Des masques que l'on se pare pour feindre l'indifférence, l'ignorance "non je n'étais pas là, je n'ai rien vu". Des masques que l'on porte pour draper sa lâcheté sous un loup de carnaval, gommer ses petites faiblesses quotidiennes, amen. On trouve de tout et de rien dans ce grand supermarché virtuel. On cache notre vrai moi sous d'autres moi, des ego parfois de pacotille afin de se dire qu'on vaut mieux que ce que la vie nous a donné.
Certains se lâchent, se prévalant d'un anonymat réel ou supposé pour être différents – cassants, menaçants du haut de leur petit royaume. C'est si facile en effet derrière un écran...
Je suis la même personne ici qu'au dehors, avec mes coups d'envie, mes coups de gueule, mes moments de fatigue. Je ne livre que ce que je veux bien livrer. Je ne poste que ce que je veux bien poster, avec parcimonie et parfois après un peu de réflexion. C'est un savant mélange de trapèze avec ou sans filet (puisque d'un clic on peut tout effacer, oui mais parfois la rétine a imprimé durablement ce que l'on a voulu supprimer) mais aussi de journal non-intime puisque à la vue de tous. C'est tout de même un sentiment bizarre que de s'exhiber en forçant sa nature pudique. Certaines choses resteront un jardin privé quoi qu'on en dise.
Certains me connaissent sous ma véritable identité. Des gens que je côtoie dans la vie de tous les jours, avec qui je m'amuse, avec je sors ; avec qui je redeviens une grande bavarde qui ne peut s'empêcher d'amuser la galerie. Vous ne verrez jamais aucune photo de moi, ni ici, ni sur ma page Facebook, pas même sur Copains d'avant. Excès de timidité ou de paranoïa, je veux rester libre afin de m'exprimer librement justement.
Je ne sais pas pas si j'accepterais de franchir la mince frontière qui nous sépare, entre le virtuel et le réel, même si....
J'apprends à connaître certaines personnes dans ce monde parallèle. Certain(e)s me touchent plus que d'autres et j'apprends à être un peu une "grande soeur", moi qui suis la cadette d'une famille nombreuse. Je pense notamment à une fille de Vénus avec qui s'est développée une solide complicité via mail ou chat. Un jour peut être, si elle passe chez moi, ou si je descends chez elle... Elle n'est pas la seule mais j'ai beaucoup appris d'elle, et elle de moi.
Pourtant il suffit de pas grand chose pour que j'accorde de nouveau ma confiance car je suis comme le renard du petit prince ; je ne demande qu'à être apprivoisée... même s'il reste cette réserve en moi qui ne se tait pas.
Et toi, me dessineras tu un mouton ? 



