Posted by ma vie intrepide on 22:12:00 with No comments
Le Liquium est un des rares voire seuls bar exclusivement hétéro-friendly de Lille. Malheureusement, au bout de sept années, son gérant a décidé de le fermer définitivement. Non pas par obligation financière car il avait ses solides habitués mais parce qu'au bout d'un moment, il était temps pour lui de passer à autre chose. Faire une pause dans la vie, comme on dit, prendre soin de lui et prendre le temps, tout simplement.
Aussi, l'autre jour, le 15 juillet, j'étais triste d'y aller boire une dernière pinte pour un baroud d'honneur.
Comme pour souligner ce moment - la fin d'un endroit chaleureux, le ciel était de la partie avec cette petite pluie qu'on appelle un crachin.
C'est également cet instant là qu'on se dit qu'on regrette de n'y pas avoir été plus souvent alors que j'habite à deux ou trois pâtés de maisons tout au plus. D'autant qu'on pouvait y déjeuner et dîner pour pas cher et entièrement végan.
C'était un endroit où chacun était bienvenu, sans jugement aucun et où on s'en s'y sentait libre, protégé - ce n'est pas rien, sous l’œil bienveillant de Myn, le gérant, à qui j'ai indiqué pour cette dernière soirée que certaines pages internet indiquaient encore son deadname, ce que je trouvais moi, ulcérant.
Elle va me manquer cette petite Licorne...
Aussi, c'était ma petit contribution pour dire à quel point ce type d'endroits va nous manquer, la communauté queer de Lille.
Posted by ma vie intrepide on 22:11:00 with No comments
C'est un fait que je suis sensible à la musique classique. Ce n'a pas toujours été le cas. Je me souviens de certains dimanches où mon père faisait éclater sa chaîne hi-fi pour réveiller toute la maisonnée, quand il ne s'agissait pas de sonner le cor, comme au service militaire.
Dieu sait ce que je détestais ça à l'époque : être réveillée de cette manière par ce que l'on qualifie de grand musique.
Mais voilà, on dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Mes goûts en matière de musique se sont bien diversifiés avec le temps et la maturité, et je fais désormais le grand écart entre plusieurs genres aussi divers que complètement opposés. De l'électro à la techno industrielle berlinoise, en passant par le ska, le punk, le trip hop, voire le métal, le rock anglo-saxon ou bien la nouvelle chanson française du style Pomme, Aloïse Sauvage, Hoshi ou Suzanne. Que voulez-vous : j'aime quand les paroles sonnent et signifient quelque chose.
Rien pourtant n'est plus intense que d'écouter un quatuor jouant du Dvorak de manière virtuose ou d'apprécier la générale d'Il trovatore, Nabucco de Verdiou encore une création un poil plus originale, Coraline de Neil Gaiman. ll faut dire que j'ai la chance d'avoir une amie qui travaille à l'Opéra de Lille ; amie qui nous fait souvent le plaisir de distribuer ses largesses. Autrement dit, elle met à disposition des billets gratuits parmi notre petite bande. Et je ne suis pas la dernière à sauter sur l'occasion.
Nous avons la chance d'avoir un Opéra digne de ce nom dans notre ville. Un modèle au niveau architectural et à l'acoustique juste imparable. Le son est bon quoi ! Je ne boude jamais mon plaisir quand j'y vais. Inutile non plus de s'habiller en pingouin car le commun des spectateurs est vêtu comme moi : jeans et baskets. Même si certains font péter la cravate et le veston...
L'opéra et les concerts me manquent, c'est un fait et j'ai hâte d'y retourner. Dire que la dernière fois que je suis rentrée dans une salle, c'était fin 2019. Damien Saez durant plus de trois heures au Zénith. Mon dos cassé s'en souvient encore à force de rester debout. Il faut croire que j'ai eu le nez creux cette année, car j'avais également amené mes neveux au Stade de France voir Muse, rien que ça. Leur cadeau de noël, un peu tardif certes. Mais il s'agissait là de leur première fois et j'ai pas choisi le truc le plus confidentiel non plus. Sans compter Archive entre deux. C'est un fait que dès que le collectif vient à Lille, je vais les voir. Enfin les écouter et surtout danser sur leur électro mâtinée de trip-hop. Parce que rester droite comme une bûche ou filmer durant un concert : très peu pour moi. Ce genre de messe se vit chaque minute avec chaque parcelle de son corps et, accessoirement, de ses oreilles. Avec pour conséquence, la probabilité d'être aphone le lendemain. Si vous voulez me faire taire, moi éternelle bavarde, vous savez quoi faire... Accessoirement, me donner à manger, ça marche aussi.
Tout ça pour vous dire, que la musique et moi ça fait longtemps qu'on s'aime un peu, beaucoup, passionnément. Et j'ai l'art et la manière de danser sur à peu près n'importe quoi. Surtout n'importe quoi. Enfin peut-être pas tout non plus, faut pas déconner.
D'ailleurs j'ai un billet sur cette manie que j'ai de vouloir danser un peu partout, en mode brouillon pour le moment.
La musique classique a de ceci qu'elle transporte où que l'on soit. J'ai une préférence pour les russes comme Rachmaninov ou Tchaikovski. J'adore particulièrement le Dies Irae de Verdi, à mon sens, bien plus fougueux que celui de Mozart. J'apprécie également les Requiem comme celui de Fauré ou le Stabat Mater de Pergolese.
En vérité, je donnerai cher pour assister au moins une fois à mon opéra préféré : "Tosca" de Puccini. Qui sait si un jour j'aurais la chance d'en savourer les moindres arias ?
