dimanche 19 septembre 2021

Out of control

J’ai eu une adolescence à rebours. Et très longue à vrai dire.

Je considère en effet en être sortie depuis peu ; depuis deux ans en fait. 

A l’âge ingrat, celui où chacun de nous teste un peu tout, un peu n’importe quoi, j’étais même le prototype de la bonne élève du premier rang, celle sur qui on ne s’arrête jamais, ou juste pour lui lancer l’insulte suprême : « T’es la chouchou du prof ! ». Parce qu'il y avait plusieurs clans : les cools, fringués des pieds à la tête avec les marques les plus tendances - de vrais porte-manteaux ambulants ; les rebelles, qui s'en foutaient de la mode avec leur clous et leur cuirs, arborant des croix autour de leur cous pour certains - les new wave auxquels j'appartiendrai plus tard ; et tous les autres, ceux dont on se moquait allégrement dans la cour de l'école parce que vêtus de fringues informes, de celles qu'on hérite des aînés.

Avant de me montrer moi aussi comme le mouton noir que je resterai encore longtemps - à vrai dire, je n'en suis pas vraiment sortie et ça me joue des tours, j'appartenais donc à ce dernier clan des sans styles. J’avais la panoplie intégrale d’ailleurs : lunettes aux verres « culs de bouteilles » et montures signées par ce cher styliste très en vogue des années 80 – j’ai nommé la Sécurité Sociale ; une jolie constellation de boutons d’acné sur le front et l’arrête du nez ; vêtue la plupart du temps de sweat shirts informes et de jeans velours côtelé. Je ne dramatise pas : c’était ma dégaine en ce temps là. Bref une vraie Ugly Betty pas trop mal lotie niveau cerveau mais totalement à la ramasse question sociabilité. Depuis j’ose croire que les choses ont changé, même si je n’aurais jamais la plastique de rêve d’Adriana Karembeu ou tout autre top model. Je suis tout de même à l’aise dans mes baskets. Je ne suis pas et je ne serais jamais de ces filles sur lesquelles on se retourne mais je m'en fous à vrai dire. 

La plupart du temps.

J’étais donc une ado qui ne comprenait pas les us et coutumes de ses congénères, pas plus que je ne comprenais quelle mouche les piquait à s’agiter ainsi tous les week-end en beuveries et autres saines occupations lycéennes. J’étais une extra-terrestre venue d’une planète monochrome dédiée aux bonnes notes et la vie studieuse. Bien sûr, un peu plus tard, je me rendis moi aussi dans ces hauts temples de la culture et du BPM (beat per minut) avec une joyeuse bande d’amis, d’amis d’amis et de cousins ; bien sûr nous décimions nous aussi quelques bouteilles mais jamais pour ma part au point d’être out of control.

Toutefois, à l'instar d'un bon millier de jeunes gens bien avant moi, ce n'est pas une nouveauté ni très original : nous nous cotisions pour acheter plusieurs de ces bouteilles de vin mousseux, pas chers mais dégueulasses, puis nous nous garions dans les champs, non loin de la boîte de nuit sur lesquelles nous allions furieusement nous balancer au rythme de ce qui allait devenir la techno, et nous nous passions ce vin mousseux que nous buvions au goulot.

Bref, l'objectif était clair : arriver déjà ivres en boîte. 

A 30 ans, je connus ce que l’on appelle communément une adolescence à retardement. Moi qui n’avait tiré que 2 ou 3 taffes de toute ma vie, je commençais à prendre la fâcheuse habitude de m’acheter un paquet de cigarettes ici et là. Je pratiquais alors une sorte de « fumer c’est cool » - la cigarette mondaine. Comme d'autres pratiquent l'alcoolisme mondain. Puis j'eus une véritable épiphanie lors d'une soirée très arrosée et très fumeuse . Vous est-il jamais arrivés de comprendre l'univers en un instant ? Un de ces instants rarissimes qui vous plient en un éclair de lucidité, que vous ne retrouverez sans doute jamais mais qui vous terrifient tout en vous attirant ?

Cela n'arrive que quelques fois dans toute une vie, pour ceux qui ont constaté cet étrange tutoiement avec les anges. Il n'y a pas si longtemps, alors que je suis une adulte  bien ancrée dans ma vie maintenant, de celle qui paie ses impôts et suit les règles, plus ou moins, je me suis retrouvée la tête dans la stratosphère ; parmi les étoiles. Ne me demandez pas ce que j'ai consommé ce jour là, mais il s'agissait de quelque chose d'illégal bien évidemment. 

