jeudi 1 juillet 2021

Sache que...

Sache que je t'écris tout un tas de mots, qui ne te parviendront jamais.

Je suis une gomme à effacer.

Je tiens ma promesse. 

Tu vois...  Quoi que cela m'en coûte. 

Tout passe...

 J'ai écrit ce billet il y a plus de dix ans, et je me rends compte que rien ne change, en définitive.
 
 
Tout passe. Tout casse. Tout lasse en fin de compte.
 
J'ai l'impression d'avoir vécu cette situation un millier de fois, avoir espéré plus que nécessaire et finalement être revenue à la case  départ. Je ne suis même pas déçue, tout au plus blasée, ce qui est triste quand on y songe... Et je reprends mes billes bien décidée à ne plus commencer de nouvelle partie, jusqu'à la prochaine fois, où j'y croirais de moins en moins. Le vent tournera t'il enfin en ma faveur ? J'en doute. 
 
Tout les jours accomplir les mêmes gestes, pour qui ? Pour quoi ? Nul ne le sait dans cette mascarade qui n'en finit pas ; cet éternel recommencement sans queue ni tête. On n'apprend rien ; on ne retient rien. On finit par accepter son sort puisque la chute est plus lourde lorsqu'on s'y refuse. Sans appel. Condamnée à tomber. Puis se relever, une autre fois, et chuter encore et toujours. Et je pense alors au mythe de Sisyphe. Chacun porte sa croix ; certains la soulèvent comme ils l'entendent ; d'autres simplement se résignent à changer d'épaule. Je crains hélas d'en faire de même. 
 
Je ne courbe pas l'échine. 
 
J'attends juste que l'orage passe... jusqu'au suivant.

lundi 28 juin 2021

Ship of fools

 


Le clown est fatigué. Il rend ses habits de lumière pour se revêtir de ses haillons coutumiers. Il s'en va de la scène d'un pas fatigué tandis que le rideau se referme. Le spectacle est terminé. Les lumières s'éteignent pour un temps, ou pour toujours. Revenir vers le froid et l'obscurité. La comedia delle arte dans ce que qu'elle a de plus cruelle. La vie n'est qu'une comédie même pas drôle dont nous sommes les piètres acteurs, des pantins incapables de tirer sur le fil qui nous tient, encore. 
 
Et de le couper net, pour que toute cette douleur enfin s'arrête.
 
 

jeudi 27 mai 2021

Une Empreinte

Je n’aurais pas de descendance. Je n’en ai pas voulu et je n’en aurais plus. Je ne laisserais pas grand-chose, si ce n’est des souvenirs, pour dire, face à l’éternité implacable : « Tu vois, j’étais là ».

Alors j’écris ; j’écris pour laisser une empreinte. Mon empreinte. Mes cailloux.

Je reviendrais toujours aux cailloux du Petit Poucet du conte défait mais je ne suis plus cette enfant perdue de Neverland. J’écris parce que je ne peux pas faire autrement ; parce que c’est plus fort que moi. Le flot ne peut plus s’arrêter.


Comme mon empreinte, mon pouce, mes doigts que je laisse ici pour dire « Tu vois, mais aussi j’étais là ».