On appelle ça le Karma. Moi je crois au Karma. Tous les actes bons ou mauvais vous reviennent comme un boomerang.
Et son âme.
On appelle ça le Karma. Moi je crois au Karma. Tous les actes bons ou mauvais vous reviennent comme un boomerang.
Je sais que tu n'aimes pas qu'on parle de nous, puisque nous il y a depuis six mois déjà. Je sais aussi que je ne te dis pas aussi souvent les mots que tu voudrais entendre mais...
Mais ma vie est tout autre depuis que tu es rentrée dans la mienne, sache le.
Pour la première fois depuis longtemps je me sens bien. Tout me semble naturel avec toi. Jamais ce mot ne m'a semblé aussi juste depuis que je te connais. Nous avons notre propre langage et nous nous comprenons car nous sommes pareilles tout au fond de nous. Tu es mon miroir et je suis le tien.
Le petit poucet du conte défait a semble t-il retrouvé ses cailloux.
Il nous en a fallu pourtant du temps pour en arriver là et le chemin n'est pas parfait, je le sais, par ma faute je le crains car j'ai tellement pris de coups que je ne peux m'empêcher d'ériger des barrières au moment où il ne faut pas. Je t'admire pour ces raisons : tu ne laisses jamais tomber alors que parfois je voudrais me laisser tomber dans l'oubli.
Pour la première fois aussi, quelqu'un aime ma folie. Ce grain qui me caractérise invariablement. Et ça, c'est quelque chose qui m'éblouit à chaque fois. Te faire rire parce que je ne suis pas une adulte est la plus belle des récompenses. Je reste cet être excentrique mais enfin acceptée et chérie.
Même si parfois ce sont les montagnes russes, une chose est évidente : jamais je n'ai été aussi sûre de ce que je voulais et je veux être avec toi jusqu'à l'infini et plus encore. Même si mon corps me trahit et mes paroles me contredisent : ici, cet espace que j'ai créé il y a si longtemps ; que je délaisse de temps à autre ; ce jardin secret est celui où je suis enfin moi et non plus cette personne complexe et torturée.
Ces quelques mots, tu les liras peut-être ou pas. Je sais ta pudeur mais je t'autorise à les lire ces mots que tu m'inspires : je t'y encourage même.
Une chose est certaine : je te suis attachée, corps, coeur et âme.
L'amour c'est ça : se rendre compte qu'on a enfin trouvé la personne qui nous complète.
Cette note tourne dans ma tête depuis plusieurs jours, puisque désormais je suis amenée à prendre les transports à raison d'au moins trois fois par semaine depuis que le présentiel est redevenu la norme presque courante.
Je pense qu'observer la façon dont les usagers se comportent dans le métro est un bon aperçu de ce qu'ils sont dans la vie de tous les jours.
Je m'explique :
Il y a ceux qui n'attendent pas que tout le monde soit descendu de la rame pour forcer le passage afin de trouver une place assise si possible. J'appelle ça les égoïstes forcenés. Comme cette brave dame avec son caddie qui voyait bien que j'avais une valise - donc en partance certainement, mais qui m'a coupé la priorité juste pour pouvoir asseoir son fessier sur les chaises inconfortables du métro. Et sachez que durant les vacances le temps d'attente entre les rames est plus long... On peut y mettre dans le même panier ceux qui, une fois qu'ils ont grimpé dedans, ne se bougent pas tandis que les usagers derrière tentent de se faufiler alors qu'il y a beaucoup de place. Ce sont les même qui vont vous claquer la porte au nez ; qui vont klaxonner parce que vous n'allez pas assez vite. Les Moi Je, moi je.
Insupportable comportement de plus en plus répandu.
Les autres ne sont pas tous comme ça. Parfois c'est juste de la distraction, ça se voit. Ils rougissent et s'excusent quand ils se rendent compte de leur bévue. J'en ai été la spectatrice neutre pas plus tard que la semaine dernière.
Puis il y a ceux qui ne connaissent pas la géographie de leur visage, ne sachant pas situer exactement leur nez. La façon de porter leur masque est laissé au gré de leur envie, quand ils ne l'oublient tout simplement pas dans leur poche. Oui car, nous, pauvres disciplinés, nous continuons à porter ce bout de tissu disgracieux.