Durant vingt années, je devenais donc une de ces adolescentes out of control qui ne se met pas de barrière pour tester jusqu'où elle peut aller. Mais pas out of limits : il y a certaines choses que je refuse de franchir. J'ai mon propre Rubicon.

Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que parfois, lors de ce type de soirées, vous vous retrouvez à quatre heures du matin à recevoir plein d'appels parce que vous avez insisté que l'on vous texte pour vous informer que vos invités sont bien rentrés. Tandis que vous dormez d'un profond sommeil, celui de l'alcoolique de la soirée. Circonstance atténuante, ou non, je fêtai ce soir-là mon anniversaire. 

Quand, comme moi, on a toujours été considérée comme l'intello de la famille, de la classe, de la pièce, avoir autant de liberté d'un coup - vous découvrez la vie, ça fait tourner la tête assurément. Qui sait comment ma vie aurait évolué, si j'avais eu une adolescence normale ? Mais je n'ai jamais fonctionné selon les schémas plus ou moins dictés par la société.

Mais revenons à nos moutons, cette fameuse soirée de mon épiphanie. La première. 

J'habitais alors à Douai. Je faisais mes premières armes en tant que libraire. Je découvrais ce que ça faisait d'être enfin une adulte qui travaille pour assurer sa subsistance. 

Je m'intégrais dans un petit cercle d'amis. Je rentrais rarement chez mes parents. Pensez, j'avais enfin mon propre lave-linge et n'étais donc plus obligée de ramener mon barda du temps où j'étais étudiante. 

J'avais donc convié mes amis à un couscous. Nous étions quatre. En ce temps-là j'étais omnivore, encore, et mon meilleur ami deviendrait végétalien en partant sur Lille quelques années plus tard, m'entraînant dans sa chute avec lui - mais qu'elle est drôle, cette intrépide !

J'aime recevoir. J'aime nourrir les gens. C'est un de mes défauts de fabrication. 

Je n'avais pas lésiné sur les quantités qu'elles soient solides ou liquides. Autrement dit, il y avait à manger pour un régiment et à boire pour un escadron de soiffards. Plein d'alcools divers et variés. J'aimerais bien retrouver cette bière canadienne que l'on doit mettre au congélateur au moins vingt minutes avant de la déguster. 

A trop mélanger, le cerveau là-haut, fait des cabrioles. Bugue ou pète un fusible. A vous de choisir le terme qui convient.

C'est en tirant sur un cigare non pas cubain mais américain, tout en buvant mon bourbon de huit ans d'âge - en essayant de refaire le monde, que la musique de Moby m'a cueilli. Bien avant que l'artiste ne soit connu mondialement, il était punk. J'ai un drôle d'attachement à cet album "Animal rights". 

J'ai débloqué. Littéralement. 

J'ai regardé mes amis complètement hagarde, je suppose, leur indiquant que je comprenais tout. Que l'univers ne m'était plus une sombre inconnue de mon équation mais que j'étais en osmose. Pour celui qui n'a pas vécu ce type d'expérience, il est difficile d'en transcrire les émotions. Je résumerais donc à ceci : une expérience chamanique.

La suite fut nébuleuse : la redescente est bien plus abrupte. 

Le lendemain, je me réveillais sur le lit, toute habillée. 

Mes amis me confirmèrent que j'étais partie dans des théories fumeuses, la veille, qu'il m'avaient mis au lit tant bien que mal une fois que la chape de plomb s'était abattue sur moi ; qu'ils avaient fait  la vaisselle en devisant tranquillement ; et qu'ils étaient partis en claquant la porte, tout simplement, sur le coup de trois heures du matin, parce qu'il n'avaient pas les clés. Et moi, je dormais comme une bienheureuse, comme un bébé, après ces élucubrations. 

Cette nuit là, je fus donc vraiment out of control. 

 

mercredi 25 août 2021

Mes années 80

1981 : je vais avoir douze ans. C'est l'avènement de Mitterand le grand, le roi de tous les français. Je constate l'excitation dans les rues et sur la place de la Bastille. Sans m'en rendre compte, je commence à avoir une conscience politique. Cet intérêt ne m'a jamais quitté même si parfois, je suis atterrée de voir comment tout cela évolue, ces prises de pouvoir sans finalement oeuvrer pour le bien commun. Après les promesses, les politiques ont la fâcheuse manie de n'oeuvrer que pour leur bien... Mon coeur est déjà à gauche et il le restera quoi qu'il en soit. Je suis toujours du côté des opprimés, des laissés pour compte. Cela est un point commun avec mon père : la politique. Il n'était pas rare que je regarde avec lui les débats chez Michel Polac et ses fameux droits de réponse. 

