jeudi 27 mai 2021

Une Empreinte

Je n’aurais pas de descendance. Je n’en ai pas voulu et je n’en aurais plus. Je ne laisserais pas grand-chose, si ce n’est des souvenirs, pour dire, face à l’éternité implacable : « Tu vois, j’étais là ».

Alors j’écris ; j’écris pour laisser une empreinte. Mon empreinte. Mes cailloux.

Je reviendrais toujours aux cailloux du Petit Poucet du conte défait mais je ne suis plus cette enfant perdue de Neverland. J’écris parce que je ne peux pas faire autrement ; parce que c’est plus fort que moi. Le flot ne peut plus s’arrêter.


Comme mon empreinte, mon pouce, mes doigts que je laisse ici pour dire « Tu vois, mais aussi j’étais là ». 

vendredi 17 mai 2019

Métro, heure de pointe

Comme tous les jours, ce spectacle ne cesse de m'amuser, m'interloquer, m'interroger sur la nature humaine.

Parfois, j'aimerai être une petite souris dotée d'un mini appareil photo pour figer l'instant, cet instant que tout le monde connaît et constate sans y faire quoi que ce soit, moi y compris. Je reste dans le rôle de témoin, et cependant, actrice de ses propres défauts ; de sa schizophrénie.

J'en avait fait la même constatation amusée lorsque je prenais le train pour me rendre sur mon lieu de travail - 6 ans. Mais ce constat était atténué car les gens se parlaient un tant soit peu, communiquant entre eux un minimum sans vouloir sortir à tout bout de champs ce qui est semble être le prolongement naturel de l'humain du 21ème siècle : j'ai nommé le Smartphone, qui est tout sauf un outil de communication mais en vérité une façon de se replier sur soi même et de contempler son nombril. Je le répète une fois de plus : je ne suis pas moi même à l'abri de ces errements. 

Toujours est-il qu'il est curieux de comptabiliser le nombre de personnes qui, dans une rame, sont hypnotisés par leur écran, à tapoter frénétiquement, qui sur un jeu - le 2048 par exemple dont je fus très friande, ou consulter mails, textos et  notifications. Certains, moins nombreux, comme moi  mettent  à jour leurs publications Instagram ou écoutent tout simplement de la musique... quand la carte SD veut bien se donner la peine de me livrer la playlist. Le jeu est amusant. A tous les coups on gagne : il suffit de relever la tête et de dresser en portrait le nombre de participants à ce nouveau jeu qui consiste en "ne parle pas à ton voisin". Parfois, le jeu se retrouve ailleurs, au travail, quand trois collègues se parlent à peine, chacun consultant son écran.

Heureusement, il y a encore certains réfractaires, Astérix des temps modernes, qui plongent leur nez dans leur bouquin.


Tiens, ça me fait penser que je n'ai pas lu grand chose récemment à part un manga...

jeudi 18 avril 2019

Découvre toi d'un fil

Nous voilà revenus en avril, et je ne me découvre pas d'un fil, mais je reprends le fil de ce qui reste l'une de mes plus grandes passions ici-bas : écrire. Ecrire et noircir le papier de mes pensées et de mes histoires à 4 sous sans queue ni tête. Ecrire pour décrire et mettre à bas les maux. Mettre un mot sur les maux. Je suis et resterai une indécrottable amoureuse de la littérature.  Sache que je ne me détourne pas de toi, je prends juste des pauses. Durant ce temps où je n'étais pas ici, je déposais des photos sur mon Insta, témoignant de ce je vois au travers de mes pérégrinations dans la ville. Une autre façon de voir ; une autre façon de témoigner.

Mais je reviendrais toujours vers toi. Nous sommes liées. C'est un fait que je ne remettrais jamais en cause.

L'envie d'écrire me reprend comme cette petite vague qui devient un tsunami.  Confusément, il me manquera toujours une pièce dans mon puzzle si je cesse d'alimenter mon imaginaire.  Certes ces derniers mois, mon petit cahier noir ne me quittait pas. Par envies ou besoins - va savoir, je me laissais emporter par ma frénésie. 

Tel un ours mal léché au sortir de l'hiver, je sors de mon hibernation littéraire. ll était temps ; il est temps. Je sors de ma caverne pour te livrer mes anecdotes, mes récits ubuesques et mes sombres pensées, toi lecteur qui s'égare ici.

Le rideau se lève. Les trois coups sont annoncés.

Les acteurs se mettent en place pour jouer la pièce.

On n'attend plus que l'auteur.

Bientôt j'ai un demi-siècle.

jeudi 31 mai 2018

Confession d'une névrosée du sommeil

Je ne sais pas si ma névrose porte un nom, mais j'appartiens à la catégorie des gens qui sont incapables de dormir ailleurs que chez eux. Et je ne suis certainement pas la seule...

Depuis que j'habite à Lille, soit pratiquement 16 ans, je peux compter sur les doigts d'une seule main les quelques fois où j'ai passé la nuit ailleurs que chez moi. Dans ces quelques fois d'ailleurs, parce que ivre morte, je me suis effondrée sur le canapé d'un ami. Ou parce que je n'avais pas d'autre solution : pas de métro ni de bus.  La Tequila bien frappée vous fait glisser inévitablement dans les bras de Morphée... Et encore ! Je me souviens parfaitement m'être réveillée en pleine nuit cette fois là, puis d'être partie comme une voleuse, pour faire le trajet à pieds de Montebello jusque Solférino. A quatre heures du matin, tandis que les étals du marché se mettaient en place, j'ai croisé un jeune gars un peu paumé avec qui nous avons partagé une cigarette. Plus sobre et bien décidée, j'ai donc terminé ma nuit dans mon Sweet Home avant de reprendre le travail quelques heures plus tard. 

Ah, folle jeunesse !  

 Je  ne suis pas sûre de pouvoir retenter l'exploit.

Il est un fait que je dois me conditionner longuement. Conditionner mon corps et mon esprit afin de pouvoir user un autre sommier que le mien. Je n'aime pas le sentiment d'être piégée comme cette fois là où je n'ai pas eu le temps de réagir, et que je me suis laissée emporter bien malgré moi dans une soirée un peu dingue. Je ne retenterais pas le coup. 

 Chat échaudé craint l'eau froide. Lapin affolé craint les phares du chauffard.

Je n'aime rien tant que regagner mes pénates, tranquillement ; savoir que, quelque soit l'heure, je peux déposer mon armure, à l'abri des regards, et rester en tête à tête avec moi même.

Je ne sais pas à quoi est dû cette névrose. Peut-être le déclencheur a été cette première nuit dans laquelle je me suis retrouvée désorientée, hurlant comme la gosse de 8 ans que j'étais alors, dans le noir le plus complet - nous venions de déménager, de la ville à la campagne. Néons artificiels contre nuit étoilée d'encre. Tiens, d'ailleurs, à la manière de Proust, longtemps je me suis réveillée en ayant peur de la nuit. Une peur primale et primaire du noir.

Ce cauchemar terrifiant qui m'avait réveillée en hurlant n'est pas étranger, je pense, à mon fort attachement à vouloir dormir chez moi à tous prix.  En usant tous les stratagèmes possibles et inimaginables.

Et de l'imagination, j'en ai à revendre...

Mes amis connaissent ma sale manie. Ils me préviennent longtemps à l'avance. La plupart du temps j'esquive. Je trouve une dernière parade et je rentre chez moi.

Je sais que je suis une pantouflarde de l'extrême mais si un jour je dors chez vous, pas à cause de l'alcool non, c'est que je me sentirais chez vous comme chez moi.