* En référence à bien sûr au quatrième album de Queen, comprenant ce titre que tout le monde connait, Bohemian Rhapsody. Je ne vous ferais pas l'injure de vous poster un lien YouTube.
Pour ma part, j'ai une faiblesse pour Innuendo.
Album opératique avec ce fabuleux titre d'entrée de même nom. L'album que Freddy Mercury rêvait de faire depuis longtemps selon certains documentaires.
Posted by ma vie intrepide on 18:05:00 with No comments
Cet après-midi, j'ai fait un bref aller-retour à l'Hôtel de Ville de Villeneuve d'Ascq pour déposer, cette fois, un dossier pour un passeport. Oui, je sais, il n'est jamais trop tard pour avoir une telle pièce d'identité surtout quand ça fait vingt-cinq ans qu'on est naturalisée. Parfois, je ne suis pas une fille très rapide sur certains points^^
Mais il ne s'agit pas cette fois de narrer mes nouveaux exploits administratifs. Un passeport diantre : comme si j'allais faire le tour du monde d'ici une semaine. Plutôt à la Saint Glin Glin oui.
J. si tu passes par là, et je sais que tu le feras, je m'en vais te raconter mon envie de trucider quelques un de mes congénères qu'on nomme les humains, ces bipèdes trop fiers de l'être, les cons. Je te rassure, ce n'est qu'en pensée même si l'envie me démange car je n'ai pas particulièrement envie de passer ce qu'il me reste de vie derrière les barreaux. A moins que tu me ramènes des oranges ;)
Si je déteste prendre le métro, c'est qu'il y a toute une faune qui gravite dans les rames. Le matin ça passe encore. Les habitués, les forçats mal réveillés qui petit-déjeunent dans le métro ; ceux qui lisent les journaux gratuits ; qui finissent leurs nuits en somnolant sur l'épaule du voisin ou qui, comme moi, préfèrent se retrancher derrière un mur sonore - comprendre casque bluetooth vissé sur le crâne. Le soir c'est à peu près la même tambouille, sauf peut-être un peu plus de gens qui reviennent des courses.
L'après-midi, comment dire....
C'est là qu'on entre de plain-pied dans la quatrième dimension avec tous ses corollaires.
Déjà, question distanciation sociale, ce n'est pas ça. Le 1 mètre est réduit à la portion congrue, c'est-à-dire plutôt 10 centimètres, et encore je suis gentille. Le pire en vérité, c'est ce type qui garde son masque sur le menton tandis que nous, pauvres couillons disciplinés, nous le mettons correctement. Bref ce type s'assoit à côté de moi, sur la banquette, et écluse consciencieusement sa 8.6 tout en voulant me parler. Je ne sais pas si tu connais cette bière, J. mais ici on la vend dans les petits épiciers arabes pour moins d'un euro. Heureusement, Les Chemical Brothers sont une meilleure compagnie et une barrière anti-con assez efficace.
Le retour ne fut pas mieux avec cette bande de jeunes morpions qui s'amusaient à descendre de la rame pour courir vers l'autre porte, au risque de nous bloquer le métro. Eux aussi ne connaissaient pas l'usage du masque dans les lieux clos.
Je préfère pour ma part, les transports amoureux (oui elle était facile celle-là) ou les transports musicaux comme ce morceau qui m'a accompagné sur mon trajet, J.
PS : Je connais Manimal bien sûr ! Avec le recul, les effets spéciaux étaient cheap - trois ou quatre pauvres transformations, pour un métamorphe : peut mieux faire. Je n'ai jamais accroché à K. 2000 et Supercopter. Par contre je valide l'île Fantastique.
PS 2 : je vois que tu cites Murakami. Je ne saurais trop te conseiller 1Q84 du même auteur. Une dystopie. Dommage qu'on habite pas la même ville : je te l'aurais prêté bien volontiers. 3 tomes, si tu te sens d'attaque :p
Posted by ma vie intrepide on 10:38:00 with No comments
Je sais que c'est stupide de te demander ça. En plus je t'avais promis de ne plus venir te lire, mais tu sais les promesses, parfois on ne peut tout simplement pas les tenir. C'est plus fort que soi et je suis un être humain - faible. Et puis lire tes petits bouts de vie me fait un bien fou. Juste parce que c'est toi et ta ville, tout simplement. C'est peut-être égoïste de ma part...
Je t'adresse donc un message personnel, comme l'a chanté Françoise Hardy.
S'il te plait, n'abandonne pas. Fais une pause si tu le dois. Ou si tu le veux. Mais n'arrête pas sauf si c'est impérieux pour toi.
Le temps est à la grisaille je sais. Ici aussi. Je sais aussi qu'on vit une drôle de période. Mais te lire me fait l'effet de retrouver ma route comme si j'étais le Petit Poucet du conte défait. Cela peut paraître idiot n'est-ce-pas ? Encore plus idiot puisque je ne sais même si tu liras ces quelques mots.
Comme je ne sais pas quel est le jour exact de ta naissance, je te souhaite ici un joyeux anniversaire. Je sais que ça ne se fait pas si jamais je m'y prends à l'avance. Mais je voulais le faire, d'une manière ou d'une autre.
Aussi, ce morceau est pour toi.
Je l'écoute souvent ces derniers temps. Il m'apaise. J'espère qu'il en sera de même pour toi.
Tandis que suis en train de travailler, je découvre que c'est la voix de Hope Sandoval de Mazzy Star qui me subjugue ainsi par sa voix comme elle fait ci-dessus.