enferme de peur d'être jugé par l'autre.

Mon degré d'empathie est inversement proportionnel à la connerie que j'observe chez mes congénères qui se comportent comme des petits rois ; des petits lâches ; des inhumains. Des incertains. 

Je suis ce qu'on appelle une idéaliste. 


 

 

 

 


jeudi 1 juillet 2021

Tout passe...

 J'ai écrit ce billet il y a plus de dix ans, et je me rends compte que rien ne change, en définitive.
 
 
Tout passe. Tout casse. Tout lasse en fin de compte.
 
J'ai l'impression d'avoir vécu cette situation un millier de fois, avoir espéré plus que nécessaire et finalement être revenue à la case  départ. Je ne suis même pas déçue, tout au plus blasée, ce qui est triste quand on y songe... Et je reprends mes billes bien décidée à ne plus commencer de nouvelle partie, jusqu'à la prochaine fois, où j'y croirais de moins en moins. Le vent tournera t'il enfin en ma faveur ? J'en doute. 
 
Tout les jours accomplir les mêmes gestes, pour qui ? Pour quoi ? Nul ne le sait dans cette mascarade qui n'en finit pas ; cet éternel recommencement sans queue ni tête. On n'apprend rien ; on ne retient rien. On finit par accepter son sort puisque la chute est plus lourde lorsqu'on s'y refuse. Sans appel. Condamnée à tomber. Puis se relever, une autre fois, et chuter encore et toujours. Et je pense alors au mythe de Sisyphe. Chacun porte sa croix ; certains la soulèvent comme ils l'entendent ; d'autres simplement se résignent à changer d'épaule. Je crains hélas d'en faire de même. 
 
Je ne courbe pas l'échine. 
 
J'attends juste que l'orage passe... jusqu'au suivant.

lundi 28 juin 2021

Ship of fools

 


Le clown est fatigué. Il rend ses habits de lumière pour se revêtir de ses haillons coutumiers. Il s'en va de la scène d'un pas fatigué tandis que le rideau se referme. Le spectacle est terminé. Les lumières s'éteignent pour un temps, ou pour toujours. Revenir vers le froid et l'obscurité. La comedia delle arte dans ce que qu'elle a de plus cruelle. La vie n'est qu'une comédie même pas drôle dont nous sommes les piètres acteurs, des pantins incapables de tirer sur le fil qui nous tient, encore. 
 
Et de le couper net, pour que toute cette douleur enfin s'arrête.
 
 

jeudi 27 mai 2021

Une Empreinte

Je n’aurais pas de descendance. Je n’en ai pas voulu et je n’en aurais plus. Je ne laisserais pas grand-chose, si ce n’est des souvenirs, pour dire, face à l’éternité implacable : « Tu vois, j’étais là ».

Alors j’écris ; j’écris pour laisser une empreinte. Mon empreinte. Mes cailloux.

Je reviendrais toujours aux cailloux du Petit Poucet du conte défait mais je ne suis plus cette enfant perdue de Neverland. J’écris parce que je ne peux pas faire autrement ; parce que c’est plus fort que moi. Le flot ne peut plus s’arrêter.


Comme mon empreinte, mon pouce, mes doigts que je laisse ici pour dire « Tu vois, mais aussi j’étais là ». 

jeudi 18 avril 2019

Découvre toi d'un fil

Nous voilà revenus en avril, et je ne me découvre pas d'un fil, mais je reprends le fil de ce qui reste l'une de mes plus grandes passions ici-bas : écrire. Ecrire et noircir le papier de mes pensées et de mes histoires à 4 sous sans queue ni tête. Ecrire pour décrire et mettre à bas les maux. Mettre un mot sur les maux. Je suis et resterai une indécrottable amoureuse de la littérature.  Sache que je ne me détourne pas de toi, je prends juste des pauses. Durant ce temps où je n'étais pas ici, je déposais des photos sur mon Insta, témoignant de ce je vois au travers de mes pérégrinations dans la ville. Une autre façon de voir ; une autre façon de témoigner.