1982 : je découvre la musique pop par le biais des ondes qu'on appelle désormais FM, après avoir été longtemps dites libres. A la radio, un groupe me transperce les tympans dans le bon sens du terme. J'achète alors mon premier vinyle avec le maigre argent de poche que j'économise chaque dimanche - à l'époque, il s'agissait de francs. Plus tard, Alides Hiddings et ses Bandit du Temps, ou Time Bandits en référence aux Monty Python, proclamerait qu'il était l'homme à la voix d'or et je l'écouterais en boucle bien volontiers. Encore maintenant, il m'arrive de les écouter. C'est plus facile avec YouTube...

En parallèle, je reste une enfant sauvage que seuls les livres et la musique délivrent de ses peurs primaires. Je continue à faire des fiches sur tout et n'importe quoi à l'aide des encyclopédies familiales.

1983 : je continue dans ma lancée en me gorgeant de musique. Pour la timide que je suis, c'est une porte de sortie. Ce sera certainement l'une des plus grandes histoires d'amour de ma vie. La musique sous toutes ses formes. Enfin presque. J'ai quand même mes limites.

1984 : je découvre la new wave et la cold wave. Alphaville devient l'un de mes groupes préférés. Joy Division puis New Order entrent dans mon walkman, sans compter The Cure, Siouxie and the Banshees, Echo and the Bunnymen - que des noms fantastiques et fantaisistes. C'est également le début de l'euro-dance, et le boom de Depeche Mode. Mais qui connait encore Erasure, Alison Moyet, Frankie Goes to Hollywood à part moi ? 

Mes goûts en matière de musique s'affinent et je sais que j'adorerai pour toujours ce courant musical anglo-saxon. Encore aujourd'hui, je ne lasse pas de passer un titre des Smiths. Car il y a toujours une lumière qui ne s'en va jamais*

C'est également l'année où le 1984 de George Orwell se confond avec la réalité temporelle. Même si ses prédictions ne verront le jour que quelques vingt ans plus tard avec les prémices de la téléréalité et l'explosion des réseaux sociaux. Big Brother will watching you. 

Don't matter what you do. 

1985 : j'ai seize ans et sonne l'heure de mes premiers émois adolescents. Oui, je sais, je n'ai jamais été précoce dans certains domaines. C'est aussi le moment où on se comporte de manière très irrationnelle en faisant exprès de passer devant la maison de celui pour qui son coeur bat. Je ne connais même pas son prénom. Je ne le connaîtrais jamais son nom. Je me souviens seulement qu'il avait les cheveux blonds comme les blés.

Mais c'est également l'année où tout une classe me prend pour cible par des quolibets incessants, des moqueries sur mon nom de famille, complet, dont je suis fière désormais ; cet épisode me marquera à jamais. 

1986 : c'est donc l'année de la renaissance et de la rébellion. Mon style vestimentaire détonne parmi tous ces coincés bourgeois de ce lycée de Cambrai.  Je porte des treillis et des blousons militaires et j'emmerde tous ceux qui me toisent. Après avoir été le souffre-douleur de toute une classe, je me libère littéralement et je me promets de ne plus jamais me laisser faire. Le premier qui vient à ma rencontre en me parlant de mon nom, banal pour une portugaise, je le recadre direct. Pourtant il n'a aucune mauvaise intention à mon égard et nous finirons par devenir amis. 

Comme quoi, ça laisse des traces, cette manie qu'on les humains de se foutre en meute pour harceler ceux qui ne leur ressemble pas.

Moi c'est devenu ma force. 

Entre deux, nous allons à des boums. Oui c'est bien le mot qu'il faut utiliser. Nous prenons la route sur trois kilomètres, à pieds, pour nous rendre dans une de ces salles des fêtes et danser sur des rythmes binaires. Je fuis le quart d'heure américain par contre. 

Même encore maintenant, je ne suis pas une fana des slows. 