Notons également le nombre de voyageurs collés le nez sur l'écran de leur smartphone comme s'ils allaient perdre l'information ultime s'ils décollaient leur rétine de là. Personne ne se parle d'ailleurs sauf si l'on tombe sur un collègue de manière fortuite. Heureusement, le nombre de lecteurs semble augmenter. Cela me comble de félicité, pour l'ancienne libraire telle que moi.
Mais les gens se parlent très peu au final, sauf au moment des grèves où tout le monde est dans la même galère parce que les rames passent au compte goutte, quand elles ne passent pas à vide, comme pour nous narguer.
Et enfin, il y a les autres, tels que moi, qui restent le casque blutooth vissé sur les oreilles dès le matin, pour donner le La, le ton de la journée, et qui observent les autres usagers des transports en commun.
Il y a un terme en psychiatrie qu'on appelle sidération. Et je pense sincèrement que c'est ce sentiment que nous avons tous vécu cette nuit là, il y a six ans ; dans cet étrange fragment de temps, nous nous sommes tous sentis Parisiens.
De tous les attentats que le monde a vécu, et aura encore à subir, hélas, ce qui s'est passé au Bataclan est pour moi celui qui me traumatise le plus. Et pourtant, en cette triste début d'année 2015, on avait déjà vécu l'horreur, l'indicible - je suis Charlie. Le mot est fort sans doute, traumatisme, mais je ne vois pas quel autre terme utiliser. Je ressens ce qui s'est passé comme un évènement qui me hante encore maintenant, et pourtant je n'y étais pas. Mais c'était à une heure de train de là où j'habite. C'était loin et si proche à la fois. J'étais juste la spectatrice impuissante, zappant frénétiquement entre toutes les chaînes, tentant de comprendre ce qu'on nous montrait sur l'écran ; presque minute par minute.
Il est inconcevable qu'on puisse faire un carnage parmi des terrasses, tandis que les gens sont ensemble afin de boire un verre ; ou encore qu'on massacre, délibérément, impunément, une foule venue là pour s'amuser et écouter son groupe favori. Moi qui aime tant la musique, et le rock.
C'était un vendredi soir. Je m'en souviendrais à jamais. Je travaillais encore à l'époque à Saint Amand. Vélo train, train vélo, et il me semblait tout naturel de souffler ce vendredi là, allongée sur mon vieux canapé, dans ma position préférée. Je crois même avoir reçu un SMS me demandant si j'avais vu ce qui se passait à l'instant.
C'est à ce moment là que j'ai pris ma télécommande et que je suis passée d'une chaîne à l'autre, ayant du mal à croire que l'incroyable se produisait sous mes yeux, impuissante. Voilà, c'est le maître mot de cette funeste soirée : l'impuissance.
Et la sidération.
Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots mais ne sombre pas), telle est la devise de Paris. Tel est également le nom du documentaire en trois parties que vient d'être diffusé sur la TNT et qui m'a insufflée ce besoin viscéral de parler du 13 novembre 2015.
Malgré moi, encore aujourd'hui, en regardant les témoignages, je n'ai pas pu empêcher les larmes de couler à flots comme cette nuit-là où, lui aussi sidéré sans doute, mon ancien voisin et ami, est venu toquer à ma porte pour savoir comment j'allais. Parce que lui aussi n'allait pas mieux que moi. Et que nous pleurions tous les deux dans les bras dans de l'autre.
Cette image reste gravée. Deux êtres qui se consolent comme ils peuvent de la douleur du monde ; de la cruauté des êtres qui peuplent cette planète.
Et de l'incompréhension.
J'y pense encore. J'y pense tellement que j'en écris une histoire. Je ne sais pas si je la terminerais. En tout cas, et comme à chaque fois que ma plume se fait impérieuse, cela me sert de catharsis.
Novembre est un mois où la tristesse se mêle à la mélancolie, pour bien des raisons. L'une en tout cas est cette perte de foi en l'humanité toute entière.
A la fin du visionnage de ce documentaire, pourtant, je ne retiendrais qu'une chose de l'une de ces survivantes : l'amour triomphe toujours à la fin.
Et parce que j'écoute cette chanson en boucle ; que les paroles me parlent et me ramènent à cette soirée - chacun l'interprète comme il le veut bien sûr mais pour moi c'est ce qui s'est passé ce soir-là, et les jours d'après quand les gens viennent se recueillir sur le béton froid ensanglanté. Cette soirée qui fait si mal à notre propre humanité.