mercredi 13 janvier 2016

Auld Lang Syne*

Au rituel vœu de bonne nouvelle année, je n’y échapperais pas. J’y cède même bien volontiers en souhaitant le meilleur à tous. Que cette année qui commence, continue sous de meilleurs augures que l’année précédente.

A tous donc, bonheur ; de simples petits bonheurs tels que la première gorgée de bière, ou de plus grands bonheurs : à vous de remplir les cases vides. A vous de remplir le tableau blanc. Un ensemble de petits riens qui, empilé bout à bout, forme un bien agréable tableau de souvenirs à emporter pour les temps de froid et de grisaille.

De la santé : on n’en a jamais assez.

De l’oseille : parce qu’il faut bien mettre un peu de beurre dans nos épinards.

Aucune résolution à tenir. Toujours pas non : elles ne tiennent à vrai dire que le temps qu’on les énumère pour se donner bonne conscience. Même pas un mois.

Et, enfin, à la manière des miss, France ou USA – peu importe : de la paix dans le Monde.

Vœux pieux je sais. Irréaliste, sans doute. Utopique certainement, sauf pour les âmes de bonne volonté.

Mon pessimisme, ou plutôt mon réalisme naturel, ne me donne pas le sentiment que cela évolue favorablement au vu de cette funeste année qui vient de s’écouler, violente, meurtrière et qui a en meurtri plus d’un.

Enterrons là. Enterrons là bien loin. Qu’elle ne soit juste qu’un sinistre avertissement que l’humain doit changer. En bien. Ou tout en moins en « pas pire ».

Solidaires jusqu’au bout. Tout le temps, partout, et pas seulement à un temps x de l’année.

Aimez-vous les uns les autres, comme disait ce jeune hippie mort à 33 ans, il y a deux mille ans, avec toute sa bienveillance.


MERDE QUOI !

* Pour ma part, fasse que ce soit plus qu’un au revoir, mais bel et bien un adieu.

mardi 29 décembre 2015

Tête de linotte

Il m'en fallait encore une afin de terminer l'année en beauté, outre cette trachéite rituelle qui vient me perturber ma gorge à la même saison. Certes, j'ai un côté Pierre Richard rêveur, gaffeur, et lunaire mais, sur ce coup-là, j'en tiens une couche, selon l'adage.

Voyageuse en vélo, je glisse mon fourbi dans un sac à dos bien pratique, dont une tablette qui me sert non seulement à écouter de la musique mais aussi à lire ou encore à regarder mes chères séries dans le train – ça fait passer la demie-heure de trajet. Sans compter que cette fois, il s'agissait de l'épisode spécial du Dr Who – encore me direz-vous ?! Oui mon addiction me pousse à la regarder directement en VO sur BBC, comme à l'accoutumée puis dans la foulée en sous titré – généralement 48 heures plus tard. Mon guilty pleasure. Quand j'aime, je ne compte pas les visionnages. 
 
Toute contente, je file gaiement en direction de la gare, en me disant que mon sac à dos est justement bien plus léger ce soir là. 
 
J'accroche mon vélo dans le wagon, bondé pour une fois – pourtant nous sommes en vacances, je trouve une place, puis remarque enfin que mon sac à dos est ouvert. Grand ouvert. Je fouille fébrilement, anxieuse. Ouf, mon portefeuille se trouve toujours au fond du sac. Je remarque aussitôt que la pochette avant est également ouverte. Celle où je glisse ma chère tablette.

Qui n'est pas à sa place. Le carnet de notes y est, lui. Celui dont je me suis servie pour vous narrer ma mésaventure de ce jour ; mes historiettes sans importance. 
 
Je tente de me souvenir si, à tout hasard, j'aurai entendu un bruit du genre « spong » ou encore « shplak », le son d'un objet qui tombe sur le bitume lors de mon trajet de mon travail à la gare. Mais non. Je peste contre ma distraction, n'en mène pas large. Ma voisine de droite constate mon énervement tandis qu'elle s'entretient au téléphone avec une amie.

J'appelle une collègue. Répondeur. Je peste de nouveau. J'appelle une autre collègue, qui décroche au bout de trois sonneries. Je n'ai pas fait 50/50 ni utilisé mon joker, mais fais appel à une amie. Je lui demande de vérifier si, par bonheur, la tablette serait tombée près de mon bureau. Elle s'exécute de bonne grâce,. Je la sens amusée. La tablette est bien tombée comme je l'ai imaginé. 
 
Dans ma poubelle. 

 Par quel mystère ? Nul le saura jamais. Elle est tombée dedans, tout simplement.
Je suis rassurée.

Ma voisine de droite aussi est rassurée, pour le coup, puisqu'elle me tend le pouce levée, tout sourire. 
 