1987 : Je n'ai rien à dire ou presque pas. Je tombe de nouveau en grâce ; amoureuse cette fois, ce n'est plus un crush d'adolescente. Un amour platonique qui restera longtemps en moi. Parfois, j'ai une certaine nostalgie. Je regarde la page Facebook, puis je reviens vers le présent. 

C'est l'année où je suis monitrice en centre aéré. A moi les sorties en groupe, en boîte. Je danse comme une folle sur the belgium sound ; le son du Boccacio.

1988 : la new beat bat son plein. Mon style évolue. Je m'habille souvent de sombre. Je pique des vestes masculines que j'agrémente de chaînes où pendent des croix. Je suis définitivement new wave même si j'adore moi aussi dépenser toute cette énergie sur les pistes de danse du Loft ou encore du Space et  ses trois ambiances sonores. Nous découvrons émerveillés les acrobaties de celui que nous appellerons "le révolutionnaire" tant son style est singulier à la fois dans les vêtements et les mouvements de son corps tandis qu'il ressent ces fameux BPM.

1989 : j'ai vingt ans. On dit que c'est le plus bel âge mais j'ai des doutes. Je suis en fac d'histoire. C'est le moment des nouveaux horizons ; des nouveaux amis et mode de pensées. Nous devenons de jeune adultes. Mon style est un mix entre la gouaille du titi parisien et la recherche de l'originalité, avec mes bretelles, mes casquettes et mes pantalons pied de poule.

En novembre, une sorte de frisson s'empare de moi quand je découvre, à travers l'écran cathodique, là-bas à plusieurs milliers de kilomètres de ma petite ville de province, que les gens détruisent pierre par pierre un mur de la honte. Je ne sais pas encore que cela signera aussi mon amour pour cette ville, vers laquelle je suis attirée sans cesse. Berlin et tout ce que cette liberté annonce. 

1990 et celles qui suivent : nous passons une décade. Je continue mes études en histoire médiévale. Je prends un peu plus d'autonomie et ne reviens plus aussi souvent chez mes parents. C'est le début du grunge et de Nirvana ; le début du trip hop et des ses principaux représentants : Massive Attack, Archive et Portishead que j'écoute encore régulièrement. J'entre dans la catégorie des jeunes adultes bientôt sur le marché de l'emploi. Je ne sais pas encore toutes les galères qui vont me tomber sur la gueule.

Je suis confiante. Pleine d'optimisme. 

Ensuite, je deviens cette adulte qui essaie de trouver un boulot et prendre son envol, et qui  galère comme des millions d'autres avant moi. Mon diplôme ne me sert pas à grand chose à vrai dire.

Une chose est certaine cependant : je reste définitivement, et à jamais, une enfant des années 80.


* Traduction de "there IS a light that Never goes out" des Smiths. Définitivement ma chanson préférée 

mardi 17 août 2021

Terriens

C'est en discutant avec une amie sur Instagram que j'ai eu l'idée de ce post. Celle-ci  avait mis sur sa story un truc sur le saumon en élevage ; ce à quoi j'ai répondu "faut-il manger du saumon, voire du poisson tout court ? Voire même des animaux ???". Je précise que cette personne est végétarienne et que nous avons déjà eu quelques discussionss IRL sur la question.

Elle m'expliquait qu'elle essayait d'éveiller les consciences petit à petit là où moi j'ai une furieuse envie de donner un gros coup de pied dans la fourmilière.

Entendons-nous bien : chaque méthode est valable tant qu'on amène certaines personnes à se poser des questions, surtout les gens moins réfractaires. Il y a d'autres pour qui c'est une cause perdue. Ceci-dit, au bout de dix années de végétarisme, suivi de véganisme imparfait, j'utilise des moyens un peu plus musclés on va dire. Même si je ne daigne pas apporter de la bouffe végane quand il le faut. Non parce que le cri de la carotte ou sucer des cailloux. Sérieusement il va falloir vous mettre dans la têtes, chers amis omnivores, que la cuisine végétale est loin d'être triste. Au contraire, c'est une explosion de saveurs et de texture, ainsi qu'une palette de couleurs dignes de l'arc-en-ciel. Va falloir vous réveiller les gars et admettre que vous êtes de mauvaise foi. Parce que moi, votre steak-frites basique, je vous les laisse. 

Recentrons le débat, même si pour ma part il n'y a aucun débat à avoir : éthique 1 - mauvaise conscience 0.

Il faut dire que j'ai été à la bonne école. 