Mais je reviendrais toujours vers toi. Nous sommes liées. C'est un fait que je ne remettrais jamais en cause.

L'envie d'écrire me reprend comme cette petite vague qui devient un tsunami.  Confusément, il me manquera toujours une pièce dans mon puzzle si je cesse d'alimenter mon imaginaire.  Certes ces derniers mois, mon petit cahier noir ne me quittait pas. Par envies ou besoins - va savoir, je me laissais emporter par ma frénésie. 

Tel un ours mal léché au sortir de l'hiver, je sors de mon hibernation littéraire. ll était temps ; il est temps. Je sors de ma caverne pour te livrer mes anecdotes, mes récits ubuesques et mes sombres pensées, toi lecteur qui s'égare ici.

Le rideau se lève. Les trois coups sont annoncés.

Les acteurs se mettent en place pour jouer la pièce.

On n'attend plus que l'auteur.

Bientôt j'ai un demi-siècle.

lundi 26 septembre 2016

22h04

Nul ne peut dire pourquoi ces choses là arrivent toujours la nuit. Peut-être que le grand ordonnateur pense que la peine est atténuée, la nuit, et elle l'est car vous êtes épuisée – votre corps abdique, même si vous avez encore assez d'esprit pour prendre la terrible décision. Mais le jour vous savez consciemment que le chagrin reviendra, et la dure réalité avec.

Vous êtes déjà passée par là. Hélas. Le cycle de la vie.

Ce genre de choses se sent quand on tient compagnie à des petites boules de poils, que parfois vous sauvez de la rue ou de la bêtise tout court.

Je l'ai veillé. J'ai pris soin de lui. Je lui ai donné à manger à la main. Parce que j'avais encore un faible espoir. Mais hier. Hier j'ai enfin accepté de le laisser partir. Je lui ai murmuré à l'oreille qu'il avait le droit de partir et qu'il s'était battu comme un petit lion.

Il est mort dans mes bras. Mon corps a réchauffé le sien toute la journée d'hier. Nous étions apaisés tous les deux même si le chagrin reste en moi.

Aujourd'hui, soutenue par une amie, je l'ai amené chez le vétérinaire afin de procéder au dernier rituel, à l'adieu solennel. Tous mes amis ont été présent à un moment ou un autre dans ce processus et je les en remercie.

Je l'ai porté, blotti contre moi dans son plaid bleu qu'il aimait bien. Puis je lui ai adressé un dernier adieu sur cette froide table, comme l'était son petit corps. Et, quand je récupérerais ses cendres, je les disperserais quand bon je le jugerais et où bon me semble.

Ce n'était qu'un petit lapin, me rétorqueront certains qui ne comprennent pas et qui me jugeront sans doute parce je suis une adulte ; que ça ne se fait pas. Mais pour citer Lamartine : « On n'a pas un cœur pour les hommes et un cœur pour les animaux, on a un cœur ou on n'en a pas ».

A ceux qui me méprisent ou me moquent, je leur répondrais que c'était mon petit compagnon durant 7 longues et belles années où il a eu une jolie vie, j'ose le croire. Je ne veux en garder que les belles images.

J'aurais voulu venir ici avec des nouvelles plus joyeuses ou plus cocasses après ce long silence. Mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut. «Inch Allah » m'a dit A. hier par SMS. Et, malgré mon âge et mon expérience – je suis déjà passée par là, je suis toujours surprise de ressentir autant de chagrin. Ce vide que je vais combler en m'occupant davantage de mes deux rescapées parce que je les ai un peu délaissées durant ces derniers temps où je me battais à côté de mon « crapaud » comme j'aimais à l'appeler.

Il était plus ou moins 22h04 quand Enzo nous a quitté pour aller gambader au pays des carottes magiques.

Je ne veux en garder que cette truffe curieuse.

R.I.P.