Je suis bonne demain pour quelques moqueries. Ce n'est pas grave. Du moment que je récupère ma tablette, mais surtout ce qu'elle contient – j'ai déjà perdu une clé USB, qui n'avait pas été sauvegardé. La poisse donc.

Heureusement, 2015 se termine bientôt, sauf que...

Sauf qu'il me reste encore deux jours à tirer avant de me persuader que je suis « sauvée » en bonne tête de linotte que je suis !!!

jeudi 24 décembre 2015

Un peu plus de questions existentielles... ou pas !

Parce qu'il y aura toujours de la matière, et que les questions arrivent au fur et à mesure....


-  Pourquoi le vent est toujours de face quand on est vélo et jamais de dos ? Non, mais c’est vrai quoi, à raison de 5 jours pas semaine, les jours de grand vent c’est juste râlant et fatiguant de pédaler pour arriver jusqu’à la gare. Tiens, pas plus tard qu'en début de semaine...
 
-  Pourquoi les enfants se lèvent toujours plus tôt pendant les vacances et, surtout, pourquoi il faudrait presque un treuil pour les faire se bouger quand  sonne l'heure pour dire qu’il est temps d’aller à l’école ? Je crois que c’est une vérité universelle et générationnelle. Je n’ai toujours pas la réponse. Mais de grâce arrêtez de hurler sur vos gamins quand j’essaie de (re)trouver le sommeil durant mes vacances, décalées certes. Ce message s’adressant essentiellement à mes charmants voisins de droite aux goûts musicaux discutables.

-  Pourquoi, quand on entre dans le supermarché, les caisses sont invariablement désertées et, pourquoi, tout aussi invariablement, c’est la queue jusque dans les rayons quand il s’agit de payer ses courses ? Corollaire : pourquoi je tombe toujours sur le petit vieux qui bloque tout le monde parce : cherche sa monnaie/discute de la pluie et du beau temps/ demande à vérifier combien il lui reste de points sur sa carte fidélité/conteste un prix ou la promo du jour (entourer la mention adéquate) ? D’ailleurs on ne m’y prendra plus à l’Intermarché de la rue Nationale….

-  Peux-t-on utiliser des expressions impliquant des animaux lorsqu’on est soi-même végéta.ien/vegan ? Prenez vos plumes et vos cahiers et faites moi la liste de celles-ci. Ce sera tout pour vos devoirs de vacances.

Et Joyeux Noël à tous !

mardi 15 décembre 2015

Le Front de l'air effraie

Parce que c’est encore frais. Que j'ai été sollicitée. Que l’alternative qui m’était proposée ne me convenait aucunement. 
 
Depuis que j’en ais ce droit, il n’y a pas si longtemps si l’on compte juste et bien, je m’y suis toujours pliée avec plus ou moins bonne grâce. Hormis une seule et unique fois pour cause d’oubli. Mais cela concernait les cantons. Je me souviens aussi du jour où, parce que ça tanguait dangereusement, vers le côté sombre de la force, j’ai écourté ma présence à ce mariage… ou ce baptême, je ne sais plus très bien, et j’ai pris le train plus tôt pour me rendre à l’isoloir.

Ce dimanche, pour la toute première fois de ma vie, je me suis pourtant abstenue. Je n’en suis ni fière ni honteuse. J’ai longuement hésité croyez le bien. J’ai pesé le pour et le contre, ou plutôt l’utile à cette désagréable sensation que, une fois de plus, j’étais prise au piège, n’ayant pas d’alternative – on me l’avait tout simplement retiré. J’ai même mis mon manteau, glissé la carte d’identité dans ma poche et puis…

Et puis je suis allée prendre le thé avec mon voisin du dessus. Nous avons discuté de choses et d’autres, mais surtout de ce qui nous tenait à cœur. Puis je me suis ravisée, eu comme un déclic en sachant qu’elle ne passerait pas. Pas cette fois, ni jamais j'espère.

Je me suis dit que j’avais fait mon boulot dès le premier tour. Qu’après tout, ceux qui ne s’étaient pas déplacés pour x ou y raisons, n’avaient qu’à se bouger le postérieur. Parce que mon droit était aussi de m’abstenir pour un deuxième tour qui ne me laissait aucun choix. Mes convictions étant ce qu’elles sont, j’ai en plus qu’assez de me rendre utile quand d'autres se réveillent trop tard.

Et si un jour cela devait arriver, je crois que je partirais, moi et mes lapins, à Berlin. Définitivement.

Promis.

Promis, la prochaine fois, en croisant fortement les doigts et les pattes pour que si jamais la chose arrive encore, hélas, si je glisse un bulletin dans l’urne ; si le choix m’est retiré comme en ce dimanche ; si une fois de plus on m’impose de faire barrage, le bulletin sera peut-être blanc. Ou alors, en laissant exprimer ma créativité et mon imagination, je dessinerais une jolie moustache et griffonnerais une de mes vérités sur ce maudit bulletin.