Je dis que mon déclic a été le 7 avril 2012. Je ne me souviens plus de la date exacte. Je mets cette date de manière symbolique. Mais comme ça s'est passé en avril et que j'aime le chiffre 7 pour ce qu'il représente mystiquement parlant...

Donc mon électrochoc a été un documentaire par le biais de mon meilleur ami à l'époque L. Qui m'a littéralement "obligé" à regarder Earthlings. De Shawn Monson. texte récité par Joaquin Phoenix et musique signée par Moby.

Une vraie claque que je me suis prise dans la gueule ce jour-là. Une claque qui allait changer ma vie du tout ou tout. 

Je ne suis pas la seule pour qui ça a fait ça. Revoir son mode de pensée et remettre tout en question ; tout ce qu'on m'a appris depuis que j'étais gamine ; de ce que la société et les industriels de la bidoche voudraient nous bourrer dans le crâne pour oublier. Oublier ce qu'il y a dans notre assiette, et faire le lien. Ce lien entre l'animal et les morceaux de cadavres qu'on découpe comme le gigot du dimanche de papy. 

Croyez-moi, pour tout ceux qui sont devenus végétariens ou végétaliens par éthique il y a comme un déclic, comme si la lumière se fait et qu'on fait justement ce lien très important. La plupart des gens en ont conscience mais le mettent sous le tapis pour ne pas avoir à y penser, comme si c'était de la poussière et rien d'autre. Tous vous le diront : quand tu fais le lien, il est difficile de revenir en arrière.

J'appelle ça déconstruire. Et bien, ce jour là, j'ai déconstruit tout ce que l'on m'avait été enseigné, inculqué, pour réapprendre à voir différemment. Dès lors, il m'était impossible de faire l'impasse sur ce que je venais de découvrir.

Je sais bien que tout le monde ne peut pas devenir végane ; j'en ai conscience. Mais certains reçoivent le message et font en sorte que ce monde soit un peu moins dégueulasse. Nous sommes des grains de sable mais des millions de grains de sable, ça forme une plage. 

Je vous avoue qu'à compter de trois quarts d'heure de documentaire éprouvant, dite par la voix douce et inflexible de Joaquin Phoenix, cet acteur que j'admire tellement, je n'ai pas pu m'arrêter de pleurer jusqu'à la fin. 

Earthling a été pour moi ce coup de pied dont j'avais grandement besoin. 

Et comme beaucoup, l'un de mes regrets c'est de ne pas l'avoir eu, ce fichu déclic, plus tôt.


Par la suite, j'ai voulu chercher l'info. J'ai continué à me documenter, non pas pour ne pas faiblir, mais parce que c'est dans ma nature de savoir.

Aussi, cette petite liste non exhaustive de tous les livres que j'ai lu pour ma part. Il y a beaucoup d'autres disponibles, je vous laisse le soin de faire vos propres recherches si le sujet vous intéresse :

- "Faut-il manger des animaux ?" de Jonathan Safran Foer. Il s'agit du premier livre que j'ai lu traitant de ce sujet. Il explique le cheminement de la pensée de Safran Foer, comment il est arrivé à faire ce fameux lien dont je parlais plus haut. Écrit de manière agréable. On commence le livre et on ne s'arrête pas avant la fin. Il me semble que Natalie Portman voulait s'en inspirer pour réaliser une série de documentaire. Natalie Portman quoi !

- "No steak" d'Aymeric Caron. Très bon ouvrage de vulgarisation. Je l'ai même prêté à ma mère. Ensuite, si on se sent d'attaque, on peut enchaîner sur "Antispéciste" du même auteur. Un poil plus dense et plus complexe.

- "Bidoche, l'industrie de la viande menace le monde" de Fabrice Nicolino. Ici nous sommes dans une enquête ultra détaillée de la filière de la viande. Beaucoup de chiffres mais passionnant de bout en bout.

- "Voir son steak comme un animal mort" et "les animaux ne sont pas des êtres comestibles" de Martin Gibert. Également de bon ouvrages de vulgarisation. Et surtout témoignage de quelqu'un qui est tombé du côté de la force lumineuse. 

- "Yes Vegan ! Un choix de vie" de Catherine Helayel. Juriste spécialisée dans le droit des animaux.

- "La planète Vegan" d'Ophélie Véron. Blogueuse plus connue sous son nom Antigone XXI. Il s'agit plus d'un manuel pratique avec beaucoup de réflexions éthiques (par ex. peut-on avoir des animaux quand on est vegan ? Moi je prends le parti d'adopter des lapins abandonnés)

- "Un éternel Treblinka" de Charles Patterson. Pour moi, il s'agit véritablement d'un livre fondateur sur le véganisme. Comment as t-on érigé la systématisation de la mort de millions d'animaux en une machine implacable ? Très controversé, mais s'appuyant sur des faits historiques. Pour la petite histoire, le titre du livre est tiré d'un ouvrage de Isaac Bashevis Singer, écrivain ayant connu les horreurs des camps de concentration. Et si je parle de ça, ce n'est pas un hasard. Définitivement le livre qui m'a fait basculer dans l'abolitionisme. Si vous préférez une étiquette, en voilà une : "je suis une végane, certes imparfaite, antispéciste et abolitionniste". C'est ma  Bible,  je  n'ai pas d'autre mot plus fort pour faire comprendre à quel point il est fondamental pour moi.




A côté, il y  a également pléthore de livres de recettes. Je cite par exemple la cuisine de Jean-Philippe, Marie Laforêt, Sébastien Kardinal et sa compagne Laura VeganPower. Sinon, je recommande chaudement le blog d'Insolente Veggie qui a commis plusieurs livres tirés de son blog. C'est très drôle, très grinçant et très bien vu.



Pour terminer, tout le monde a sa propre histoire à raconter. Comment s'est faite cette transition. Pour ma part, c'est le mot empathie qui prime sur tout. Il faut avoir un cœur bien accroché pour ouvrir son âme.

Comme l'a dit le Mahatma Gandhi "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !". 

Et je l'appliquerais à : soyez-le dans tous les domaines de votre vie. Le monde ne s'en portera que mieux. 

mercredi 11 août 2021

Le démon de la danse

Nulle incantation ou évocation d'un quelconque démon issu des enfers. Mon démon à moi est bien plus coloré et inoffensif.

Je suis ce genre de personnes qui adore particulièrement danser et je ne suis pas la dernière à être sur la piste à me trémousser.

Je vis le casque vissé aux oreilles tandis que je me dirige vers la station de métro la plus proche ou quand je télétravaille. Dans ces cas là je mets mon enceinte Bluetooth. Ou encore les dimanches quand je prépare le déjeuner comme ce midi et que je lance ma playlist Chemical Brothers sur la grosse enceinte.

Mais souvent, quand je rentre le soir de ma journée de présentiel ; ou pour entamer mon week-end, je n'ai pas fait un mètre, ayant largué mon sac à dos sur le canapé, que je finis invariablement par danser sur la musique qui tourne sur le moment. De temps en temps, quand on faisait du télétravail H24, je mettais de la musique et me dandinais dans le salon pour me défouler parce que  j'en pouvais plus de ces logiciels. Un exemple comme un autre^^

Généralement il s'agit de l'électro.

Encore heureux que mes rideaux occultent la vue sur mon salon, sinon les passants auraient un drôle de spectacle ! Oui parce que j'habite au rez-de-chaussée et les gens ont tendance à penser qu'il n'y a personne derrière, jusqu'au moment ou j'entrouvre ces fameux rideaux ; que j'allume le plafonnier dans ma cuisine ou que je ferme les volets électriques. Ça surprend tout le temps !

Parfois, j'ai aussi la brutale envie de danser dans la rue. Et ça, ça la fout mal, je sais. Aussi je me contente de tapoter, chantonner et marcher de manière un peu plus chaloupée.  Ou quand il s'agit des caisses aux supermarchés tandis qu'on attend de déposer ses courses sur le tapis.

Les gens doivent me prendre pour une folle mais je m'en fous : la musique c'est la vie et danser c'est bon pour mon karma.

Lors des deux dernières soirées que j'ai organisé chez moi, dont l'une pour fêter mon anniversaire à coup de tequila paf, mojito maison faits par mes soins, je n'étais pas peu fière que l'ensemble de mes invités se soient mêlés à moi pour se trémousser eux aussi sur la piste.

Peu importe qu'on ne danse pas en cadence : l'important, c'est de s'amuser.

Ou, comme aurait dit ce cher Pierre de Coubertin, l'important c'est de participer. 


NB : à l'heure où je publie ce billet, je suis quasiment toute seule à mon étage, au travail, et je peux donc laisser libre court à ma sale manie :p Sur du Chemical Brothers, ça fait toujours son effet...